2017

par dh, mercredi 28 août 2019, 14:17 (il y a 26 jours)

Idées pour un manifeste du nouvel art brut

NOUS SOMMES CONTRE :
- Les écoles d'art d'état comme usines à formater ; les ateliers d'écriture ; le creative writing ; etc …
- Les institutions étatiques de culture formatée, que ce soit pour l'élite ou les masses (art d'état, Buren, Cadiot, Py, etc...) et le buisness art (Koons etc...).
- L'objectivisme sous toute ses formes (formalisme ; art conceptuel ; matérialisme ; primat du signifiant (poésie sonore) ; mathématisme à la Roubaud/Badiou/Boulez ; scientisme, etc...)
- L'art dit "engagé" : le plus souvent une posture creuse, avatar du réalisme socialiste : propagande, catéchisme, négation de l'art. Nous refusons l'alternative "art engagé" versus "art pour l'art".
- La tabula rasa avant-gardiste : Les mandarins hydrocéphales d'une part, La vermine décérébrée nihiliste de l'autre.
- L'art comme agression.
- L'enflure théorique sous toutes ses formes. Le jargon comme signe de reconnaissance entre acolytes de la même secte.
- L'ennui et la banalité littérale comme gages de qualité et d’intelligence (poésie "documentaire" Jean Marie Gleize ; Ready made textuels ; field recordings ; Kenneth Goldsmith).
- Le cynisme assumé et revendiqué, la provocation bête et stérile (dada ; Duchamp ; Breton ; Dali ; Warhol, etc...).
- Le perfectionnisme technologique et technique. (Koons encore) le transhumanisme ; le mutantisme et autres mouvements anti-humanistes ...
- L'encyclopédisme ; l'érudition comme argument d'autorité. La notion de progrès historial en art.

NOUS SOMMES POUR :
- Le "Do It Yourself" (Faites-le vous-même) ; l'art brut spontané et libre ET l'art savant nécessitant un apprentissage et un travail d'élaboration. Nos modèles sont les descendants d'esclaves noirs américains créateurs du blues et du jazz, les mouvements punk et post punk, rap et techno, avant qu’ils ne soient dévitalisés par le mercantilisme ; l'«anti-folk » lowfi (Daniel Johnston ; Dominique A à ses débuts ; Lou Barlow ; the supreme dicks …) l'arte povera de Tapies, mais aussi les poésies de Lautréamont ou le post romantisme de Schoenberg (avant que le sérialisme d'état ne tue et ne dessèche cette forme d'art). Kandinsky théorisant la nécessité interne et le pouvoir émotionnel des couleurs. Cage préparant son piano, Pollock découvrant le dripping, etc …
- La juxtaposition de plusieurs cultures / époques différentes au niveau stylistique et technologique, dès lors que la nécessité le demande, et pas par jeu, démagogie ou volonté de choquer.
- L'autodidactisme ; l'individualisme ; l'égotisme ; le paradoxe ; le particularisme méta-communautaire.
- La solitude ; la pratique et la jouissance hédoniste et solitaire de l'art. La lecture de livres papier et l’écoute de disques.
- La beauté ; la douceur ; la lenteur ; la patience ; l'humour ; la sérendipité ; la mélancolie ; les états de conscience « borderline » ; l’ambiguïté. L'art comme consolation, reconstruction et élaboration de soi à l'écart du monde.
- L'intrication impossible, indicible et nécessaire du sujet et de l'objet, du conscient et de l'inconscient ; la fusion des formes de vie et des jeux de langage.
- Le primat de la pratique sur la théorie. Le pragmatisme de William James.
- L'usage massif d'internet, de facebook, du courrier électronique et des forums de discussion comme opportunité d'échanges et de rencontres improbables.
Denis Benoît Hamel - Mouvement pour un Nouvel Art Brut (paris, le 3 avril 2017)

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