observation bis

par loulou, mardi 19 mai 2020, 16:42 (il y a 10 jours) En réponse à loulou

dans mon imagination je fais du vélo, un vélo
peugeot qui me scie le cul en deux avec une
selle trop rigide, mais cela n'empêche pas le
vent de souffler à ma venue comme les jappe-
-ments d'un chien reconnaissant son maitre, ça
ne m'empêche pas d'aimer m'étendre dans l'herbe
verte et grasse comme une plaie ouverte,
ça ne m'empêche pas de rompre le coeur du paysage,
d'en sucer la blessure, comme pour en aspirer le poison,
ça ne m'empêche pas de me laisser aller à des actes
de stupidité humiliants, que rien ne justifie, puis de les
appeler: spontanéité, ça ne m'empêche pas de savoir
que la vie est certaine, assurée, quoi que je fasse,
même si je voulais me salir, même si je voulais
la perdre. le monde est là avec une tranquillité
dégoutante, beau comme la mémoire et comme
elle sans un pli, ne remettant rien en question,
le sang de mes gencives a l'acidité du vin, les doigts
sont luisants et rebondis, grappes d'olives agrippant
la nausée, l'exaltation et l'angoisse se mêlent dans
le même creuset fertile, la margelle du corps dél-
----imite l'étiage du paysage, et
dans un grand sourire --- dans une
grande joie lasse, sans y réfléchir -
je le vomis.

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