ta poésie sera écrite avec du sang

par Claire, mercredi 12 juillet 2017, 14:44 (il y a 131 jours) En réponse à Rémy

oui, si je comprends bien, ce qui te semble important ici c'est l'œuvre en tant qu'expérience, et forme presque vivante, si on considère qu'elle est prise dans une transformation qui la mène à une quasi destruction. Et non une "Œuvre" achevée une fois pour toutes, que les générations suivantes doivent admirer et tenter de protéger des outrages du temps.
Personnellement il m'est arrivée d'être assez agacée par les interminables descriptions de certains artistes, d'un processus créatif qui les met en scène avec une évidente complaisance, photos à l'appui, descriptif d'une sorte de journal de bord aussi délayé qu'ennuyeux et vide, propos philosophiques abscons, etc...mais on ne peut pas du tout te faire ce reproche.
Ces gens-là me donnaient le sentiment de ne pas vouloir s'effacer derrière l'œuvre qu'ils créaient, et de tenter de la soumettre à une pensée rigide et indigente à la fois. Donc d'interdire aussi à celui qui la regarde toute créativité personnelle, comme on se saisit d'un objet trouvé, pour en faire sa propre affaire.

En fait, ici, peut-être pourrait-on intégrer dans "l'expérience" qu'est cette œuvre, qu'à un moment tu as fixé par la photographie certains états intermédiaires de son évolution, que tu les as montrés, et que des esprits étrangers au tien y ont vu des images, les ont décrites. Intégrer cela dans l'histoire...les gens de delivre faisant partie de l'expérience au même titre que tes gestes, les différents liquides que tu superposes, le carton qui se gondole, la nuit qui tombe et le sommeil, l'évaporation, et ce que tu trouves le lendemain matin.

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