RILKE

par seyne, mercredi 13 juin 2018, 10:01 (il y a 8 jours) En réponse à dh

merci, j'ai lu le commentaire. Il est beaucoup plus simpliste que ne l'est le livre.

Annie Ernaux n'a pas eu affaire à des gens ignobles, elle a eu affaire au mal ordinaire, celui dont nous sommes tous capables, que nous rencontrons tous à un moment de notre vie, que malheureusement nous avons tous pratiqué, et elle analyse avec une finesse extraordinaire de quelle manière elle y répond en tant que "victime" (corps et âme). Elle a affaire au machisme des jeunes mecs, à la rivalité féminine, au côté monstrueux et désirable du "groupe", à sa propre prétention, à son propre aveuglement, à sa quête d'identité, à la folie de l'état amoureux, avec sa dimension de soumission (et je ne parle pas seulement des femmes, l'état amoureux porte en lui un rêve éperdu de soumission, dans les deux sexes).

Ça m'a fait - comme souvent les livres d'Annie Ernaux - un effet très fort, parce qu'on sent que c'est de cette manière qu'il faut écrire : comme un chercheur maniaque d'une réalité cachée, sans aucun égard pour soi-même, au-delà de tout narcissisme.
Bien plus fort que Marguerite Duras qui, elle, est toujours un peu narcissique.

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