complainte du corps étranger

par seyne, jeudi 02 août 2018, 11:44 (il y a 76 jours) En réponse à sobac

l’été avance on dort sans rien
dans la lumière de hautes fenêtres rouges.

et derrière les chaînes qui ourlent
de borne en borne l’avant des palais
à la limite des grands parcs
on montre son ticket
ou assis
sur des degrés de pierre sombre
au pied des statues
on voit passer les fourmis, les gens.

l’été le monde est différent
c’est comme si on devait apprendre à vivre
franchir un seuil se dépouiller
happé par la nudité (la sueur qui coule)
dans les senteurs de chaque instant
de chaque
coin de rue et chaque maison étrangère
des villes inconnues
l’été est une saison étrangère.

on n’y est pas en équilibre au bord des bassins de pierre
eau verte comme émeraude
ni dans la blancheur violente, les yeux errants sur le gravier poudreux
on marche, on sue, on voit.
le corps est un morceau de glaise chaude
imparfait, hésitant....

le corps ne parle
que de contacts,d’ombre et de disparition.



(Un vieux poème écrit à Pragues)

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