Falaise

par Jack, mardi 01 août 2017, 09:14 (il y a 136 jours)

Ce que serait un point
posé dans la distance
comme un présent du visage
penché sur l’échine

Si seulement : voir
venir l’inclusion des plans
prévenir la chute d’une envolée de cordes




Lavée décollée par-dessus
par lambeaux
la forme inquiète des nuages
surgie du crâne
abrupte

les sentiers blancs et creux s’interrogent
entre leurs limites à propos
de leurs limites




Rien de nouveau sinon rien
n’apure le dogme vertical

Les barreaux secrets du vieillir
s’enfoncent dans le sol
c’est ainsi la poignée de vertèbres
disloquée
forme une denture lamentable





Plus ancien le trébuchement
lorsque ventre à terre
à peine sur pieds la houle

on changeait de continent
par un couloir désert

L’esprit force la frontière qui sépare le passé
tout cela tient
dans la main
fait un bruit
de peau froissée




Poursuivre dans les zones morte du corps
pas après pas
cailloux taillés sous la plante

Elle fleurit douce
l’une à l’autre blessure
la part belle des pentes :
seul aveu de rémission




Nouvelle acception du tact :
boire aux marges du regard
l’air épuré
puis

replonger dans le blanc
la découpe du vide

falaise tranchée boucherie d’organes descendus





Métal coulé des oreilles
avec cendres au lieu
des sillons des aires
bascule dans la perversion du
plus avant :

l’équilibre est rompu par l’effort
aux pieds du ciel
continument
le corps entier durci jeté





Echo sonnance des ravins
bouilli dans le chaudron vespéral
une main seule n’arpente pas
les nervures de l’arbre
ni son creux

Il y a la coulée résistante
et le pus
le regard amoureux
le désert profond
chaque souffle est dernier






Jusqu’à
documenter le silence
comme un manteau d’invisibilité
ainsi que toutes formes de naissance

Découpe racines et langues
en un seul geste
une seule matière molle





Sépare à la machette
l’entrelacs des conditions

sans voir au travers des os
toute embrasure tout
espoir de réconfort

Une porte installée dessus l’océan
n’ouvre qu’un point d’interrogation
sur le silence







Alors la vue presse le pas
s’inquiète de marcher encore
(au-delà)
le jour substitué
par l’étonnement du jour
en un clin d’œil

Corps acharné sans sommeil
croise un instant
l’abandon





De quelle saisine intérieure
s’épend la trouée
glace irisée couvrant le derme

Des images désunies
disent l’obscur des anges
au travers
d’autres lueurs

Falaise aveuglante
est aveugle
miroir

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