le lieu désiré : expérience

par seyne, vendredi 23 mars 2018, 17:40 (il y a 269 jours) En réponse à seyne

Le premier sentier entrait par le nord. Tous les troncs adressaient aux regards leur face verte. Si on y posait la main, brûlante, elle semblait vouloir la sensation sauvage et noire, d’être salie. Buée, perspiration de l’arbre, le chant du houppier là-haut, peu de vent.

A l’est un chemin courbe longeait la lisière de ronces et d’herbes, mais à quoi bon le décrire, jouer le jeu du bois carré ? Il n’entrait rien par là le sentier agonisait très vite dans un fatras, un fouillis. Tu rebroussais chemin un peu contrarié, et tu longeais la bordure.

Et à l’ouest et au sud, la forêt était une belle muraille appuyée sur le ciel. Mais poreuse, pénétrable, et on rejoignait une allée droite comme la raie des cheveux après le bain. Ta main sale, noircie et ta main propre dominante, tu les tenais bien serrées dans ton dos.

Tandis que tu avançais sous le couvert des arbres, soucieux de tes pas, des minces bouts de bois et des ronces, autres pièges naturels, le temps était à l’orage, il n’y avait pas de lieu central, et pas de - joie - Tu marchais avec ce désir d’être toujours ailleurs, plus tard.

Tu avais déjà prévu de sortir de là, retourner à la maison des livres, forets d’une autre forêt, percée, respirant. La forêt d’imaginations, de souvenirs, où l’air est frais et le sol ami - prend dans ses mains innombrables les pieds d’enfant du voyageur, et le transporte vers le lieu désiré.


(j'ai dû rajouter quelques virgules pour remplacer un simple retour à la ligne)

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