Voici la suite de Qui suis-je

par Périscope @, mardi 30 juillet 2019, 16:07 (il y a 21 jours)

Voici la suite de Qui suis-je


De tous les côtés ils le frappèrent sans mesure
l’homme public
pour ses fautes publiques
pour sa naïveté publique
ils le cognèrent d’une rive à l’autre
sur l’asphalte dur
sa tête dure d’homme publique
étincelante de frottements et de heurts
sur l’asphalte qui cognait sa tête
et son crâne brûlant de coups
de sa pensée d’homme public
il ne restait plus que dispersion de pensées et délabrement de pensées
étalés éventés écrasés lacérés
par la foule d’une rive à l’autre
entre les poignets torturants de la foule
folle injurieuse ivre de colère
l’homme public était ramené à lui-même
dans son sang intime
dans son unique morceau de corps écartelé
Il se tourna vers toi l’homme public
Ce qui restait de l’homme public
son oeil intime son souffle d’être mourant
sa chaleur qui allait se refroidir
Vers toi il tendit ce qui lui restait de doigts
une supplication aux ongles retournés par les tenailles
Il dirigea vers toi ce que tu devais lui sauver
Et tu donnas un asile à l’homme devenu
loup meurtri par sa propre meute
Tu dis au loup blessé
qu’un asile lui serait offert par toi
Tu le conduirais à l’asile de ton amie défunte
dans la paix suprême de ton amie défunte
elle seule défunte pourra comprendre
l’homme public défunt
De sa musique défunte elle saurait
le soigner de cette musique sans mauvaiseté
la musique dernière qui sied aux hommes blessés
la grande musique des hommes
redevenus petitement homme
La calèche alors décidément tu pris
pour transporter l’homme blessé
Il te fallut résolument une calèche de sonnailles et de dorure
pour rouler sur l’asphalte haineux du peuple
Tu emportas l’homme blessé
dans tes bras cristallins de calèche
qui ouvrirent la seule voie vers ton amie défunte
vers son palais gelé de musique
où la morte allait renaître plus vivante
pour répandre ici-bas
son entendement aux hommes conspués

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