la place singulière

par seyne, jeudi 02 août 2018, 21:20 (il y a 138 jours) En réponse à Périscope

J’ai écrit ce poème avec sous les yeux la photo de couverture du dernier album de Léonard Cohen : « You want it darker ». Album dont il a écrit les paroles, qu’il a chanté (souvent allongé paraît-il tant il était faible), enregistré avec l’aide de son fils qui en a écrit la musique. Tout cela peu avant sa mort, perspective qui colore tout l’album. Sur la pochette, il est là, squelettique mais altier, avec son chapeau. Cohen est quelqu’un de très important pour moi, depuis la première fois où j’ai entendu « Suzanne », à 15 ans je crois, sur « Campus »

Je l’ai écrit tout en relisant « Le chant du monde » de Giono, le livre qui m’a donné envie d’écrire quand j’avais 15 ans, un livre qui est tout entier construit autour de la rencontre amoureuse, « l’autre » devenant comme le noyau vivant de l’univers entier, de la nature entière, et l’union avec lui le seul lieu où vivre, exister pleinement.
C’est cela « la place singulière » : le lieu de la réciprocité, un lieu mystique.

Cohen était un homme religieux, comme son père, qu’il a perdu dans l’enfance. Il n’a jamais cessé de pratiquer le judaïsme, mais il a aussi beaucoup pratiqué le bouddhisme zen. D’où la liberté et l’amibiguité de son adresse à Dieu (allez voir les textes des chansons, c’est violent). Je crois que c’est le côté « zen » qui a fait apparaître l’image du tigre

J’aborde la vieillesse, et je découvre que ce qui est peut-être le plus difficile, c’est que le rêve de la rencontre amoureuse absolue, cette «place singulière », on doit vraiment y renoncer. On découvre comment il vous a toujours accompagné partout (même si on vit bien en couple). C’est d’autre chose qu’il s’agissait.

Toutes ces clefs en vrac, que je découvre au fur et à mesure où je les écris ici.

Merci à sobac qui écrit avec courage et vérité sur la vieillesse. Ce n’est pas facile d’écrire de la poésie sur la vieillesse.

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