la baise

par loulou, samedi 19 mai 2018, 02:10 (il y a 60 jours)

On s'ennuie de tout sauf de changer d'occupations : ça, ça met beaucoup de temps, mais lorsqu'on y arrive il est vraiment trop tard. Il y a des gens qui changent d'amants comme d'occupations parce qu'ils s'ennuient vite : je suis de cette sorte. C'est un genre très partagé. Il n'y a je crois rien de plus à dire.

Ce n'est pas ce genre de considérations abstraites que vous êtes venus chercher mais : que je parle de baise. Eh bien oui. Il m'est arrivé à plusieurs reprises de baiser, ce n'est pas difficile, sauf la première fois où chacun mesure l'écart entre son imagination et la réalité de l'expression de son désir, de son plaisir. Il est parfois si grand qu'on ne trouve devant soi ni l'un, ni l'autre: seulement un corps nu dont on ne sait pas quoi faire. Bon. Cet écart généralement s'amenuise avec le temps. On se connait soi et on prend l'habitude, à grands traits, descatégories qu'on peut observer chez les autres. Tout est prétexte à exercer un oeil de naturaliste, je voudrais plus précisément dire d'ornithologue. Je suis supris évidemment lorsque je suis devant quelque chose d'un peu inédit, ce qui ne manque pas de m'enthousiasmer. Baiser c'est un peu comme le bavardage, on en fait ponctuellement le tour dans le détail, mais jamais dans sa généralité.

J'ai du mal à me détacher de ma pente naturelle: les considérations abstraites. Mais racontons plutôt des anecdotes un peu croustillantes. Toutes les histoires que vous allez lire sont vraies : seuls les prénoms ont été changés pour préserver les innocents.


La première fois que j'ai baisé c'était avec XSGHQ. C'était nul. On avait 15 ans. Dans une chambre d'hôtel. J'ai dit que je l'avais déjà fait, elle a bien vu que non. Je n'étais pas sûr d'y être: je sentais rien (la capote). Une fois que j'ai fait semblant d'avoir terminé (elle aussi, chacun en sa politesse après quelques vas et viens pas convaincus, mais quand même curieux, variété d'angles et de rythmes à explorer, commençant par les basiques, binaire, ternaire, à la rigueur 3/4, mais non c'est trop s'aventurer), son père, le père de XSGHQ a toqué à la chambre de l'hôtel où à vrai dire il logeait avec sa fille pour ce séjour parisien. On s'est rhabillés en vitesse: la capote dans la poche, une chaussette aussi (je devais les y retrouver ensemble plus tard, y plongeant une main inadvertante), et je vis débarquer ce grand, gros polonais rouge, jovial (elle était polonaise), tenant une baguette à la main, s'avancer et me dire d'un air absolument RAVI, désignant la baguette: "C'EST LA PLUS GROSSE DE TOUT PARIS!!!!"

Ma vie sexuelle commença comme un roman, ne dépareillant pas avec le reste de mon existence que je vous conterai peut-être un jour.

MA RElation avec XSGHQ se finit mollement. Le lendemain on était déjà amoureux, et trois heures plus tard j'avais mal à la bouche à force de l'embrasser. Lorsque je la vis monter dans le métro qui devait nous séparer à jamais (son avion du lendemain la ramenant à sa terre natale), je fus un peu soulagé. Je retrouvais avec curiosité mon lit d'ancien puceau (puisque c'était là le grand évènement, la pierre blanche), pensant à cela sans trop savoir qu'en penser. Une curiosité tout au plus. Suite à ça, je ne me masturbais pas pendant 15 jours tant le désir m'avait quitté, ce qui était, à cette période de ma vie, une vraie prouesse, enfin quelque chose de tout à fait significatif.

Je devais y revenir un certian temps après, y revenir concrètement je veux dire, mais là encore je ne me laissais pas d'aller à la perplexité. c'était avec QHJBA. C'était très différent. elle voulait... eh bien... que ce soit plus... et toujours et volontiers plus. Et moi je n'avais jamais vu ça évidemment puisque c'était la deuxième fois et je ne savais même pas qu'on pouvait être comme ça sans faire mine de s'en excuser (j'ai longtemps été très sainte-nitouche en fait). Mais j'avais trouvé ça vraiment très intéressant. jJe trouve toujours ça intéressant, la diversité de l'expression du désir, même lorsqu'il n'y a rien de particulier, c'est là qu'une particularité réside, comment chacun est dans son corps, comment il le manie comme on enfile une paire de chaussures, comment est-ce qu'on s'embarasse de ce vêtement bizarre de l'autre qui vous colle un moment... enfin avant ça avec QHJBA il y eut QHQHQ mais je n'en avais pas eu envie. Je n'aurais pas su dire pourquoi. Pas envie jusqu'au moment où je m'y suis résolu, mais c'est alorsqu'elle ne voulait plus: miroir aux alouettes.

Je ne me suis pas préservé, comme dirait quelqu'un de ma connaissance. Je ne le regrette pas. Je n'ai pas regretté une seule fois, même les fois nulles. La curiosité était trop forte. Je crois que c'est ma façon d'être pervers. Les garçons ne regrettent pas trop,de toute façon, il parait. Ca fait toujours un ensemble d'anecdotes, que de toute façon je ne raconte guère, mais puisque vous êtes là.

La suite au prochain numéro où il y aura des descriptions de scènes de fesse.

la baise, suite

par loulou, samedi 19 mai 2018, 02:11 (il y a 60 jours) @ loulou

AU BOUT D'UN MOMENT et assez rapidement quand même je fus introduit à une autre catégorie de baise: celles qui comptent. il ne s'agit pas de prouesses physiques mais de la personne avec qui on le fait. on auracompris. le zizi fait soudain la planche dans une eau sentimentale.. il vous vient parfois des choses, mon dieu, je ne les dirai pas, mais on se croirait dans un roman, ça a longtemps été mon problème.

Les débuts dont je parle furent un peu calamiteux, mais ce qui est très bien tout de suite ne peut que conduire rapidement à la déception. je préfère aller, peu importe le domaine relationnel, progressivement à la joie: on ne veut plus ensuite céder le terrain conquis, le pas gagné.

C'était la deuxième fois qu'on se voyait et j'étais chez elle, on devait y dormir. moi je me tourne de l'autre côté en essayant de coller le plus possible au rebord du lit, pour ne pas l'embarasser de ma présence, naivement. je sens progressivement quelque chose d'un peu chaud, humide contre ma nuque. je me fige. je ne sais pas si c'est elle ou... j'ose pas me retourner. je me dis: putain c'est le chat, mais je suis pas sûr. sans me retourner, je tends la main vers l'arrière pour tater un peu ce chat et le faire partir, mais je frole plutôt qu'un pelage, une joue. je reste toujours immobile. ce n'est pas que j'avais pas envie mais que c'était très important. je ne pouvais pas m'empêcher de me contempler.

3lle évidemment, pense que bah, non y'a pas moyen comme on dit aujourd'hui lol et sort du lit vexée, va au salon s'allumer une cigarette. je sors dix secondes plus tard et la vois avec son air triste, je lui dis: allez vient, on retourne se coucher, non sans tirer sur la cigarette d'abord parce que le papier de mes poumons c'est depuis longtemps du cancer. on se recouche donc, je la prends dans mes bras, on s'embrasse, un certain temps. arriver à la suite fut plus difficile. elle n'en avait pas nécessairement envie, en fait. c'est moi qui me disait que, bon, on est censé le faire, là. mon sens des convenances quoi ! j'avais des idées sur la façon dont il fallait s'y prendre en faisant à peu près la moyenne de mes expériences passées, ce qui ne convenait pas du tout. il y a en plus en renpensant quelque chose d'un peu caricatural: ces garçons timides qui lorsqu'ils viennent à la tendresse physique s'y prennent comme des manches, alternance de caresses molles et de gestes brusques, le désir qui cogne comme un pic-vert dansla poitrine. mais après cet incipit difficile, et je ne parle pas que de la baise, le roman. le roman intérieur et celui exteriorisé. la vie différente et plus palpable. l'amour.

Mais j'ai dit que je parlerai de baise. je me souviens d'une fois en particulier: j'avais pris de la kétamine et j'avais mangé trop de foie gras. la kétamine était frelatée: 40 de fièvre, ou quelque chose du genre, le chat qui fait pipi dans le lit, le chauffage qui ne marche pas, l'hiver, la mort.

Je me couchais brûlant et me blottis contre elle parce que j'avais froid mais il y a plusieurs façon de ce blottir et je compris un peu confusément que c'était celle ci. je pense que c'est parce que j'étais fiévreux que par communication métaphorique cela évoqua le désir dans ce contexte incongru. il faisait nuit noire dans la chambre et nous nous pressions de baisers brûlants. j'avais la fièvre aidant des hallucinations comme il fallait habiller ce noir épais de la pièce. ce n'est pas très intéressant à raconter en fait. mais c'était très bien. je ne me suis pas rendu compte une seconde de ce que je faisais. c'est ce qui m'a longtemps déplu à faire l'amour et que j'ai fini par perdre: me regarder faire, dès le début ou au bout d'un moment. avec une espèce de curiosité molle et passive. s'abstraire. se reculer du sentir mais pas pour mieux sentir. là c'était l'une des premières fois que je baisais sans jamais y penser: c'était très bien.

Je retrouvais cette sensation plus tard, dans des contextes différents, la drogue aidant par exemple. je vous le conseille. s'il y a quelque chose qui justifie lepénible à prendre de la drogue, ça dépend bien sûr lesquelles, c'est d'en même temps faire l'amour.

la baise, fin

par loulou, samedi 19 mai 2018, 02:12 (il y a 60 jours) @ loulou

JE VOUDRAIS PARLER UN PEU des baises nulles, mais il n'y a rien à en dire. à catégoriser aucune granularité particulière ne convient. c'est que je n'y pense jamais. c'est relatif à mon expérience. en fin de compte, ce n'est pas assez important. je sais que c'est un privilège.

Même lorsque c'est nul, que je n'ai pasenvie, j'aime me le mettre en scène, le faire, mais me moquer. sauf parfois, dans un contexte très particulier, ou l'on se force parceque..., et c'est comme continuer à manger alors qu'on a trop mangé, c'est comme être plein d'une matière qu'on ne veut pas, qui vous remplit, vous brule, le dégoût. mais ce n'était pas grave.

Je peux maintenant parler des fois où c'était bien. avec AZOJZÖ les premieres fois nous étions saouls de le faire: tout le temps. nous goûtions ensemble cette déraisonabilité: par exemple c'était parce qu'on était épuisés qu'on s'empressait de recommencer. bon.

Il y a ensuite les fois drôles. j'aurais plus d'anecdotes à raconter. NSSNK par exemple était poète en son genre me dit une fois que mon zizi dans elle c'était comme une fugue de bach. c'était bien de le faire ensemble, alors on l'a fait jusqu'au dégout, il faut quoi, 2 mois quand aime vraiment le faire ensemble mais qu'on ne s'aime pas.

Il y a eu des surprises. avec HSBLS j'avais tremblé. le lendemain je ne pensais plus qu'à elle. et le surlendemain. j'en rêvais. il n'y a pas eu de suite. c'est pour ça aussi. j'en rêve encore de temps en temps. on sous-estime trop l'intérêt qu'il y a à prendre son temps: je ne l'avais jamais autant fait. et là soudain... c'est comme ouvrir un livre au hasard qui se mettrait à parler de vous. y penser me rend tout de même un peu triste. ça m'est arrivé avec MJSI%M aussi, cette attente, mais c'était moins important; ça a rendu ça intéressant aussi mais d'une autre façon: toute cette poésie sans doute je dis ça ironiquement et puis l'alcool, je ne suis pas arrivé à bander. mais je la trouvais un peu vulgaire. de HSBLS je regrette de n'avoir pas eu l'occaison de tomber amoureux. cette petite mélancolie augurait de belles souffrances, qui font bien mal, qui font qu'on se sent bien, bien important, je ne veux jamais reculer devant un prétexte ni à la douleur ni à la joie, enfin je dis ça, puis je reste dans mon lit au lieu de sortir.

Mais ce que je préfère, en fin de compte, c'est quand ce n'est absolument pas prévu: avec quelqu'un qu'on ne connait que d'il y a quelques heures, on s'en va et le lendemain en milieu de matinée on n'est plus sûr si ça a eu ou non lieu. ça confère un intérêt à la banalité de la baise, de la conversation, lui donne une parenté avec les songes dissipés au réveil. l'oubli est une couleur qui va à beaucoup de choses. on a volontiers un rapport un peu sentimental avec sa sexualité, même lorsqu'il ne s'agit pas sur le moment de ça. on y retrouve peut-être, dans le rapport à soi, ce qu'on a pas voulu sur le moment "investir" - mais qui parle comme ça ? - peut-être simplement par convenance, par politesse envers l'autre. ou peut-être parce que c'est quelqu'un que l'on a connu, comme on dit chastement dans la bible. c'est bien de cela qu'il s'agit. on feuillette son petit album. les amis, les amours. je pourrais parler d'une vulnérabilité, etc., qui rend cette connaissance importante, significative, tous les clichés. je ne me sens jamais vulnérable dans ces circonstances, mais c'est aussi que je suis un garçon alors c'est plus facile. enfin j'en connais qui font des complications. je baise de façon casual. on sait bien que c'est souvent, avec quelqu'un, ce qu'il y a de plus intéressant, de plus marrant, de plus à faire, et puis c'est tout.

la baise, ensuite enfin

par loulou, samedi 19 mai 2018, 19:45 (il y a 60 jours) @ loulou

J’ai mis un certain temps avant d’aimer le faire. Pendant longtemps l’intérêt venait de la tendresse amoureuse ou d’une sorte de curiosité. Baiser était alors une sorte d’extension des câlins, des je t’aime, mais qui engage tout le corps, dans le premier cas, et une extension du bavardage, du temps qu’on veut perdre, du plaisir de la nouveauté, dans le second.

C'est avec XW!Z que j’ai découvert que baiser pouvait avoir un intérêt en soi. Elle avait quelques années de plus que mon âge et sous plusieurs aspects je faisais quelques années de moins que le mien. Initialement elle était un peu froide, elle aimait plutôt les hommes matures, ça lui convenait tout à fait: elle faisait « femme », et moi ce gamin! Mais je déployais des trésors d’éloquence, enfin c'est ce que je m'imaginais lol. XW!?Z m’a aidé à me déniaiser, j’en avais besoin. Cela dit elle a rapidement commencé à m’agacer et régulièrement. Elle avait un certain nombre d’opinions que je trouvais de la dernière bêtise mais surtout une façon de s’y tenir. Moi je cultivais mon côté petit con arrogant en lui apportant mes lumières. Et elle qui n’en voulait rien savoir une autre forme de condescendance relative à mon immaturité. Nous étions fait pour nous disputer. On le faisait très bien.

Deux-trois mois après notre rencontre on a pris une bière pas loin de chez moi. Elle me parlait de trucs… je la traitais plus ou moins de débile. On est allés chez moi, baisé en silence (mon père dormant dans la chambre d’à côté), puis le lendemain on s'est réveillés dans l’appartement vide, trop fatigués pour ça. Alors elle m'a fait jouir et elle m'a demandé de lui faire pareil. Moi absolument aucune envie, bien sûr, je voulais juste qu’elle s’en aille. Elle est partie furieuse. Puis quelques échanges d'insultes par sms, genre grand déballage. On ne s’est plus revus.

Je savais bien que je me comportais comme un sale con: ou le savais-je? Ce que j’aimais chez elle me semblait être des qualités de surface. La tendresse n’y perçait pas. Reste que je n'ai jamais culpabilisé. en cette matière, la mémoire est l'endroit le plus indulgent du monde.

Quand je raconte ces histoires je m’aperçois bien que leur détail n’a strictement aucune importance. Toutes ces expériences comme on dit semblent interchangeables les unes les autres voire avec celles des autres. Elles se ressemblent toutes d’être racontées un peu de la même manière: un début, des péripéties, une fin, et la fin véritable qui est le jugement qu’on y porte, la morale de l’histoire qu’on n’explicite pas forcément mais qui affleure de l’ensemble. on dit: voilà j’ai vécu ça, on sous-entend : j'en parle de cette façon parce que ça s'insère comme ça dans la petite narration de mon existence. Mais ces histoires se ressemblent toutes aussi d'être un peu vécues de la même façon. Dans ce genre là on relate des relations plutôt superficielles et il n'y a pas trente six mille façons de ne pas trop connaitre quelqu'un. Ce que traduit la différence des récits c'est la variété des caractères de chacun. Mais les expériences elles-mêmes sont assez impersonnelles. C'est un rapport à l'autre prédigéré. Une fois baisé il y a plusieurs options que tout le monde connait: recommencer, finir, ou autre chose. Chacun se sent tout à fait individuel en feuilletant son petit album de souvenirs alors qu'ils se distinguent à peine de tous les autres souvenirs du monde. Et puis il n'y a pas trente six mille façons de connaitre quelqu'un non plus. Mais je trouve plus de prix aux histoires d'amour.

Une vie c'est tel assemblage syncrétique de souvenirs et c'est tout. J'aime bien ce mot: syncrétique, parce qu'on y entend "crétin" ; vous pouvez imaginer comme je pouffe quand je dis "idiosyncratique". Ca non plus, cette crétinerie, ça ne m'est pas particulier.

la baise, finalement

par loulou, samedi 19 mai 2018, 22:21 (il y a 59 jours) @ loulou

je voudrais conclure définitivement ce récit en compilant quelques uns de mes rateaux les plus cuisants.

pendant longtemps je ne me suis pas pris de râteaux. pas seulement parce que j’étais super mignon, mais aussi parce que je n’essayais jamais. donc c’était facile de ne pas souffrir. j’attendais avec un air gentil qu’on veuille bien s’intéresser à moi. ça n'arrivait jamais assez souvent.

les choses ont commencé à se gâter à partir du moment où j’ai commencé à avoir l'esprit d'initiative. il faut bien en passer par là et c’est très bien de le faire. à ceux qui n’osent pas: vous avez tort. surtout la première fois c’est divin. il ne faut pas reculer devant ça. c’est plus intéressant que niquer x ou y parce qu’on est saoul.

la première fois que je me suis pris un râteau… bon je passe sur les rateaux symboliques du collège/lycée parce que ça ne compte pas vraiment.

la première fois n'a eu aucune importance. j’étais deg mais c’était passé le lendemain. je devais voir cette fille. j’avais pas dormi comme ça m‘arrive parfois. j’arrive avec toute la beauté de mes cernes, la peau verte comme la seine et on va prendre une bière devant, on s’allonge sur des transats, oui y’a ça à quai de la gare, il faisait très beau, bière blanche, tout parfait.

on parle donc, normalement je me casse au bout de deux heures parce que j’ai cours après, mais flemme d’y aller alors… mais au bout d’un moment elle me dit: tu ferais mieux d’y aller, je dis non non, sans penser à ce que ça sous-entend. en effet la fatigue aidant elle devait penser que je la regardais d'un drôle d’oeil. et donc. au moment de se séparer j’ai envie de la raccompagner un bout. elle sent le truc venir et me dit: non non ça va aller. et elle se casse fissa. la vache! je crois que j'en étais venu à faire des sous-entendus. je n'avais pas envie pourtant. ce que la fatigue vous fait.

mais bon, ça n’avait pas d’importance.

d’autres ? j’ai plus de mal à les trouver dans ma mémoire que les histoire où… c'est que je refoule.

de ce genre là, y’en a eu pas mal. une, j’ai oublié son nom. carrément je m’étais commencé à m’imaginer que j’étais amoureux d’elle. on avait passé ensemble une soirée absolument formidable. les points communs, le considérations sur l'existence, racontées en se regardant le fond de la pupille, les anecdotes sur l'enfance, tout. on avait acheté des bougies disposées autour de nous dans le parc. le vin, la fraîcheur du soir, ses jolis sourcils, jolis yeux, jolies joues, belle comme un coeur.

à un moment (mon coeur commençait à battre dans ma poitrine avec plus en plus d’insistance) je me décide plus ou moins à établir un contact physique lol. je la prends dans mes bras pour lui faire un câlin… là je me dis qu’il faudrait que je l’embrasse, et elle évidemment se dérobe et me dit avec un air désolé : « je suis pas sûre du genre de relation dont j’ai envie avec toi ».

c’est peu dire que j’ai accusé le coup. on s’est revus une fois suite à ça. politesse de ça part. c’était moins intéressant. j’étais moins enjoué… au moment de se séparer elle m’a fait la bise super vite genre pour pas que je recommence ces histoires d’établissement de contact physique. ça m’a vexé: je me suis dit c’est bon, je suis pas si con quand même! mais elle avait raison, après tout, on ne sait jamais (je ne parle pas de moi).

je m’en suis remis rapidement aussi. je me remets toujours de tout. mon humeur gouvernail qui revient à sa place. j’oublie tranquillement.

d’autres ? en fait, rien qui ne m'ait fait très mal. parce que ce genre de déconvenues implique une absence de relation. ça ne m’est jamais arrivé, de m’imaginer des choses pendant des semaines, des mois, tomber amoureux, puis me faire friendzoner. comment ils font ces gens pour avoir cette patience ?

la seule fois où ça m’a rendu vraiment triste, c’était avec … dont j’ai parlé plus haut. mais des petites déconvenues du genre que je viens de dire, il y en a eu des tonnes. dire qu’on a pas envie, c’est un art en soi. exercice où l’on apprécie pas forcément la subtilité. moi ma manière c’est de ne m’apercevoir de rien. et je fais généralement même pas exprès. ça n’arrive presque jamais, cela dit.

on peut résumer ces rateaux de cette façon:
moi : démonstrations relatives d'intérêt
autrui : non ça va aller
moi: ok (rentre chez moi tristou).


bon c'est pas très intéressant, salut

la baise, finalement

par Périscope @, lundi 21 mai 2018, 09:05 (il y a 58 jours) @ loulou

Document très instructif qui montre les "coulisses de l'exploit" .

la baise, finalement

par sobac @, mardi 22 mai 2018, 19:18 (il y a 57 jours) @ Périscope

la baise, finalement

par Périscope @, mercredi 23 mai 2018, 09:19 (il y a 56 jours) @ sobac

j'aime bien ta version, sobac, sur youtube

la baise, finalement

par seyne, vendredi 25 mai 2018, 09:58 (il y a 54 jours) @ loulou

j’ai bien aimé l’ensemble, encadré par ses deux premiers mots et sa dernière phrase, une sorte d’autoportrait tout en nuances, pas mal retenu, pas mal mélancolique, mais sincère on le sent.
Ça m’a fait penser à mes parents, leur génération, comme à des années-lumière, un autre monde.