Loulou's story

par loulou, mercredi 26 juillet 2017, 04:44 (il y a 424 jours)

Je n'ai jamais cru à Dieu, rien à faire. Je lui réglais son sort à 7 ans, par pragmatisme : lui demandant des faveurs, qu'il ne m'accorda pas, je lui circonscrivis un rôle, un mot dans la langue. D'autres par recouvrements partiels prirent sa fonction. Les gens sont religieux dans la mesure où ils ne se croient pas tant imparfaits que malades. Des idées me passèrent certes par la tête : certaines s'y nichèrent, satisfaites de la faune, flore, auxquelles elles se trouvaient adaptées. L'écologie des idées d'une personne se résume à son histoire personnelle et aux histoires à l'intérieur de cette histoire-ci. Mes idées poussèrent sous le climat méditerranéen de mon ciel (ma tête). Son bleu plein n'a pas besoin du Seigneur.

BUT CLIMATE CHANGE IS REAL.

Qu'importe moi, mon histoire. Je la relate parce que je la sais, je lui en troquerais d'autres si je les savais aussi bien. Mais je suis prudent, je n'aime pas relater des histoires qui ne sont étayées que par mon imagination, insuffisamment en elles-mêmes. La mienne, j’ai certes vécu sa plus grande part en imagination, mais elle prend place dans ce monde à la condition de n'en changer qu'un ou deux paramètres. Ces variables demeurent contrôlées, constantes tout au long du récit, je peux donc les dire.

Leur bavardage se défait cependant à mesure que je le fréquente. La lumière y est un miroir dont on ne voit que l'envers, une glace sans tain souple et mobile, l'eau dont on ne sort jamais pour s'y contempler dans un geste trouble, l'eau à laquelle je suis tout à fait pris et qui me rappelle celle des rêves. Je ne peux m'endormir que lorsque je suis épuisé suffisamment pour enfin pouvoir me taire. Il y a tant de façons utiles de se taire : de façons qui permettent, plus tard, de mieux réfléchir. Je voudrais utiliser une polysémie facile : qui permettent de se voir. On se tait pour pouvoir agir, mais ce que j'aime a l'impatience du langage. Au contraire de ce qu'on veut dire, qui brûle la langue, on se lasserait à revivre ce qu'on imagine. Tout y garde la même désignation, (la même lumière). Ce que je dis n'est absolument pas abstrait. Je parle de la façon dont les choses se changent en souvenirs. J'explique pourquoi, je dégage de grands principes. Sachez que je suis un garçon à principes.

qui est le mystérieux louis ?

par dh, mercredi 26 juillet 2017, 08:59 (il y a 424 jours) @ loulou

je l'imagine, jeune étudiant en 2ème année de lettres modernes, fraîchement débarqué à paris de sa normandie natale. un peu plouc, certes, avec son veston à carreau désuet, son pentalon trop court et ses chausettes dépareillées. tout pétri de vénération pour son dieu, paul valéry, moins celui des vers, trop sentimentaux pour son jeune coeur, que celui des proses dont il s'ennivre l'intellect. c'est dit : il sera le nouveau valéry ou rien. déçu par wittgenstein dont il ne retient que quelques punchlines décevantes que même arnaud laporte n'ose plus caser dans ses émissions, il se rabat sur le matérialisme hédoniste d'onfray dont le nietzschéisme de gauche lui semble le nec plus ultra en matière de pensée moderne. lui aussi, il veut devenir un être de lumière, une pure incandescence revenue à l'immanence première d'une pensée sans arrière-mondes. mais dans un premier temps, il faudra faire son chemin dans le monde impitoyable des gens de plume et devenir un écrivain reconnu. pas de doute, louis est un personnage balzacien.

héhé

par Claire, mercredi 26 juillet 2017, 13:14 (il y a 424 jours) @ dh

....à 13h13 j'ai eu le temps de lire la réponse énervée qui a disparu à 13h14 :)

héhé

par dh, mercredi 26 juillet 2017, 13:36 (il y a 424 jours) @ Claire

zut, je l'ai ratée. je ne suis pas assez assidu.

selfie

par Claire, mercredi 26 juillet 2017, 18:17 (il y a 424 jours) @ dh

Il n'y avait rien de pire que le portrait que tu traces peu à peu de toi-même par tes attaques aigries.

selfie

par dh, mercredi 26 juillet 2017, 18:37 (il y a 424 jours) @ Claire

allez en paix, mon fils

par Claire, mercredi 26 juillet 2017, 19:19 (il y a 424 jours) @ dh

Je crois que tu es un moraliste bien pire que moi, du genre féroce.
J'aimais ce que tu écrivais, et je regrette que tu n'aies plus d'inspiration. J'ai quelques doutes sur le fait que cela puisse être dû à la rencontre de l'amour car cela ravalerait l'art à une place de substitut assez primaire. En général l'amour au contraire donne une puissance nouvelle à l'inspiration.
Par contre la croisade que tu mènes depuis longtemps contre la supposée prétention, fausseté des autres...et si c'était cela qui te stérilisait en te ramenant à ta propre prétention, fausseté ? C'est une question paralysante, et la projeter sur les autres ne règle en rien le problème.

allez en paix, mon fils

par dh, mercredi 26 juillet 2017, 23:04 (il y a 424 jours) @ Claire

non claire, je ne suis pas un moraliste, pas plus que n'importe qui.

pour le reste, je n'ai pas de réponse à tes questions.

bonne nuit.

sainte-binounette-à-bichonner et saint-scapin-potronmineté

par catr @, vendredi 28 juillet 2017, 03:53 (il y a 422 jours) @ Claire

hm..
la poésie, c'est voir en face, et bien en face ...












bisous

!

par Claire, vendredi 28 juillet 2017, 08:55 (il y a 422 jours) @ catr

mais c'est Fantômette ! et elle se moque de nous ma parole !
au moins, as-tu attrapé ton voleur depuis tout ce temps qu'on te voit plus ?... :)

!

par catr @, vendredi 28 juillet 2017, 19:41 (il y a 422 jours) @ Claire

´faut pas vendr' la peau d'l'ours avant de l'avouère tué, qu'y disent, mais...

héhé je l'ai enfin chopé c'salopard du simonac de criss !
i's'tait emparé d'mon sourire pis i'l'avait séquestré !
l'estie d'chien sale d'ciboire à marde,
i'perd rrrien pour attendr', l'tabarnak de saint-crême
m'en va t'y faîrre son sort, à c'voleur-là !
! tckeck-moé ben aller, ma nouère
hey câlice, j'va l'r'mercier de m'avoir obligée à m'battr'
j'va t'y clouer çà ben raid', j'va l'crucifier
pis j'va l'déchirer s o v e r y s a d i s t i c a l l y
pis j'va souffler d'ssus i'va brûler drett'là pis ...
voler en cendres








* * *






après

lieu d'être où planter les amélanches les bleuets
un peu de pervenches entre les succulentes le thym
faire la sieste dans l'heur chuchoté des grandes fougères
sous le pin bleu un hamac devient une île flottante
un nid — faire la sieste dans l'obstination d'une aile indéfinément déployée
où bercer des sourires










j't'embrasse !

petite marche de la honte - lol

par catr @, vendredi 28 juillet 2017, 21:32 (il y a 422 jours) @ catr

(..pis j'ai encore fucké l'chien ds l'orthographe, as usual,
j'me rends jusqu'à l'assemblage après chuis brûlée ou
...aveuglée d'images ou vite ailleurs.. à mes laitues) ;)


..pardon pour l'ortho — à mes laitues je retourne

petite marche de la honte - lol

par Rémy @, dimanche 30 juillet 2017, 11:15 (il y a 420 jours) @ catr

Beuh... non... L'orthographe est correcte... Il n'y a que Saint-Chrême qui prend un h, le reste est bien.

!

par Claire, vendredi 28 juillet 2017, 22:00 (il y a 422 jours) @ catr

ton écriture...comme un bain vivant pour l'esprit...je l'avais presque oubliée . à bientôt !

!

par Rémy @, dimanche 30 juillet 2017, 22:46 (il y a 420 jours) @ Claire

Un bain vivant ! Stadire un tub plein de vers ! Bêêrk...


Comme dans l'émission, là, comment ça s'appelait déjà, où des startelettes devaient mettre la main dans les cafards à chaque étape du jeu de piste... Fort Boyard.

!

par Claire, dimanche 30 juillet 2017, 23:07 (il y a 420 jours) @ Rémy

ok, un bain vivifiant...mais je suis sûre que tu avais compris, sans pouvoir renoncer à ton péché mignon : le pinaillage.


enfin, chacun est comme il est, c'est le charme de ce lieu.


quand même, une question que je trouve compliquée : quels liens la poésie (ou les poésies) entretiennent-elles avec le pinaillage ?
"un bain vivant" n'est-il pas plus intéressant qu'"un bain vivifiant" (on voit aussitôt la pub derrière).

pinaillage poésies !

par le Rouge-gorge, lundi 31 juillet 2017, 16:51 (il y a 419 jours) @ Claire

Les poésies entretiennent bien un lien étroit avec le pinaillage, pas avec la critique uniquement, mais surtout lors de l'acte intime de création et les variations infimes du texte dans le temps jusqu'à la production achevée. Le poète doute, se contraint, se censure, n'est pas ravi de la finalité et c'est cela qui le pousse à l'imprimer pour d'autres, leurs regards, leurs lectures.

Fraternellement.
Fabrice le Rouge-gorge

pinaillage poésies !

par dh, lundi 31 juillet 2017, 18:19 (il y a 419 jours) @ le Rouge-gorge

eh oui fabrice, c'est cela le tourment de l'écrivain.

je ne crois pas du tout à un écrivain serein, qui écrirait paisiblement, sans déchirement intérieur.

pinaillage poésies !

par le Rouge-gorge, lundi 31 juillet 2017, 18:57 (il y a 419 jours) @ dh

Serein pas plus que serin, tous les volatiles ne chantent pas la même poésie.

Que ce soit pour la poésie ou toute écriture, il ne s'agit jamais d'acte anodin, sans heurt sans mise en danger, il ne s'agit pas d'un vague échange épistolaire, quoique même là, certains ont un véritable engagement littéraire.

Fraternellement.
Fabrice le Rouge-gorge

licenses

par Claire, lundi 31 juillet 2017, 22:54 (il y a 419 jours) @ le Rouge-gorge

J'utilisais "pinaillage" au sens de la recherche du mot exact, correct, logique...pas dans le sens du mot-qu'il-faut, souvent très éloigné en poésie.

licenses

par le Rouge-gorge, samedi 05 août 2017, 19:54 (il y a 414 jours) @ Claire

je souscris à cela et je l'avais bien compris ainsi, j'apprécie de te lire et le sens de tes propos fait très souvent sens pour moi, même si je ne réponds pas toujours.

Fraternellement.
Fabrice le Rouge-gorge

!

par Rémy @, mardi 01 août 2017, 10:30 (il y a 418 jours) @ Claire

Ah pour moi la poésie est tout entière subordonnée au pinaillage, au choix de la lettre exacte en plus du juste mot.
Comme la musique, le tricot, la cuisine, l'architecture, la plomberie, la natation synchronisée, etc.. Il n'y a que l'informatique qui y échappe, parce que le compilateur ne laisse pas au programmeur le loisir d'être inexact ni donc la tâche de rechercher la précision, et le jardinage, parce que la météo est imprévisible et que les plantes font de toute façon ce qu'elles veulent (et poussent, et envahissent tout) (quand elles ne se recroquevillent pas sans raison) (sans parler des pucerons), et la peinturlure, qui est bonne fille à condition de ne pas y mettre de prétentions (mais pas la peinture !).


C'est vrai que "bain vivifiant" ça fait vraiment pube pour du savon... Non non, je n'ai pas réclamé de correction, la poésie est pleine de vers et c'est très bien ainsi. Même celle de cat, qui ne rime pas.

Tu peux éventuellement glisser quelque part une allusion qui permette de rapporter "bain vivant" à ces instituts où on trempe ses pieds dans un bac plein de petits poissons - mon grand-père racontait qu'en Indochine on faisait ça de son corps entier dans certains ruisseaux.

!

par Claire, samedi 05 août 2017, 17:19 (il y a 414 jours) @ Rémy

Oui, après avoir vu ta réaction comme un renvoi plutôt inadéquat au sens littéral des mots, et une fermeture, je me suis avisée qu'en même temps cela ouvrait vers une image surréaliste.
Encore un chapitre à ajouter aux paradoxes de la poésie : en refusant l'évidence de sens d'une métaphore, en la ramenant de façon pinaillante à son sens littéral, ouvrir une porte cachée pour l'imaginaire (c'est pas très nouveau, mais c'est la première fois que je vois le mécanisme).

Tenir un lombric dans sa main est une expérience sensorielle particulière, vivante et métaphorique, voire érotique. Aura-t-on la curiosité de le laisser s'extraire par sa propre mobilité de l'anneau des doigts, ou le jettera-t-on en bordure de bêchage, pour le regarder se glisser entre herbes et mottes, disparaître ?

!

par catr @, mercredi 02 août 2017, 03:12 (il y a 417 jours) @ catr

...





[un moment vers 13h30]


un tout petit jardin goûte le sel la sueur
des gestes patients tendent boutons fruits et fleurs
où Étonnement s'étire ouvre grands les yeux
où Enthousiasme exhausse nos voeux






...









• réflexion (en arrosant le jardin)

... à propos de la rime du pied compté de la forme "correcte"
encore de la mathématique et de l'arythmétique de la langue
hyper policée ...il m'est apparu très tôt que cela m'était trop facile
et d'un ennui profond mais plus encore que c'était là
une manière masculine d'appréhender et de contrôler
les domaines expressifs intérieurs (comme s'il y fallait une cote maillée
une épée et un bouclier) aussi je n'ai rien écrit pendant des années
jusqu'à ce que je saisisse et comprenne qu'il me fallait résolument
désarmer le tout nudifier ce tout jusqu'à le rendre libre

— « Poésia, ton bain est prêt ! »









.

Loulou's story

par catr @, jeudi 03 août 2017, 04:13 (il y a 416 jours) @ loulou

Encore, encore !