4 concepts pour circonscrire la poésie

par dh, vendredi 19 octobre 2018, 12:17 (il y a 2013 jours)

étrangeté

l'étrangeté n'est à proprement parler ni agréable ni désagréable. elle
est un subtil décalage, un léger écart par rapport aux normes qui
constituent nos attentes. ce n'est pas le grotesque ni le bizarre,
trop démonstratifs et qui entraînent le lecteur parfois contre son
grès dans l'outrance d'une poésie de l'effet mais n'ouvre pas la
lecture vers d'autres possibilités de compréhension. l'étrangeté n'est
pas non plus l'altérité dans laquelle le soi se perd et met sous
silence ses attentes. l'étrangeté est un rapport, une relation.

fragilité

on peut mettre en relation la fragilité avec la souplesse, l'absence
de structures rigides qui obturent la lecture et la dirige
autoritairement dans une direction de compréhension. la fragilité est
plus proche du vide que du plein, mais ne doit pas être confondue avec
la faiblesse maladive. la fragilité implique la nécessité de lire avec
soin le texte et de ne pas chercher à le soumettre à des attentes et
des grilles de compréhensions rigides qui ne pourront qu'aboutir à sa
destruction.

souffle

le souffle est un double mouvement d'inspiration et d'expiration, une
circulation d'air qui irrigue le sang, lequel circule dans les veines,
propulsé par la pulsation cardiaque. cette circulation régulière est
celle du sens à l'intérieur du poème. le signifiant est la veine, le
signifié est le sang. à un niveau cosmique le souffle s'apparente aux
courants d'air aériens qui parcourent les étendues terrestres et
maritimes. il peut être léger, rafraîchissant, mais aussi violent et
destructeur. la voile des mots le capte pour faire avancer la
compréhension et atteindre de nouveaux territoires.

présence

alors que le souffle est mobile et changeant, la présence repose dans
fixité du sens des mots et des émotions qu'ils peuvent produire.
présence = il y a quelqu'un ou quelque chose qui persiste et irradie
dans la lecture une lumière fixe du sens.

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