Fin de vie, faim du monde

par seyne, jeudi 06 juin 2019, 21:24 (il y a 11 jours) En réponse à Soledad

Je parlais de la forme dans un sens très large : il y a des centaines ou des milliers de "Vierge à l'enfant". Ce qu'apporte chaque tableau, c'est la façon dont le peintre a traité le sujet. La singularité des mouvements, des couleurs, de la composition, des expressions des visages qu'il a choisies pour communier à sa manière avec ce que charrie ce thème.
Quand il s'agit de la musique, de la peinture, de la sculpture...etc, l'importance de la forme est une évidence. Mais dans la littérature, il se trouve qu'on utilise des mots, des phrases, ce qui sert aussi et avant tout à communiquer des idées. Et pour moi, et particulièrement en poésie, les idées, les thèmes comptent, mais le plus important se trouve "derrière" les idées, dans la forme choisie et patiemment travaillée par l'auteur, dans sa propre voix. On atteint autre chose que le monde des idées, des fantasmes. C'est là l'énigme qui touche notre propre énigme, cet endroit de nous-mêmes dont nous ne savons pas parler, absolument commun et absolument singulier.

Pour la poésie classique, personnellement je pense qu'elle est née et s'est maintenue à des époques qui lui correspondaient. Ecrire de la poésie classique (je m'y suis un peu amusée) peut-être un exercice. Mais à moins de trouver le moyen de la transcender par la présence vivante du contemporain (je veux dire de ce que nous vivons aujourd'hui), c'est aussi dévoyé, poussiéreux et peu intéressant que le néo-gothique qui a sévi en Angleterre au XIXème siècle.

Et je n'admire pas Michel Onfray en tant que personne, son intelligence faite pour briller en public, polémiquer et non pas approfondir. Je n'aime pas sa manière d'attaquer des gens dont la pensée au contraire n'a été qu'un approfondissement passionné, permanent. Qu'il lève parfois des lièvres, je le reconnais, mais il le fait presque toujours dans le but de diminuer ceux qui le dépassent, qu'il a souvent lu superficiellement, et de disqualifier leur pensée.
Comme dirait ma mère : "encore un petit malin !"

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