[ à l'Autre de ton Je ]

par catr @, vendredi 06 octobre 2017, 20:32 (il y a 42 jours)

.
s'écrit, cela. loin du futile.
parole qui ne s'accordait plus, fil noué trop longtemps négligé,
la tresse un peu défaite
par joie ou usure
un geste se poursuit lui-même quand tu es
dans la lune,
t'échappe un dire comme t'échappe, l'atemporel, toi.
"t'échappe" happe le a de "à être" cela. et
cela décide, agit,
et quelle urgente nécessité ;
une flèche précise et vive te pousse. tasse. écarte le toi du sillage, fait passage. voie.
jusqu'à sa parole. mais sa signe-y-fiance. non plus symbole, mais voix vive, et sentie et vécue.
— au-dessus de la plainte
et inaltérable — alors, un livre. peut-être.







*



[à l'Autre de Je]


acte sur tranche.
blanche tranche blanche
la chair du noir verbe noir d'eux.
tu mâchais ce muscle si souvent,
comment ne serait-il assoupli ?
voix mastique puis recrache
des débris, rogne un cartilage, éructe.
éructe joie dans la muqueuse pâle,
ta joue joue du vent, son de mot-champs.
debout.
tenir la moisson d'une page — que Je tourne






*





[ à ton Je ]



un Aspect prend figure — image lisible dans l'illisible même
— et se traduit : offrande est un sens rendu parmi les cents et
mille sens perdus de nos humanitudes, corps-mémoires,
leurs transes génétiques traversent, se rendent. t'arrivent.
Et un Aspect s'éclaire, à toi. te parle :

«dans un rêve très ancien,
ta main, de cent symboles blancs,
traçait, — à même l'interne de ton ventre
— la prophétie de la nuit liquide
d'où ton nom s'éveille.

l'entends-tu ?»

[ alter voce ]

par catr @, vendredi 06 octobre 2017, 21:11 (il y a 42 jours) @ catr

chuchotements











cette plage n'est ni sable
ni temps
elle est blanche
du blanc que tu ne sais plus



ni effacement ni oblitération
que ton propre souffle et
son inaltérable

— tu diras "espace", ou "interne-mer"
et je te dirai en souriant :

« qu'est-ce que la lumière ?»

[ alter voce ]

par François, samedi 07 octobre 2017, 02:55 (il y a 42 jours) @ catr

Ça fait vraiment plaisir de lire à nouveau Catrine, ton écriture sibylline-cristalline. Le sens y tombe des nues. On sort imprégné de ta poésie.

[ alter voce ]

par Claire, samedi 07 octobre 2017, 11:42 (il y a 42 jours) @ François

Oui, on sent la sève qui se remet à circuler.

[ alter voce ]

par catr, samedi 07 octobre 2017, 23:26 (il y a 41 jours) @ Claire

..chhUuut... Coquine ! foopâldire

[ alter voce ]

par Claire, samedi 07 octobre 2017, 23:48 (il y a 41 jours) @ catr

je parlais de l'arbre delivre, et de ses branches ;)

[ alter voce ]

par catr, dimanche 08 octobre 2017, 00:31 (il y a 41 jours) @ Claire

Idem !
le dire retient ce que le Faire transforme

[ voce ]

par catr, samedi 07 octobre 2017, 23:22 (il y a 41 jours) @ François

..c'est beaucoup, merci François !

Semé

par Écrire, samedi 07 octobre 2017, 10:41 (il y a 42 jours) @ catr

On m’a semé ici. Depuis, je pousse. Comme l’herbe sur le bas côté. Oh je ne prends pas beaucoup de place ! Quelques centimètres carrés à la périphérie de l’univers. Toutes les deux minutes, un aéroplane me survole. Il s’ébroue au décollage. Ses flancs d’acier emplis de désirs qui s’entrechoquent... Je pousse, disais-je et parfois, je fleuri, d’un amour ou d’un poème. Et sitôt que je cesse d’écrire ou d’aimer, l’adolescence revient me tourmenter de questions. Mais je ne sais que lui répondre. Je ne peux qu’excuser ma bouche vide en l’enrobant d’un sourire.

Semé

par catr, samedi 07 octobre 2017, 19:16 (il y a 41 jours) @ Écrire

hhawa ..émue/sans voix...mauditkcébeau cela

Semé

par Ecrire, dimanche 08 octobre 2017, 20:48 (il y a 40 jours) @ catr

Merci Cat !

Semé

par François, lundi 09 octobre 2017, 01:13 (il y a 40 jours) @ Ecrire

J’ai été touché par ce texte moi aussi.

Semé

par Ecrire, lundi 09 octobre 2017, 18:12 (il y a 39 jours) @ François

Merci François.

vol

par Claire, samedi 07 octobre 2017, 11:41 (il y a 42 jours) @ catr

Dans ce pays, il est impossible d’écrire.
tout ramène à Je, tout colle
par sa blessure, cette horreur
ovale.
le temps creuse une cicatrisation impossible
un héritage sans doute
mais qu’importe.

collé par ce qu’on a de laid
on voit son reflet en surimpression
sur le paysage
et cela emplit la pièce, ou le wagon
il n’y a plus de dehors.

pourtant j’ai parfois arraché la croûte
ou laissé l’épaule entière, en sommeil avec sa clavicule,
en gage.
volant dans le crépuscule
et ce n’était plus rien qui s’appelle « moi ».
c’était le temps des apatrides
une vallée ou un parc, une cascade

il y en avait d’autres aussi…

en/vol

par catr @, vendredi 20 octobre 2017, 22:00 (il y a 28 jours) @ Claire

« Si vous regardez longtemps au fond des abysses, les abysses voient au fond de vous » — Nietchez









« Toute création est une victoire sur la peur » — Francis Ford Copola










« La mort n'est pas une conclusion » — Fritz Lang

en/vol

par Claire, samedi 21 octobre 2017, 12:20 (il y a 28 jours) @ catr

En lisant ton commentaire de ce qui n’est qu’une improvisation, une tentative d’écho à ce que tu écrivais, je m’aperçois que cela dit encore autre chose.

...En tout cas je n’écris plus...:(

en/vol

par catr @, samedi 21 octobre 2017, 21:52 (il y a 27 jours) @ Claire

..vivre
vivre la moindre joie, beauté, justesse, les exister complètement en chaque instant est tellement plus important que d'écrire

en/vol

par François, dimanche 22 octobre 2017, 02:48 (il y a 27 jours) @ catr

Parfois je me demande, pourquoi donc cette dichotomie entre l’écriture et la vie. Je m’en fais moi aussi cette idée, souvent (je ne te jette aucune pierre, je précise au cas où, tu dis des choses intéressantes qui donnent envie de trouver des angles nouveaux, et je m’interroge moi-même à voix haute). Pourtant écrire peut être : une méditation zen, la taille d’un menhir, le récurage de toilettes, tricoter une paire de chaussettes, l’observation à la loupe d’un lézard couleur cuivre, la scrutation d’un circuit imprimé, une consolation les soirs de pluie, un soir fêté sans raison particulière. Je n’ai pas toujours l’impression que l’homme se mute en fantôme, sitôt qu’il tapote sur son clavier. Ça n’est pas nécéssairement le creusement d’une solitude, ça peut être aussi préparer le lit d’une présence. Alors, peut-être pourrait-on se dire, écrire n’est pas moins important que vivre, écrire c’est vivre, comme le reste, souvent plus que le reste, rarement moins, et vivre c’est écrire.

en/vol

par catr @, dimanche 22 octobre 2017, 05:04 (il y a 27 jours) @ François

je t'entends, François,
j'ai pensé comme toi ... longtemps..
puis ... j'ai réalisé que je ne vivais pas
puis que je ne savais pas vivre

on écrit, on écrit beaucoup, ça nous occupe terriblement, c'est très sérieux,
et puis, quelque chose arrive et.. vivre devient. vivre est au-dussus de tout.
sans vivre, écrire n'est pas, mais encore je soupçonne qu'écrire ne soit
...qu'en attendant

en/vol

par François, lundi 23 octobre 2017, 00:24 (il y a 26 jours) @ catr

Nous sommes en symétrie car pour me part je pensais comme toi, précédemment. L’écriture ou la vie. Aujourd’hui je pense plutôt : l’écriture et la vie.
Écrire se situe quelque part en périphérie de la vie si on veut (elle est une distance), mais pas nécéssairement à l’extérieur de la vie.
Après, je suis aussi dans cette situation où je ne sais pas vivre, j’en ai conscience, mais ce fait ne me dévie pas de l’écriture.
Vivre est au-dessus de tout, mais écrire peut être inclut dans ce vivre.
Ce quelque chose qui arrive dont tu parles, peut-être est-il arrivé parce que tu as écrit (les mots ont un pouvoir), dessinant consciemment ou non un chemin qui t’a mené vers cet événement.
Alors écrire serait cet « en attendant » mais qui a son importance et ses ramifications, son vivant rôle.

en/vol

par François, lundi 23 octobre 2017, 00:48 (il y a 26 jours) @ François

En fait je pense qu’appréhender l’écriture comme une activité située hors la vie, c’est la rendre anormalement lourde, mortifère. C’est lui transmettre un étouffement, un poids qu’elle ne possède pas par nature. C’est riche de sens, la placer en dehors de la vie, c’est la sacraliser comme on sacralise la mort. Quand on dit qu’il faut mettre de côté l’écriture pour vivre véritablement, il me semble que ce qu’on dit vraiment, c’est « il faut mettre de côté un pan entier de la vie » car seulement quelqu’un pour qui l’écriture est sacrée peut dire cela. Une personne qui, cessant d’écrire se sent vivre, c’est aussi quelqu’un qui ne peut vivre sans écrire/créer.

en/vol

par catr @, lundi 23 octobre 2017, 20:07 (il y a 25 jours) @ François

..je suis à me dire que... écrire — aspect-corps-état de créativité agissant et actant au sein de la personne — nécessite de grands apports en nutriments ..vifs.. // je ne me souviens pas qui a dit "Il faut vivre beaucoup pour écrire un peu" // c'est peut-être là que réside la clé d'un énigmatique enthousiasme et d'une férocité joyeuse — quel mariage... pardon je pense tout haut

en/vol

par François, mardi 24 octobre 2017, 00:48 (il y a 25 jours) @ catr

C’est vrai, je le comprends tout à fait, écrire brûle des forces vives, pourtant les forces vives poussent peut-être plus belles avec un peu de cendre, et l’arbre est sans doute mieux ramifié après quelques tailles et entailles. Écrire peut-il se faire contre la vie, ou à son détriment ? Pas écrire en soi, mais sans doute dans notre façon d’appréhender l’écrire. J’essaye en tous les cas de m’en convaincre.
J’imagine que tout est affaire d’équilibre, un peu de cendre, d’eau, de soleil, et la vie la terre.

(en/vol)

par catr, dimanche 12 novembre 2017, 17:07 (il y a 5 jours) @ catr

Oho! ..et mes doigts auront fourché

[ à l'Autre de ton Je ]

par sobac @, samedi 07 octobre 2017, 13:56 (il y a 41 jours) @ catr

le jeu se perd dans les dédales du JE
l'autre à le ton mais pas le temps

[ à l'Autre de ton Je ]

par Catr, samedi 07 octobre 2017, 19:02 (il y a 41 jours) @ sobac

... Hm..a/symphonies ou multisymphonique, les volumes obligent ;)

Mais ..ne m'oblige pas/plus Ta langue.
Je parle TransAtlantique

Merci.
(Ai-je compris de travers ?)

[ à être ]

par catr, lundi 09 octobre 2017, 00:05 (il y a 40 jours) @ catr

espace ou aspect — rien,
Rien de ce que tu n'es pas
ne peut te devenir
Ainsi la flèche te révèle
le désir sa nature

profonde et cible son geste traduit
la trahison, si elle est, le mensonge s'il est,
Et parce que la claire transparence des eaux-songes te dira
Les immersions abyssales et
"parce qu'on ne peut voir dans le noir" L'illumination
naîtra à la part de ce que tu n'auras nourri
ni sustenter, la part cachée, la tache et l'Attachée
Idéative cette chaîne Son interminable descente
ancre Fleurie de durs polypes, éprise d'algues entre
Les doigts rigides et immémoriaux
coraux dont seuls tes os Entendraient encore le langage
si, ci-près de ton coeur la racine noire d'une Envie
n'avait permis l'égarement d'âme de ton âtre, astre toi
Feu d'étre

[ à être ]

par catr @, mardi 10 octobre 2017, 18:18 (il y a 38 jours) @ catr

« la haine n'est-elle pas l'amour le plus déçu ?»






nous n'avons pas voulu voir ni entendre —
avait poussé une chape dure sur nos pensées
dressée en hauts murs et plus aucun fruit n'advenait

au jardin clos des amours mortes mille cantos ne suffisent

à faire taire la chanson noire s'élevant du nid de fer

comme tu te dois de retirer chaque épine et une à une
— quel est le chant le plus véritable à ton être
plus fort que toi — plus fort, chante plus fort que la mort !

[ à être ]

par sobac @, mardi 10 octobre 2017, 20:07 (il y a 38 jours) @ catr

être entre le zist et le zest
l'humain est un fruit confus ( ou confit)
ébranlé par les incertitudes
à moins que ce soit la force de l'habitude,
car l'équivoque
a sa part de doutes
et le doute est fluctuant
comme un fluide indéfini

[ à être ]

par catr @, mardi 10 octobre 2017, 21:11 (il y a 38 jours) @ sobac

l'ébranlement... n'est jamais que le début

[ à être ]

par catr, mercredi 11 octobre 2017, 03:47 (il y a 38 jours) @ sobac

et le doute est fluctuant
comme un fluide indéfini


Hhh.. Beau

[ être ]

par catr @, samedi 21 octobre 2017, 22:37 (il y a 27 jours) @ catr

plus fort que la mort se livre la vie
à s'y livrer — à Elle,
vie, si forte et haute,
si féroce — tu vois au-devant
la plage
blanche
de chaque battement
et ton inaltérable vérité s'écrire








pour toi je disais rivage,
mais cette rive
— « sois cette terre,
et cette seule terre » — livre
et donne
cette terre d'où
vient ton premier respire

[ être ]

par catr @, dimanche 22 octobre 2017, 04:46 (il y a 27 jours) @ catr

ou — [MarcelineTéméraire joue dans le jardin]









«Toi, Sois Toi. Sois cette prime argile,
lis la génèse de t'exister. »


ainsi relies-tu ton corps à tes corps d'avant
et ainsi relis-tu ton corps issu des corps expérientiels
ton unique tissage de sang de fibres et de mémoires
mille millions de pensées et de questions dont tu es une des réponses
comme les corps issus de toi sont et seront des réponses










*













Marceline, assise à califourchon sur la branche basse d'un vieux chêne
tordu,balance en alternance ses jambes d'enfance. Ses bottines noires
sont crottées. Ses chaussettes dépareillées tracent des arcs de couleurs
barbouillées, barbouillées tout comme les vêtements courts et la frimousse.
Elle s'est encore éraflée le genou gauche, un peu de sang coule et sèche.

Marceline sifflotte un peu puis dit :
« .. toi, c'est laquelle des mères de toutes les mères qui ont fait ton corps,
qui la première, s'est refusée la joie ? »



[ avoir-être ]

par catr @, mardi 10 octobre 2017, 21:03 (il y a 38 jours) @ catr

une pierre taillée dort dans son ventre —
combien de pieds — poids et impactes des passages
montant descendant rue de la consolation les roses
éternellement grises festonnent les façades — rincées
d'averses qu'on ne sait plus si eau de mer ou nucléaire
— et au-devant desquelles les vivantes frémissent...








un matin plonger mon visage tout entier dans le visage enfin éclos de la rose que j'aie attendue
m'y cajoler les joues le front, le nez dans son coeur, l'embrasser, laper son eau — rire dire Bonjour ! à chacun, à tout !

grimper la rue les pavés dans la fine brume mêlée d'soleil — être — grimper la joie, grimper le matin
goûter la fleur en lui sucrant deux pétales, puis la menthe, le cèdre et
l'écrire dans mon corps être l'écrire dans mon coeur être — soi en tout lieu — vie







je ne touche pas la pierre, pas encore
elle dort dans sa chemise sale de papier froissé
sur le bois blond du plancher
j'ai posé dessus le fruit rond du platane
intact
comme la joie

[ avoir-être ]

par sobac @, mercredi 11 octobre 2017, 10:06 (il y a 38 jours) @ catr

entre le zist s'allonge la liste
et le zest parfois conteste
et si de temps en temps évasif
il nous reste le récif
afin de nous réconcilier avec la part de rêves
qui sommeille en nous
on sait alors
que la vie, si elle est indécise, est aussi récréative

et la question

par catr @, jeudi 12 octobre 2017, 17:57 (il y a 36 jours) @ sobac

jsais pas pourquoi, ça mfait malaise, suis loin d'être en accord avec le récréative de ta réponse....
à moins que tu ne veuilles dire "recréant du créatif"

peut-être qu'une personne grave te paraît-elle "frivole" ?
comment la profondeur d'un moment paraît-elle "si futile" à tes yeux ?

et la question

par sobac @, jeudi 12 octobre 2017, 20:12 (il y a 36 jours) @ catr

c'est une alternative entre mon post précèdent
car rien n'est tout blanc tout noir
j'aime aussi le futile le frivole, principe de contradiction humaine

être la parfois
être aussi souvent
être de mauvaise foi
être quelque fois l'instant

et la question

par catr @, mardi 17 octobre 2017, 08:24 (il y a 32 jours) @ sobac

ouioui soyez léger ! soyez frivole ! dissolvez-vous !

..ensuite peut-être ..tu deviens