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par loulou, jeudi 04 janvier 2018, 04:17 (il y a 287 jours) En réponse à loulou

Ce personnage est né coiffé mais ne sait pas encore qu'il deviendra chauve. Ce n'en est même pas un vrai spécimen. Avant, on en ramassait des comme ça à la pelle aux terrasses des cafés du quartier latin ou sur les pelouses du Luxembourg. Il y en a encore quelques-uns qui traînent vers la rue d'Ulm ou la rue des Ecoles en ne se doutant pas le moins du monde que leurs idées sont vieilles, car c'est avec le vieux qu'on fait le meilleur neuf. Mais ce n'est plus ce que c'était : il suffit de le dire pour s'en convaincre, car rien n'est plus évident que de constater que le temps passe, ce pourquoi on parle si facilement de la météo. Tout conspire parfois à vous dégoûter de tout, sauf vous-même, puisque la plupart des gens sont très mauvais en machinations, ce qui permet de se supporter. Le point commun entre le talent et la nullité c'est que ce n'est pas fait pas exprès, comme par hasard. Le point commun entre les points c'est qu'il y passe un nombre infini de droites, contrairement aux rêves qui sont récurrents et à l'imagination qui goutte. Il y a encore des choses qui valent la peine qu'on se donne du mal : l'amitié, l'amour et les sushis à volonté. L'indigestion est le seul risque qui vaille vraiment le coup d'être pris avec le sida. Parlons maintenant de l'amour. Il y a des mots qui sont plus grands que d'autres mais ce sont paradoxalement ceux sur lesquels l'on n'arrête pas de se pencher. La vie moderne a détraqué la sensibilité et tout part à yo-l'eau (rires). Cependant il reste encore des gens consciencieux : je mets un grand soin à ne parler que de choses stupides parce que c'est important de connaître son sujet. La succession de ces phrases n'en cache pas la nullité, ce serait malhonnête. Se lever tard est le seul poème que j'exécute avec talent : l'après-midi prend alors de faux airs surréalistes et trempe son spéculos dans le noisette de l'inspiration.

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