Incipits

par loulou + julius-c, mercredi 23 août 2017, 23:46 (il y a 89 jours)

Jin et Jon sont dans un bateau. Jin tombe à l’eau. Qui reste-t-il? LE LANGAGE bien sûr, car Jin et Jon sont des êtres de papier.
Concomitamment, Denis Hamel fait ses courses chez leaderprice. Monoprix correspondrait mieux à son goût aristocratique mais être poète ne paye pas.


Cette nuit j’ai encore rêvé de ses jolis pieds. Ils volaient dans le ciel avec leurs ailes d’ange. Ils glissaient sur les cieux comme un ruban de soie. Ils se sont posés au sommet d’un Mont, le Mont Ararat peut-être, c’est à dire, celui où l’Arche de Noé, au sortir du déluge, s’échoua. A mon réveil, je bandais furieusement.

Rien ne m’est plus cher que les idées qui ne trouvent pas leur formulation. J’aime ceux qui bégaient, les trébuchements. Cela a ses inconvénients, bien sûr. Je n’ai jamais su faire « quelque chose » de mes 25 ans, quelque chose c’est à dire, quelque chose de fini, plié. Quelques poèmes tout au plus, laissés en suspens. Les filles s’en rendent compte assez vite : je jouis avant même de me mettre tout nu.


Aujourd’hui est un grand jour: j’ai enfin rendez-vous avec Odile. Sacré Odile. Elle m’en fait voir de toutes les couleurs, la garce. La chipie. Héhéhéhé. Je vais lui en montrer, moi, à Odile. Je vais lui faire voir de quel bois je me chauffe. Je vais lui montrer, ce que c’est, un homme ! Oui ? Maman ? Oui j’arrive tout de suite, ne me gronde pas !

Lorsque je me suis retournée, il était parti. Un éclair zébra le ciel de mon désespoir. Je suis allée dans la cuisine, la porte a claqué derrière lui : comme d’habitude, il n’avait pas fait la vaisselle. Je commence à penser que nous nous disputons précisément pour cette raison.
Cher journal, aujourd’hui je prends une grande décision, je le quitte. Il n’est plus question d’amour, désormais. Je veux un homme, un vrai, qui fasse du sport et la cuisine. Ce soir, ce soir est un grand soir. La vie commence.

Alfonso s’étendit sur l’herbe, près de Juliette et Maria. Les autres étaient restés près de l’étang. Je vais pouvoir me les faire, pensa Alfonso. Les regards langoureux que lui lançaient Juliette et Marie depuis le début de la matinée ne lui avaient pas échappé. Il avait un oeil de chasseur, Alfonso. Il n’est pas homme à qui ces détails échappent! Des regards si brûlants qu’ils devraient être interdits par temps de canicule ! Des regards à vous foutre le feu jusqu’à Borme-les-Mimosas ! Alfonso se coiffa, c’est à dire se décoiffa, car il savait que ses mèches négligemment entremêlées plaisaient aux filles. Il savait jouer de son air canaille. Il s’avança. Mais Juliette et Maria reculèrent. Il s’avança. Il sentit une chaleur au niveau de son pubis. Il avait trop chaud. Il sortit son pubis. Son pénis, rouge et gonflé, se mit à tournoyer sur lui-même. Alfonso s’envola malgré lui jusqu’au Nevada en faisant l’hélicoptère avec sa bite.

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