sur ces entrefaites...

par loulou, mercredi 03 octobre 2018, 01:36 (il y a 21 jours) En réponse à loulou

Tout conspire parfois à vous dégoûter de tout, sauf vous-même, puisque la plupart des gens sont très mauvais en machinations, ce qui permet de se supporter. Le point commun entre le talent et la nullité c'est que ce n'est pas fait exprès, comme par hasard. Le point commun entre les points c'est qu'il y passe un nombre infini de droites contrairement aux rêves qui sont récurrents et à l'imagination qui goutte. Il y a encore des choses qui valent la peine qu'on se donne du mal : l'amitié, l'amour, les sushis à volonté. L'indigestion est le seul risque qui vaille vraiment le coup d'être pris avec le sida. Parlons maintenant de l'amour. Il y a des mots qui sont plus grands que d'autres mais ce sont paradoxalement ceux sur lesquels l'on n'arrête pas de se pencher. La vie moderne a détraqué la sensibilité et tout part à yo-l'eau (rires). Cependant il reste encore des gens consciencieux : je mets un grand soin à ne parler que de choses stupides parce que c'est important de connaître son sujet. La succession de ces phrases n'en cache pas la nullité, ce serait malhonnête. Je pense d'une façon relativement désordonnée, ce qui masque difficilement l'absence d'idées, au fond. Si on a vraiment quelque chose à dire on en trouvera toujours la structure. Les dialogues ne fonctionnent pas autrement. Lorsqu'on parle aux commerçants : brèves pallabres échangées comme des flèches dont on a même pas besoin de vérifier qu'elles atteignent leur cible. J'attends un langage qui dira le flou dans toute sa précision. Se lever tard est le seul poème que j'exécute avec talent : l'après-midi prend alors de faux airs surréalistes et trempe son spéculoos dans le noisette de l'inspiration.

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