life of loulou

par loulou, lundi 17 juillet 2017, 07:12 (il y a 5 jours)

Comme tout le monde j'avais du génie à sept ans. J'étais un enfant formidable : beau, sage et je comprenais tout. Les enfants sages comprennent tout : ils épient. Les garnements passent trop de temps à se faire rouspéter.
Je comprenais l'ordre mais pas qu'on me gronde. Ainsi on ne m'a pas grondé, je respectais l'ordre. La perception de l’ordre, c'est tout ce qui me reste de donné, de divin.
Je vivais au fond dans un grand désordre. En cours je n'écoutais pas. J'avais des amis mais je ne les aimais pas mais je ne pensais pas que ce fut un mal de ne pas les aimer, parce que matière d'abandon. J'étais comme amoureux parce qu'il m'apparaissait que quelque chose de plus grand est à trouver dans l'amour. J'aimais pour aimer et seulement l'idée comme je crus devoir le faire toujours avant que le réel enfin ne retrousse ses manches et ne me démente.
C'étaient des temps bénis : tout participait à son élément. J'étais curieux, et peureux de tout aussi. Tout le nouveau m'inquiétait, mais peut-être que la curiosité conjure la peur. Maintenant je ne suis plus peureux, mais pas brave pour autant.

JETAIS COOL ET PUISSANT. JE PRIAIS DIEU MAIS SEULEMENT POUR OBTENIR DES FAVEURS EN ECHANGE. DIEU NE ME LES ACCORDANT PAS JE CESSAIS DY CROIRE. MES RAPPORTS AVEC DIEU ONT TOUJOURS ETE AMBIGUS.
J'ai fini par croire que Dieu était la nature, puis l'ensemble des mondes possibles.
J'ai naturalisé Dieu.
Mais j'aime encore tous ses anges.

JE JOUAIS DES HEURES SUR MA GAMEBOY. POKEMON ETAIT EN GROS MON UNIVERS. JE LES ATTRAPAIS TOUS. ET JAVAIS DES BONNES NOTES.

Mes pokémons m'aimaient.

Notre immeuble était le plus grand et se tenait au bord d'un précipice : ô vertiges, ses floraisons. La route impure était presque impraticable. Nous jouions dans la lumière à caresser les cheveux de nouveaux volumes. Notre perception était sans cesse appelée par de plus grands espaces, que l’imagination dépliait à l’intérieur de ceux que nous connaissions déjà.

JAVAIS UN PIKACHU ET JEN AI FAIT UN RAICHU. O MIRACLES. O TRANSSUBSTANTIATIONS.

Dans le potager, en France, nous courions longtemps et longtemps nous jouions à des jeux absurdes pour sauter du gratte-ciel de l'imagination.

Ces contrées connues garderont ouvert le livre de leur majesté. L'infini a la couleur des marques-pages. Son odeur est présente partout où on la convoque. Le mouvement du ciel reste celui des parenthèses. Un jour, j’ai quitté le réel sans trop me retourner. Je me suis donné d'autres prénoms. J'ai plaisanté la forme des nuages. J'ai perdu la patience qui permet le sommeil. Je ferme les yeux comme on tourne des pages.

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