J'ECRIS PLUS – LE POEME

par d i v, mercredi 27 mars 2019, 03:29 (il y a 144 jours) En réponse à Rod.

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J'ECRIS PLUS – LE POEME



[ et puis j'ai perdu le texte
tant pis ] [ r ]





J’écris plus, j’ai plus envie, j’ai plus envie d’écrire, j’écris plus rien du tout, à quoi bon, et pour quoi faire, et pour qui, les souvenirs, quand ils reviennent à la surface, il faut les effacer, pour de bon, les laver, au diable, mais tu vas écrire quand même, sans penser à rien d’autre, c’est plus fort que toi, tu dis qu’écrire, c’est comme mourir un peu, pas longtemps, un peu, c’est tout, avec du sel dans la bouche, pour être encore plus vrai, plus vivant, que sur la photo des parents, tu t’en rappelles, bien sûr que tu t’en rappelles, tu vas écrire jusqu’à vomir ton enfance que t’as eu avec eux, allez, pour pardonner tout, et te punir ensuite, alors, tu la jettes contre un mur, cette ombre, que plus personne ne veut, dans le ventre, tellement c’est au fond, tout ça, allez, va la chercher quand même, toute cette merde, opaque, dans une éponge, qui coule, au fond de toi, petit fleuve, petit fleuve tranquille bleu, dans la veine, toute gonflée, qui colle jour et nuit, comme un bonbon, acidulé, amer, sous la langue, j’écris plus, non, j’ai plus envie d’écrire, avec mon âme, avec mon cœur, avec ma bite, avec la main des morts, quand tu dors sur le côté, tu dis des choses magnifiques, mais plus personne n’écoute, personne n’entend, tu es seul, jusqu’au bout de la nuit, alors tu vas écrire comme un chien, battu, tous les bonheurs possible, tous les manques, tous les doutes, tous les traumas, que le subconscient garde, comme un trésor, comme une proie, dans ses murs, dans sa cage, et puis, tu vas la raconter un jour, sur une page, l’histoire du chat, écrasé, que tu as vu, un jour, sur une petite route de campagne, tu avais 8 ans, allez neuf, à tout cassé, tu vas l’écrire les yeux fermés, l’histoire du petit chat coupé en 2, maintenant, et vite, tu as l’image dans les yeux, dans la peau, juste à côté, la couleur de l’asphalte sur les mains, c’est bon, tu peux y aller maintenant, jette toi contre un mur, jette toi dans le vide, balance tout, il faut le sentir, prisonnier dans le bon sens, le muscle dans le nerf, et bien plus tard, un autre jour, une autre histoire, le corps de la noyée, dans les vagues, avec sa robe d’été, déchirée, qui flotte comme un nuage, au-dessus de l’eau, dans les algues, l’odeur de la viande découpée, par l’hélice d’un bateau, c’est pas rien ça, quand on y pense, t’en peux plus, de voir toujours, les même choses, tourner en rond dans ta tête, dans ton ventre, de les sentir, de les écrire, t’en peux plus, t’en veux plus, de cette image, là, plantée dans le corps du texte, les russes, l’odeur des russes, dans le camps d’à côté, qui n’ont plus rien à se mettre sur la peau, l’imaginaire est mort, l’enfance n’existe plus, j’écris plus, j’ai plus envie de ça, j’ai envie, de me laver la tête, j’ai envie de nettoyer de mes organes, cette grande forêt, où je m’étais perdu, perdre, le mot est lâché, perdre, et se mettre à écrire, pour retrouver l’objet perdu, j’écris plus, j’ai plus la force, de combattre, j’ai plus envie d’écrire, pages blanches, murs noirs, angles morts, et virages, dans ta gueule, le poème, l’écriture, le beau texte, qui ne tient plus la route, va te faire enculer, bien profond, au diable, j’écris plus, et c’est beau, à n’en plus finir, à en crever, je laisserais toute cette merde, derrière moi, pourrir dans une grande malle, j’ai plus envie d’écrire.

























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