par hasard le paysage

par julius-c, lundi 17 juillet 2017, 10:10 (il y a 5 jours)

Le paysage était apparu un jour, par hasard. Il était étendu, le corps pétri de cors et de rides, sur la ligne choisie pour horizon. De grandes plaines vertes et jaunes s’étendaient au pied de collines régulières. Un bois d’eucalyptus parsemaient parfois les vallons. Le vent s’y engouffrait pour remonter les dômes et remonter vers des sphères plus hautes, de grands oiseaux blancs pris dans son hanse.

1.
Dans le paysage se tiennent deux silhouettes. L’une d’elle se tient droite, les bras ballants, et l’autre a les bras pliés, les mains posées sur ses hanches. Toutes deux sont tournées vers un point dans les collines.
Voilà des heures, des jours, qu’elles se tiennent là à parcourir les lieux. Elles se pensaient d’abord sur une sorte de carte postale : les choses avaient une densité pleine, elles étaient là simplement, inertes. Puis a force de marcher toujours sur l’étendue disponible (pensent-elles), le lieu est devenu un angoissant mirage : la colline, réalisent-elles, respire - elle respire depuis toujours. Et le vent qui se glisse partout, il nous enserre comme un serpent sa proie. Les eucalyptus sont toujours les mêmes, fantômatiques.
Les deux silhouettes ne sont pas arrivées au même endroit. Elles se sont retrouvées dans leur commune infortune, de ne pouvoir y échapper, et de se ressembler un peu. Nous les distinguerons par X (les bras ballants) et Y (les mains posées sur ses hanches).
X et Y ont décidé de s’asseoir près des arbres, et de tourner autour d’eux à intervalle régulier. Ainsi, pensent-ils, nous auront toujours un tableau différent pour notre ennui. Mais c’est toujours le même eucalyptus qu’ils regardent et déshabillent, qui se vide à grands flots chaque seconde.
Le lendemain, X et Y prennent une décision : ils partent. Lorsqu’ils quittent le lieu, les alentours se déchirent d’eux, se retrouvent nus à nouveau.

2. je n'arrive pas à finir les choses

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