6 fois six

par Claire, samedi 13 janvier 2018, 11:26 (il y a 587 jours)

si près du solstice d’hiver
cette nuit de silence dans la
maison et dans les arbres
intimes gardiens du mouvement, ne bougent.
la vie est une histoire verticale
peut-être on porte l’horizon.

6 fois six

par Claire, samedi 13 janvier 2018, 11:48 (il y a 587 jours) @ Claire

non, c’etait mieux le première version : « peut-être on attend l’horizon ».

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par sobac, samedi 13 janvier 2018, 12:21 (il y a 587 jours) @ Claire

oui attendre l'horizon est plus symbolique comme espoir, le porter serait une charge

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par le Rouge-gorge, samedi 13 janvier 2018, 14:01 (il y a 587 jours) @ sobac

J'aime les deux et je mettrais bien les deux dans ce court mais magnifique texte. l'attente oui, pour l'espoir, mais l'action de porter avec le sens commun mis au défit de soulever des montagnes de plus si loin qu'elles semblent inaccessibles, pour moi c'est encore plus poétique car teinté d'irrationnel, comme un appel, une exigence sourde.

Fraternellement à Claire et à Sobac.
Fabrice Selingant le Rouge-gorge

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par Périscope @, samedi 13 janvier 2018, 17:49 (il y a 587 jours) @ Claire

j'aime bien les deux derniers vers

polémiques

cette verticalité ?

connotée, mais comment échapper aux connotations dans l'écriture

et à plus forte raison celle du lecteur

le mot renvoie toujours ailleurs

c'est pour cela peut-être qu'on les écrit

il n'y aurait alors que des interprétations

mais cette liberté est tragique

source ou foyer de mal-entendus...

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par Claire, dimanche 14 janvier 2018, 22:23 (il y a 586 jours) @ Périscope

en fait, si je me souviens bien, j’ai glissé des arbres et leur relation essentielle à la gravité, à l’eau, son cycle et son « consentement » à l’horizontalité.

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par Périscope @, lundi 15 janvier 2018, 09:09 (il y a 585 jours) @ Claire

c'est vrai l'arbre allie la verticalité et un horizontal reflété, mouvant, un solide

que rend ludique le liquide,

cette image du reflet horizontal de l'arbre peut être une métaphore de notre condition, notre horizontalité brassée, chahutée, dématérialisée curieusement par les flux divers de la vie et sociétal, surtout aujourd'hui à l'ère du numérique.


ta vision de l'arbre et son "consentement" à l'horizontalité

ouvre une grande brèche de réflexion

merci

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par Claire, lundi 15 janvier 2018, 15:29 (il y a 585 jours) @ Périscope

Il y a beaucoup de métaphores de notre condition dans des images aussi naturelles que celles-ci. Et donc beaucoup d'interprétations possibles.

Je crois que si un poème sonne juste, c'est qu'il part aussi d'une réalité ressentie à moment donné avec une certaine intensité.
On était le 19 décembre, le vent avais complètement cessé dans la nuit, et j'étais touchée par ce temps très particulier d'équilibre obscur qu'est le solstice d'hiver : recueillement, froid, mort apparente, avant le renouveau (comme dit François). Un temps de rites sacrés dans toutes les civilisations.
Je venais de graver un bout de lino, et la gravure est un art très intéressant parce qu'on peut et même doit le pratiquer sans trop penser, en se laissant porter par le mouvement de la petite lame. on doit juste avoir quelque chose en tête.
Le résultat évoquait (de loin) un arbre, nos frères si éloignés, qui comme nous cherchent toujours à se tenir debout...tant qu'ils vivent.


Si je suis revenue à "attend" plutôt que "porte", que je voyais plus comme dans l'expression "porter un enfant" pour les femmes, c'est parce qu'il y avait quelque chose d'un peu idéalisant, héroïque, dans cette dernière formulation...aussi parce que c'est "attend qui est venu naturellement.

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par Claire, lundi 15 janvier 2018, 20:06 (il y a 585 jours) @ Claire

J’ai l’air de donner des leçons, désolée. C’est parce que je suis restée longtemps sans rien pouvoir écrire, je me demande ce qui, là, a fonctionné.

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par Périscope @, mercredi 17 janvier 2018, 12:19 (il y a 583 jours) @ Claire

6 mots par vers pour 6 vers

mais parfois il n'y a que 5 mots...

Est-ce que c'est toujours cette contrainte ?


Edward Bond a commencé ainsi à écrire ses premiers dialogues de théâtre :
que des répliques de 5 mots.

super stimulant

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par Claire, mercredi 17 janvier 2018, 12:48 (il y a 583 jours) @ Périscope

dans quels vers ne trouves-tu que 5 mots ? (les "l'" comptent pour un mot).

c'est une contrainte qui, pour moi en tout cas, installe un rythme particulier dans le poème, quelque chose qui ressemble à "l'horizontalité" dont il est question ici. Je ne sais pas du tout l'expliquer.

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par Périscope @, jeudi 18 janvier 2018, 09:58 (il y a 582 jours) @ Claire

Si le L compte alors c'est bon


c'est vrai que la contraction de la forme, haïku ou autres

permet d'infuser une densité dans les mots

les mots dans l'instant où celui qui les écrits contiennent une aura
qui souvent hélas s'affadit, s'étiole pour le lecteur

notre préoccupation d'auteur est donc de maintenir cette intensité
entre le jaillissement de l'écriture et le résultat final

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par Claire, mercredi 24 janvier 2018, 12:27 (il y a 576 jours) @ Périscope

oui, tu avais raison, j'ai corrigé celui-là et aussi les autres.