C'est juste ! Nestor

par zeio, dimanche 03 août 2014, 01:53 (il y a 2134 jours) En réponse à zeio

Là voilà la fameuse suite atroce.




Moi qui n'ai pas un rond
Je suis entouré de personnes pleines de fric
Et je sens la mouvance
Je leur plaît : je suis facile, sérieux
gentil, adaptable
Manipulable
du moins en ce qui concerne
cette part-ci qui n'est pas dans les étoiles

-je ramasse les quelques miettes qu'ils me laissent-



LE TEMPS PERDU PARMI D'INNOMBRABLES IMBÉCILES


Elle, belle à en découdre, bien qu'âgée, encore terriblement attirante, et creuse, et envoûtée par sa propre absence. La mécanique bien huilée des réponses à tout, quelque soit le sujet. Mécanique du vide. Niveau zéro de la spontanéité : le calcul inopérant d'une femme éternellement frustrée, à tous les niveaux.
La voici qui me drague, pour rendre jaloux son mari président impuissant, quelque part égaré sur sa plage, qui gémit, occupé à humidifier les grains de sable. Le mari : entouré d'incapables, qui ne sont pas en mesure de faire tourner la société comme il faut. Je tresse pour lui une solution hasardeuse : virer tout le monde, prendre des gens de talents, inspirés. Ça n'est pas infaisable : c'est même très facile. Sa peur principale : être entouré de gens talentueux qui lui feraient de l'ombre. Crispé sur l'heure du coucher, le président décide d'aller rendre l'âme dans sa chambre cinq étoiles. Entouré d'œuvres d'art, il compte les dividendes. Ses enfants adorés sont des idiots au dernier degré, des zombies dénués de toute poésie et de toute distance sur les choses, magistral échec.







AU RETOUR DU DINER DES PRÉSIDENTS DE MON CUL

Hotel particulier rue saint-benoît
Chacun s'imaginant du bon côté de la barrière
Chacun s'imaginant homme de bien
Au centre des intérêts variés et nombreux
Ils sont en pleine réussite
Lui, bientôt directeur d'un bureau national
Moi, écoutant distinctement
le timbre d'un animal éteint
en sourdine dans sa gorge imbibée de vin
je suis le seul à profiter du melon bien mûr
et de la pénombre étrange qui semble infiltrer le jardin




BALLAST

Maryana, ukrainienne, 17 ans, est naïve et tendre
elle m'appelait pour me dire qu'elle avait oublié un objet
quelconque chez moi
je ne comprenais pas de quoi elle parlait
elle arriva vers minuit
J'étais en train de jouer à un jeu vidéo
Je n'avais pas tellement envie ni de parler ni d'être dérangé
À la façon dont elle refermait la porte derrière elle
Je compris sur-le-champ de quoi il était question
Nous avons parlé, peut-être 3 heures de choses et d'autres
Aux environs de trois heures nous sommes montés dans la mezzanine
Elle était si étroite que les doigts entraient à peine
Elle était frêle et craintive
c'était plein de douceur et c'était très bien comme ça
Puis nous nous sommes endormis vers 7 heures
Ma main posée sur ses seins

Le lendemain, elle me proposait de partir avec elle en Ukraine
Je refusais
Elle était triste


I

Une ancienne musique résonne à tes oreilles
De quand date t-elle ?
Où l'as-tu connu ?
Peut-être enfant
peut-être un peu plus tard
Un monde englouti semble émerger à nouveau
-Tu arrêtes tout. Tu recommences.-



II

Tu n'oublieras pas ce vieil ami
avec lequel tu as bâti ce monde intérieur
il est peut-être perdu
parti pour toujours
peut-être toute communication est devenue impossible
peut-être que demain
les cloisons s'effondreront
dans tous les cas
tu ne l'oublieras pas
Au fond
tu n'en as jamais eu d'autres





TOUT EST PARDONNÉ

Oublie,
oublier,
Imagine.





SIGNAL ÉLECTRIQUE


Récolter les instants paradis
comme un insecte éphémère
le soleil
comme un mort
les souvenirs d'une autre vie




RÉCAPITULATION


Tu n'as nulle part où aller
Ta chambre est une illusion de confort
de protection
Tu n'as nulle part où aller
ce nulle part
est là où tu es le mieux






IL REVIENT TOUJOURS


Tu as beau être éteint, errant
souffrant, mendiant depuis ce vide
où la vie semble s'être installée
Tu as beau être en proie aux perditions
aux abattements, aux somnolences des jours dénués
Tu possèdes quelque chose qui me retient
et que je ne trouve pas chez les êtres affirmés
bris de firmaments
germes d'éveils et de possibilités
sans nombres

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