VI (retravaillé)

par 411, mercredi 14 octobre 2020, 17:30 (il y a 16 jours)

Hello. J'ai retravaillé ce poème, qui me restait au travers de la gorge, niveau rythme.

VI


il est VIh j’ouvre les yeux un nouveau jour m’a ramassé
ressens encor dans un sursaut dans un frisson la nuit passée
tout’ la beauté de tous les temps parmi tes lignes retracées

à ton cou un chien tranquille
à tes pieds un ange heureux
à ta bouche amour mouillé docile
un rien peureux
à ton ventre rebondi un songe dangereux

je t’aime tant que bien souvent je te fais naître
le soir en tout début de nuit
quand le loup a égorgé le chien
d’un coup de croc
presque sans bruit

dans un souffle retenu tu apparais soudain
pénètres mes yeux clos puis viens en moi
t’insères dans mes rêves et dieu sait que je hais me réveiller
me réveiller c’est te quitter je pleure alors sur l’oreiller

mais

dans mes rêves j’ai des enfants de toi
ne suis plus fou que de ta voix de notre espoir
quand dehors marche cette grande étendue noire
où les étoiles sont des trous
donnant sur l'autre ciel le lumineux l’éclatant l’éblouissant
le ciel derrière le ciel
où naissent et grandissent
et meurent mais perdurent
des parfums des couleurs des peaux nues des infants qu’on rassure
des pinceaux de la mousse et des fées des reflets assez beaux
des romans clairs de longues phrases et des mots
à foison de partout des idées sans défauts
et puis des fleurs qui s’époumonent

tout est bruissements tout est présence ô chanson tendre qui résonne
et si je te traite de sale conne c’est comme
par obligation
pour que ton monde me raisonne
et vienne à moi léger fécond
élève un peu sommeil profond
pour avoir enfin l’occasion
de te dire pardon

je ne sais pas écrire amour sans l’entourer
de lierre de ronces de chardons

pureté m’attaque comme un zona suis terrifié quand désir fuit
car si t'existes dans le réel comment lors te rêver la nuit
je veux te penser comme il faut te dessiner
ourler tes ombres et par touches
te peindre toute nue
sans les teintes de l’insulte

ou du dédain sans te moucher
et lorsque je vais me coucher
tu es là et on ne baise jamais l’anti-enfant que tu expulses
meurt toujours deux jours après
contre moi
dans mes bras de songe épais
dans mes mains ne sachant pas
comment tenir un nouveau-né

tout explose pleure tout meurt en moi
et mes cris de désespoir n’ont la force que d’un soupir
la faiblesse a muré mes gueulantes
je hurle bas
la mort de mon empire

je suis le génie sans la classe le haut poète aux dents jaunies
et qu’on vient voir quand ça va pas le grand paumé le très maudit

mais la nuit mais la nuit mais la nuit
mais la nuit

la nuit tout est soudain beaucoup plus clair
le jour passé s’met à pleurer
tête pressé contre mon torse
et tu as mis ta plus belle robe et je t’entoure
de mes bras et alors seulement

alors seulement j’ai la force
de dire je t’aime sans saloperies de te parler idylle éternité musique étreinte et angelots
puis notre hier quitte mes bras
réalité te déloge et me revoilà salaud
et la beauté m’échappe
et plus rien ne me console

au matin à VIh je suis amer tu n’as jamais existé
ne vois plus des anges que leurs canines
je saigne et tu t’envoles
et je sais que tu n’as plus besoin de moi
je te perds chaque matin
comme on oublie qu’on a aimé
à peine confronté
à la réalité à la naissance du nouveau jour

et je veux sombrer dans mon rêve
ici avec toi
ô amour mien je veux aller avec toi
dans le ciel derrière le ciel
mourir un peu
et puis m'endormir pour toujours

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