et donc

par loulou, dimanche 30 septembre 2018, 23:51 (il y a 76 jours)

les choses produisent des impressions sur les sens. les visages produisent des impressions. ces impressions sont tenaces ou se dissipent. elles sont fugaces ou insistantes. on les confond avec ce qu’on regarde ou on les oublie. le visage de valentine m’enveloppe dans une impression qui m’apaise. son visage m’est un transat. c’est l’été. les cigales, la limonade. voir les lèves de valentine, le nez de valentine, les yeux de valentine qui ressemblent au début du soir l’été, lorsqu’il fait encore jour, et tout semble être passé au travers d'un vêtement d'eau, la lumière s'allonge doucement sur les choses, et le soir a des lèvres d'alcool de prune, et la peau tannée de l'intérieur … je peux faire beaucoup de choses, mais je ne fais généralement rien. valentine peut tout faire et elle le prouve. elle ne le prouve à personne. elle le prouve négligemment. elle s’observe. elle laisse à sa propre attention des notes de bas de page dans le détail de ses activités. elle vaque. valentine est entrée dans ma vie le 27 août 2015. c’était un jeudi. elle était en bas de mon immeuble. un ami l’y avait amenée. j"étais descendu sans penser que j’allais voir valentine. j’étais subitement content de voir qu’il y avait valentine. cela mettait du beurre dans les épinards de l’anecdote de ce jeudi après-midi. la veille j’avais acheté des filet o fish à macdonald pour la première fois de ma vie et j’avais fait des jeux sexuels avec. j’étais fatigué. mon imagination m’épuise. valentine est arrivée. j’ai donné les détectives sauvages à mon ami. il les a pris. il était venu pour ça. et il les a donné à valentine devant moi. échange fluide. deux gestes. moi qui donne à lui. lui qui donne à valentine. et ils s’en vont. valentine avant de s’engouffrer dans le métro me fait coucou de la main. je la vois le lendemain. je sais que c’est valentine et je ne sais pas que c’est valentine. le sens des mots change. valentine était un nouveau mot, c’était le 28 août, ce mot a pris une densité particulière, il a enflé et comme des poupées russes, il a enflé suffisamment pour contenir à son tour des chambres dans mon cerveau, sur ma langue, pour que d'autres mots viennent y dormir. le 29 août c’était mon anniveseiare, le lendemain. j’avais 24 ans. j’avais rencontré valentine. 24 ans, trop et si peu maintenant, mais toujours, sur le moment, trop, ce qui ne veut rien dire. nous sommes allés quelques jours plus tard à l’église avec valentine. c’était l’églice saint sulpice. je ne saurais pas dire pourquoi est-ce que c’est l’une de mes préférées à paris. valentine a voulu allumer un cierge. je n’avais jamais allumé un cierge. je n’ai jamais eu aucune raison d’allumer un cierge. on a allumé un cierge, on a prié. valentine priait à côté de moi, les yeux clots. j'ai fermé les yeux pour les ouvrir dans le langage. j’ai demandé à dieu : accorde moi l’amour de cette personne à côté de moi. valentine bien plus tard me révéla que nous avions, ce jour là, prié la même chose.

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