le livre : produit essentiel ?

par David Haybon @, lundi 09 novembre 2020, 16:50 (il y a 24 jours) En réponse à dh

Non, je ne suis pas libraire. Je ne travaille dans aucun des métiers du livre, sauf si on considère qu'écrire un roman et chercher un éditeur me fait appartenir à cette corporation - je ne crois pas. Et je connais un petit peu ce secteur par les hasards de la vie, pas davantage.

Je pense que vous vous fourvoyez à la fois sur l'intention du CNL et sur ses moyens. Le CNL a distribué en 2017 près de 25 millions d'euros d'aides diverses. Aux auteurs, aux traducteurs, aux éditeurs, aux directeurs de revue, aux libraires, etc. Parmi ces aides, 4 millions (en 2019, cette fois) ont été distribués à plus 400 librairies. Croyez-vous vraiment que le CNL ait la possibilité et les outils de contrôler, ensuite, tous ces libraires, vérifier le détail de leurs ventes et favoriser ceux qui vendent des livres estampillés CNL ?

Et surtout, je ne vois pas très bien quelle serait la motivation de cet organisme. Le CNL est une commission qui distribue de l'argent public et qui n'est pas du tout intéressée financièrement par la vente des livres. Les livres bénéficiant des bourses peuvent se vendre à 10 exemplaires, ou à 10 000, ça ne change strictement rien au fonctionnement du CNL ni à la quantité d'argent qui sera distribuée la fois suivante.

Quant à la diversité de l'offre : 48 000 nouveaux livres sont publiés chaque année. D'autre part, la totalité du fonds (des livres qui ne sont donc pas des nouveautés mais restent de façon permanente dans les rayonnages), s'élève à un peu plus de 100 000 exemplaires sur l'ensemble du parc (ce qui correspond à un nombre de titres différents oscillant entre 60 000 et 75 000).

Trop de livres partent au pilon, je suis d'accord avec vous. Plus de 140 millions d'exemplaires, ce qui représenterait 20% à 25% du stock annuel.

Trop peu de livres accaparent la majorité du marché, je suis d'accord avec vous aussi. Entre tous les maillons de la chaîne du livre, est-ce la faute des seuls libraires ? Est-ce, d'abord, la faute de qui que se soit ? Je ne sais pas.

Je ne vous traitais pas d'auteur aigri, rassurez-vous, je ne savais même pas que vous étiez auteur.

Et enfin, pour sortir de cette avalanche de chiffres (qui sont tous trouvables sur internet après quelques minutes de recherche), mon expérience personnelle me montre que certains titres subventionnés par le CNL sont faciles à trouver en librairie et d'autres pas du tout, et qu'en tout cas le fait pour un auteur de toucher une bourse ne signifie, malheureusement (ou heureusement) l'assurance d'une bonne diffusion - puisque vous savez que si les libraires possèdent une certaine marge de manoeuvre sur ce qu'ils vendent, elle est fortement tempérée par l'action des diffuseurs qui, eux, ont d'autre préoccupations que de satisfaire le CNL en favorisant ceux qui bénéficient de leurs subsides.

Voilà ce que j'en dis. J'espère avoir fait évoluer un petit peu votre point de vue.

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