L'AMOUR FOU

par d i v, mercredi 30 janvier 2019, 07:14 (il y a 18 jours)



























L’AMOU FOU


Je t’ai cherché
Tout l’après-midi
Un peu partout
Il n’y a plus personne
Autour de moi
Le temps s’est arrêté
Autour de nous
J’en ai remué
De la terre avec mes pieds
Pour te trouver
Dans la ferraille morte
Dans les jardins
Dans la poussière
Dans les fleurs rouges
Jusqu’à la plus noire
Je t’ai cherché
Dans des parfums
Sur une épaule
Et dans des trains
Qui ne partiront
Plus jamais
Il est trop tard
Je reviendrais demain
Tu sais
J’en ai retourné des choses
Pour te trouver
Comme cette mèche de cheveu
Dans ce livre ouvert
A la page 100
Bien au milieu des phares
Coule une rivière
Petite rivière noire
Des camisoles et des noyés
Un pont suspendu
Pour traverser le silence
J’aimerai le traverser
Toute la nuit avec toi
Pour nager en eaux
Profondes et délicieuses
Pour te rejoindre
Fer
Corps
L’air est glacé
Quand j’ouvre la bouche
Il y a de la buée
J’écrirai un autre livre
Qui parlera de toi
De nous
D’un amour fou
Regarde dans le ciel
Une étoile est née
Est-ce que tu la vois
Quand je te parle
Sur le chemin
Ensoleillé des larmes
Où je nage
Où je marche
Où je tombe
Où j’apprends la distance
Des pas dans la nuit profonde
La matière du silence
Prend forme
Quand le corps et l’esprit
Ne suivent pas
Le monde s’écroule
La maison prend feu
La matière appelle-ça
Comme tu veux la peau
Ne ressent plus rien
Tout est sec tout est mort
Tout est dans le corps de la noyée
Après la couleur de l’incendie
Qu’est-ce que je vais faire
Maintenant de tout ça
Regarder le ciel
Gorgé de sang
Je t’ai cherché
Comme on a perdu
Un ami à la guerre
Qui ne reviendra
Plus jamais nous dire
Les premiers mots d’amour perdus
Je t’ai cherché
Dans toute la ville
Dans une forêt
Dans tous les lacs
Où nous avons plongé nu
Je garde encore en mémoire
Le souvenir de l’eau glacée
Pour mesurer l’amour fou
Mais c’est l’amour qu’on a tué
Amour
Amour
Plonger mes doigts
Dans tous tes ventres
Et la peau
D’un coup sec est venue
Comme un soleil brûlant
Qui ne tardera pas à venir
Dans la violence de l’été
Quand les parfums embaument les palais
Les statues les jardins et les temples
Plantés dans la cité lumineuse
L’été où nous avons dormi

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