Verbes à sensations

par Périscope @, mardi 18 juillet 2017, 15:53 (il y a 122 jours)

Verbes à sensations


Etre dans la respiration de l’autre, en lisant, en parlant.
Le matin chaque signe est comme une fleur.
Faire son mouvement de gym équivaut à une posture d’amour.
Entendre surtout la symphonie visuelle des feuillages.
Et sentir la brise tiède qui vous habille de ses foulards.
Heureusement que le muguet comporte un seul brin,
sinon ce serait trop de bonheur.
Mais embrasser un laideron n’est pas toujours désagréable.
Remarquer que le savon liquide des professeurs chlingue drôlement la cannelle.
Observer une femme qui ouvre son portefeuille en nous montrant ses billets froissés.
Le ciel noir au loin ressemble trop à un torchon de cuisine.
Consentir que la peau soit le buvard de nos émotions.
Humer une raie bouscule carrément les lignes.
Chercher dans les squares des chiens inconnus qui vous reniflent.
C’est dans la lumière atone que le merle pique mieux sa note.
Dormir tête-bêche, c’est avoir le minois dans le panier de l’autre.
Passer devant un mur ou un buisson provoque des bruissements différents.
Marcher dans le sillage d’un couple de vieux me rappelle des fragrances de violette.
Le ciel gris éternise le temps.
Mais savoir que ce mauvais temps suffit pour qu’il traverse les fenêtres.
Découvrir que le parfum d’une fille, peut être plus aigrelet qu’un air de flûte.
Le corbeau reste toujours pensif devant un rosier,
puisque les rosiers plantés par les morts revivent au printemps.
Admettons bien sûr que le soleil partage le monde en deux : les éclairés et les obscurs.
Tortiller du derche contre un giron brûlant,
est aussi jouissif qu’un voyage au centre de la Terre.
Une abeille qui s’immobilise dans l’air, attend l’effluve idéale.
Par la déchirure de ton bas nylon,
la peau surgit telle une blessure à aimer.
Une joue chaude collée à la vôtre susurre de l’invraisemblable.
Accepter que les enfants se suspendent aux branches les plus fragiles de l’arbre.
Ce matin, mille clochers invisibles carillonnent.
Les pâquerettes de se gênent plus pour s’étaler à vos pieds.
Une musique appropriée accompagnera nos envies.

Verbes à sensations

par sobac @, mardi 18 juillet 2017, 18:16 (il y a 122 jours) @ Périscope

Par la déchirure de ton bas nylon,
la peau surgit telle une blessure à aimer
.

bien plus érotique que des bas qui filent

un texte évocateur, observer la vie , les êtres, le temps qui passe
il y a aussi cette constatation éphémère des choses

Verbes à sensations

par le Rouge-gorge, mardi 18 juillet 2017, 19:01 (il y a 122 jours) @ Périscope

Dire qu'il m'a fallu attendre cette fin de 18 juillet, après avoir longuement poncé un vieux plateau de table, après l'avoir adapté à un piétement de fer forgé style bistro, avoir sué et m'être douché plusieurs fois avoir bu des litres et des litres d'eau glacée, puis j'ai lu ce texte et m'a journée torride m'a plu.

Merci Périscope, je ne citerai pas une image plus qu'une autre, elles sont nombreuses à me plaire. Merci pour ces infinitifs apportant une conjugaison subtile.

Fraternellement.
Fabrice le Rouge-gorge

Verbes à sensations

par mouton noir, mardi 18 juillet 2017, 20:17 (il y a 122 jours) @ Périscope

N'embrassez que les "laiderons" autochtones, mon Enfant !
Ne jamais honorer d'un regard un "laideron" noir lesbien, étranger à Vos mœurs, mon Enfant ! Que D Vous préserve de ces 'ennemis de la vie'/ ces créatures ignorantes, contre-nature/ ces 'damnés de la Terre' et du Ciel, insensibles à Votre Sainte Nature et à Vos jolis paysages, mon Enfant !
Ne faites jamais cet affront, à nos bonnes chrétiennes, mon Enfant !

D respire en Vous, mon Enfant !
Qu' Il Vous bénisse et insuffle, toujours, Sa Voix en Vous, mon Enfant !

Verbes à sensations

par mouton noir, mercredi 19 juillet 2017, 22:43 (il y a 121 jours) @ Périscope

Ecoutez "la marche des Scythes" et "observez" ces sales créatures terrestres/profanes "renifler", comme des chiennes, le vent de la mort, dans Vos mains,
c'est "jouissif", mon Enfant !

Que D Vous bénisse et "accepte" de briser tous Ces/Ses enfants suspendus, "aux branches" sacrées de Votre "arbre", mon Enfant!

Verbes à sensations

par Claire, mercredi 26 juillet 2017, 22:39 (il y a 114 jours) @ Périscope

Très beau, du début à la fin.

Verbes à sensations

par Périscope @, vendredi 28 juillet 2017, 09:44 (il y a 113 jours) @ Claire

Merci à Sobac, Rouge-gorge et Claire pour vos réactions qui redonnent souvent un sens à mon stylo.

Quant à Mouton noir, qui est-il ? Que veut-t-il dire ? Vous le connaissez ?...

La grande santé

par Claire, vendredi 28 juillet 2017, 12:27 (il y a 113 jours) @ Périscope

Il me semble savoir qui c'est mais je ne cafterai pas.
On dirait que la lecture de Nietzsche - comme pour beaucoup - ait dépassé ses capacités digestives et qu'il le rote de temps en temps, comme cela m'arrive parfois pour les maquereaux au vin blanc.

La grande santé

par mouton noir, samedi 29 juillet 2017, 14:28 (il y a 111 jours) @ Claire

Vous avez tort, en ce moment, je ne lis que Jirô Taniguchi et je ne rote que des sardines grillées, Santa Clara ! )

Santa Clara

par Claire, samedi 29 juillet 2017, 16:21 (il y a 111 jours) @ mouton noir

Un endroit que tu as aimé ( si je ne me trompe pas de personne) :

la vue