Sénescence poème de Fabrice Selingant

par le Rouge-gorge, dimanche 07 mai 2017, 13:27 (il y a 74 jours) En réponse à le Rouge-gorge

rêche prend un accent circonflexe, donc je modifie encore...

Sénescence

Il avait bien interprété
ses mouvements gagner en lenteur,
l'âge s’emparait de lui,
il en était saisi.
C'était devenu manifeste
lorsqu'un volubilis bleu
avait grimpé
le long de son pantalon
formant ses corolles
à l'accroche des bretelles.
Au printemps suivait l'été,
il en était tout engourdi.
La blondeur rêche de ses cheveux
blanchissait subtilement.
Un rien l'amusait,
devenait-il sénile ?
Un couple de troglodytes mignons
avaient élu domicile
dans la poche de sa chemise,
bâtissant, là, son nid,
la mousse en dépassait.
L'oiselle prenait appui sur son épaule
avant de descendre au nid
son conjoint avait élu domicile plus bas
entre les tiges de la plante
dans la poche gauche du falzar,
utilisant son vieux mouchoir
pour accroître son confort.
A force de ne plus bouger,
il le savait,
les œufs dans leurs sphères oblongues,
à l'ombre chaude du grand soleil,
allaient éclore
et par avance,
cela l'émerveillait.
Et dire
que des gens
pleins de préjugés
l'avaient baptisé
l'épouvantail.

Fabrice Selingant

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