— propos d'humeurs

par sobac @, dimanche 11 février 2018, 19:18 (il y a 248 jours) En réponse à catr

Regarde

Regarde le monde qui vend ses frissons
Et les yeux à la ronde, sans plus d’expressions
Derrière chaque porte, l’avenir s’encre aux sons du clavier
Anonyme qui veut exister, en recherche d’identité

Que fait ce monde divisé en tiers ou en quart
Il a le regard d’une blonde sur les escarres des vieillards
Comment apprendre ou essayer de comprendre l’humanité
Quand on sait qu’il faut tuer pour ne pas être mangé

Regarde ce monde, ce vent de fronde en péril
C’est un stock-car permanent, un vomi de bile
Et l’asphyxie qui s’écrit en lettres rondes
Dans une folie de l’oubli se répandant sur les ondes

Que fait ce monde cerné pas la guerre et l’argent
Il se vend au plus offrant, en recherche de croyants
Et mens le reste du temps, avec l’accord tacite
D’une cohorte de regards perçants, semant la faillite.

Regarde ce monde pétrifié par manque de solidarité
Ou se ruent en bateau, les immigrés
Qui de Lampedusa, sans autres regards
Errent au hasard, en recherche d’une petite part

Que fait ce monde qui voit l’horreur et la douleur
Apprivoisait la souffrance, parce qu’il a peur
Et donner en pitance, l’espoir de mourir de faim
À ceux de plus en plus nombreux, sans lendemain

Regarde ce monde regarde toi, moi je me vois
Je suis spectateur d’une décadence aux abois
Et je gueule, et je hurle, mais je m’enlise
Je sombre comme tout le monde, quoi que je dise

Que fait ce monde entre démocratie, démagogie
Entre république bananière, et dictature de l’ennui
Nous sommes des pions soumis, sur l’échiquier,
Dans l’attente de crever, et ça fait vraiment chier.

Je regarde mes années, désabusé, décati, fatigué
Et cette impression de rabâcher, seriner itérer.
La vie m’a appris, mais aussi, m’a laissé démuni,
Contre les coups du sort, je ne serais jamais guéri.

Fil complet :