pavillon de l’Aurore

par seyne, mardi 18 septembre 2018, 17:42 (il y a 306 jours)

peu à peu
le temps réel de la vie apparaît
et il dessine ses limites
le temps prends sa vraie forme,
on voit vers l’avant se dessiner la fin
on regarde aussi en arrière,
dans le corridor le long tunnel

aussi tu revois en vrai par hasard
les longues lumières, les rectangles d’eau opaque et là
avec son bassin à sec en forme de coquillage
- comme à sec l’eau de l’enfance
le pavillon de l’Aurore.

tout en haut de l’escalier il y a un homme qui dit
« soyez la bienvenue », mais la visite est en cours et peu importe
sur le rebord de l’ancienne enfance, revoir les arbres en cônes qui s’enfilent
vers les lointains les banlieues les forêts
la statue d’Hercule portant un petit enfant
les marches de l’escalier, larges et douces à la course
que tu avais oubliées
et de l’autre côté de l’allée
la partie des grands bois, le plumet blanc d’un jet d’eau.
où est ton corps de huit ans ?

et puis la même lumière
pour celui dont tu viens d’apprendre qu’il est mort
en mai (par un mail de sa femme,
que tu ne connaissais pas)
tu glisses vers une fin d’été lointaine, une prairie comme un drap
lourd humide et vert, un château encore
un corps et un visage, interrogés, de loin, encore un étang
et puis (bien plus tard) ce qui avait changé, ce qui n’avait pas changé dans ce visage dans ce corps
en quarante ans.

tu as sauté dans le tram et il t’a demandé : « on se reverra, hein ? »
tu as répondu oui mais

où sont ces corps, nos corps d’enfants, de vingt ans, de soixante
par quels trous de l’éventail passe ce qui passait
de nuit à nuit ?

pavillon de l’Aurore

par dh, mercredi 19 septembre 2018, 09:18 (il y a 306 jours) @ seyne

j'aime beaucoup, j'ai l'impression de te retrouver après cette série de textes d'après photo dans lesquels je n'avais pas vraiment réussi à rentrer.

pavillon de l’Aurore

par seyne, mercredi 19 septembre 2018, 12:04 (il y a 306 jours) @ dh

oui, je n'arrivais plus trop à écrire de la poésie ces derniers temps, alors que la prose c'était plus facile.
je m'interroge souvent sur cette question d'ailleurs : qu'est-ce qui permet ce déclic très particulier qui mène à l'écriture poétique ? C'est comme un état de retrait, il y a aussi un sentiment de liberté, quelque chose de centralement transgressif. En tout cas ça me manque beaucoup quand ça n'est pas là.

pavillon de l’Aurore

par Myrtille, mercredi 19 septembre 2018, 12:45 (il y a 306 jours) @ seyne

"C'est comme un état de retrait", je suis plus que d'accord.

Je rejoins aussi dh

pavillon de l’Aurore

par seyne, mercredi 19 septembre 2018, 15:09 (il y a 306 jours) @ Myrtille

oui, mais retrait de quoi ? parfois il me semble que c'est un retrait de la rationalité, et c'est dans ce sens-là que je parlais de transgression.
Les lois de la raison, les lois du langage, c'est comme si elles refluaient pour nous ouvrir les portes d'une autre perception.

pavillon de l’Aurore

par Florian, jeudi 20 septembre 2018, 09:33 (il y a 305 jours) @ seyne

Il va falloir arrêter avec l'idée de transgression de la rationalité. La poésie est une forme de rationalité exacerbée, certainement pas en retrait mais en avant comme une aura, quelque chose qui se détache du corps et pénètre le domaine du sensible et de la raison à la fois. L'inspiration est certes une transgression mais ce n'est pas une erreur de jugement portée sur le monde bien au contraire. Ce serait faire preuve d'un certain réalisme grégaire de la qualifier ainsi.

pavillon de l’Aurore

par seyne, jeudi 20 septembre 2018, 11:05 (il y a 305 jours) @ Florian

Oui, je suis assez d’accord avec ce que tu dis sauf que j’y mettrais plein de points d’interrogation...
quand je parlais de rationalité je parlais de la rationalité « commune ».
Mais parfois je me demande si quand j’écris de la poésie je ne me raconte pas de belles histoires.

"Il faut avoir une pensée penchée" Bruno Dumont

par seyne, vendredi 21 septembre 2018, 16:54 (il y a 304 jours) @ seyne

un entretien passionnant qui fait écho à tout ça :


il faut avoir une pensée penchée

"Il faut avoir une pensée penchée" Bruno Dumont

par Périscope @, vendredi 21 septembre 2018, 18:09 (il y a 303 jours) @ seyne

très intéressant en effet la pensée penchée

j'adhère

"Il faut avoir une pensée penchée" Bruno Dumont

par au phil de la vie, vendredi 21 septembre 2018, 19:21 (il y a 303 jours) @ Périscope

J'aurais penché pour le fait que tu y adhères, sans sourciller, s'il s'était agi de parier.

Pour ma part, je trouve cet entretien essentiellement intellectualisant, prétendant à "ce qui est", bourgeoisant et chiant aux possibles propice à filer la migraine, essentiellement.

"Il faut avoir une pensée penchée" Bruno Dumont

par Florian, vendredi 21 septembre 2018, 19:45 (il y a 303 jours) @ au phil de la vie

Je ne l'ai pas encore écouté mais il me semble que tu as tout à fait raison Kelig. C'est tout à fait le genre de position de ceux qui ont suffisamment d'argent pour qu'on ne redresse pas leur tête et leur pensée.

"Il faut avoir une pensée penchée" Bruno Dumont

par Florian, vendredi 21 septembre 2018, 19:53 (il y a 303 jours) @ Florian

J'ai vu un extrait de cette série nulle à chier et archi convenue hier. En effet j'ai vite zapé avant de chopper la migraine.

"Il faut avoir une pensée penchée" Bruno Dumont

par au phil de la vie, vendredi 21 septembre 2018, 20:27 (il y a 303 jours) @ Florian

Je n'ai pas vu ses films, dont "la vie de Jésus".

(par contre j'ai vu les démons de Jésus de Bernie Bonvoisin



)

le ciel descend

par seyne, vendredi 21 septembre 2018, 21:32 (il y a 303 jours) @ au phil de la vie

Lire ce genre de discours anti-élite sur un forum de poésie, de la part de gens qui bien entendu n’ont pas écouté l’entretien, c’est un signe des temps. Ça va avec les pouces bleus et les cœurs roses, avec les tweets tonitruants et les trumps menteurs, la désertification des échanges de ce forum.
Penser fatigue et c’est compliqué et plus encore essayer de comprendre ce que pensent et disent les autres. Et je suis fatiguée.

le ciel descend

par au phil de la vie, vendredi 21 septembre 2018, 21:44 (il y a 303 jours) @ seyne

Ecouté suffisamment, les deux tiers environ.
Pas vu d'élite.

le ciel descend

par au phil de la vie, vendredi 21 septembre 2018, 22:31 (il y a 303 jours) @ seyne

Et puis aussi tu as besoin qu'il y ait un responsable à la faible fréquentation de délivre, en désignant ce qui t'arrange et y projetant ce qui te deplait façon defouloir.
Voici une facilité de penser, s'il en est, dont tu as régulièrement fait preuve et continue.
Tu n'es pas seule à faire de la sorte, c'est commun, ici comme ailleurs.

le ciel descend

par seyne, dimanche 23 septembre 2018, 14:19 (il y a 302 jours) @ au phil de la vie

Je ne voyais pas un responsable, plutôt des choses qui convergent... delivre n’est pas le seul forum de poésie qui s’est désertifié ou a disparu.
Surtout c’était blessant : j’ai posté ce lien avec enthousiasme parce qu’il me semblait faire des échos très intéressants avec ce que venait de dire Florian et je suis tombée de haut. Et je ne peux pas ne pas prendre pour moi votre réaction...et ça fait réfléchir.


Mais bon, ça m’est sûrement arrivé aussi d’être blessante, en particulier avec toi.

le ciel descend

par au phil de la vie, dimanche 23 septembre 2018, 14:36 (il y a 302 jours) @ seyne

Pourquoi prendre pour toi ? Ma réaction n'est pas contre toi, mais vis-à-vis de l'émission, si un autre l'avait postée j'aurais répondu la même chose. Ma réponse est raide, j'aurais pu ne rien répondre aussi, mais pas autre chose.
D'ailleurs la plupart du temps les émissions sur France Culture m'insupportent.
Là en écoutant j'ai entendu une façon de concevoir un cinéma purement intellectualiste, et je n'aime pas. Qu'il y ait des idées, de l'intelligence, oui, mais le cinéma ce ne peut être que cela de façon abstraite, pour moi, sinon c'est ennuyeux et sonne faux. D'ailleurs pour la littérature c'est la même chose. On ne peut ne pas s'engager, mouiller le maillot.

le ciel descend

par seyne, dimanche 23 septembre 2018, 18:30 (il y a 301 jours) @ au phil de la vie

Mais Dumont est un cinéaste engagé, pourquoi crois-tu qu’il ne travaille qu’avec des acteurs non professionnels et qu’il est allé chercher p’tit Qinquin au dernier rang où il se cachait sans vouloir participer au casting, persuadé de n’attirer l'interêt de personne avec son bec de lièvre ? Sinon pour attaquer la façon dont le cinéma commercial nous invite à nous identifier à des êtres idéalisés et nous enferme dans un simili-monde où tout est simple et clair, fascinant et paralysant ?
Et qu’il ne tourne que dans le Pas de Calais où, comme il dit, les paysages et les gens sont « vrais » ? Et pourquoi ces personnages il les met aux prises avec l’étrange, les étrangers de la jungle de Calais et fait apparaître chez eux toutes sortes de choses qui existent aussi en nous.
C’est sûr que c’est pas un cinéaste engagé qui nous dit quoi penser et faire. C’est un autre engagement, et pour moi c’est le véritable art engagé. Qui nous interroge et nous fait regarder des êtres humains.

le ciel descend

par au phil de la vie, dimanche 23 septembre 2018, 19:23 (il y a 301 jours) @ seyne

Je ne connais pas, j'ai seulement écouté l'interview, et pas entièrement.
Pourquoi le fait-il ? Peut-être pour les raisons que tu donnes, peut-être par snobisme.
La façon dont il décrit les personnages comme des objets conceptuels, on dirait qu'il a des choses de la vie à nous enseigner. Quelle est sa vie alors ? Et ses idées, elles sont neutres ? Et surtout, cette prétention à "ce qui est" (donc le reste n'est pas ?)
Le film "ma loute" a été tourné avec Luchini et Juliette Binoche...
Peut-être que j'ai tort, en tous cas j'ai de plus en plus de mal avec le cinéma des ces dernières années, le cinéma français en premier lieu. Il me semble principalement fonctionner dans un entre soi.
Au cours de l'interview il y aussi des séquences qui m'ont fait bondir. Toujours cette propension indécente à détenir la connaissance de l'humain. Un peu d'humilité ne lui ferait pas de mal c'est sûr.
Et sinon, un bec de lièvre aussi aussi peut être fascinant (je sais que cette notion de fascination te travaille beaucoup.)

le ciel descend

par au phil de la vie, dimanche 23 septembre 2018, 19:56 (il y a 301 jours) @ au phil de la vie

Et pour t'apporter une contradiction, les films de Ken Loach, par exemple, je n'en ai pas vu beaucoup, sont des films engagés qui montrent les humains tels qu'ils sont.
Ils ne disent pas quoi penser et faire, mais du moins ils peuvent procurer un certain plaisir, une consolation, aux laissés pour compte, à ceux qui connaissent des galères et parfois s'y reconnaissent.
Heureusement qu'il existe ce genre de cinéma, dommage qu'il y en ait trop peu.
En France les films de Guédiguian sont malheureusement plus faibles.
La neutralité d'idée dans le cinéma, c'est comme dans le journalisme, elle n'existe pas. Les journalistes de la tv et autres lorsqu'ils prétendent être objectifs et neutres mentent.

le ciel descend

par seyne, dimanche 23 septembre 2018, 20:02 (il y a 301 jours) @ au phil de la vie

mais bien sûr Ken Loach est un très grand cinéaste engagé, et il montre ce qui se passe. Ça n'empêche pas la démarche tout aussi sincère et engagée de Dumont, qui bouscule peut-être plus notre rationalité par des positions artistiques plus exploratrices.

le ciel descend

par au phil de la vie, dimanche 23 septembre 2018, 20:04 (il y a 301 jours) @ seyne

bon j'essayerai d'en voir un, à l'occasion.

le ciel descend

par seyne, dimanche 23 septembre 2018, 20:16 (il y a 301 jours) @ au phil de la vie

Moi je suis en train de lire « Sheppard Lee » :)

le ciel descend

par seyne, dimanche 23 septembre 2018, 20:26 (il y a 301 jours) @ au phil de la vie

...juste un écho à la discussion : « Le procès » de Kafka et « Ubu Roi » me semblent des œuvres « engagées » à leur manière.

le ciel descend

par au phil de la vie, dimanche 23 septembre 2018, 20:35 (il y a 301 jours) @ seyne

le ciel descend

par seyne, dimanche 23 septembre 2018, 19:58 (il y a 301 jours) @ au phil de la vie

Oui, il a aussi tourné Camille Claudel avec Juliette Binoche. Je n’ai pas vu tous ses films, loin de là. Ce que je sais c’est que la force des impressions vécues dans le Nord, le Pas de Calais, donne à ses artistes quelque chose qui est aux antipodes du snobisme...une attention passionnée à la différence, au réel, à la folie aussi et à l’ambiguité du bien et du mal. Il est dans la droite ligne de tout ça.

le ciel descend

par au phil de la vie, dimanche 23 septembre 2018, 20:02 (il y a 301 jours) @ seyne

Peut-être... Mais ne pas trop forcer sur les ambigüités quand même, on sait où ça mène.

le ciel descend

par seyne, dimanche 23 septembre 2018, 20:06 (il y a 301 jours) @ au phil de la vie

bon, je ne vais pas répéter moins bien que lui ce qu’il dit dans l’entretien de l’importance « d’être moral » et de la nécessité pour y parvenir de voir lucidement en soi tout ce qui nous pousse ailleurs.

le ciel descend

par au phil de la vie, dimanche 23 septembre 2018, 20:09 (il y a 301 jours) @ seyne

tu le dis plus simplement au moins.

porcherie

par Florian, dimanche 23 septembre 2018, 22:41 (il y a 301 jours) @ seyne

du réchauffé claire. l'extrait que j'ai vu ne valait rien. le simili art atteint son comble quand il réchauffe la pensée classique passée pour la dix millième fois sous l'oeil d'une pseudo modernité parfaitement porcine. du nouveau que diable !

porcherie

par Florian, dimanche 23 septembre 2018, 22:59 (il y a 301 jours) @ Florian

Je précise : l'extrait que j'ai vu montrait un handicapé mental se cognant la tête à répétition contre des murs et s'écroulant par terre à tout bout de champ. Ensuite son père qui jouait horriblement mal le plouc accompagné d'un gendarme tout aussi incompréhensible le raccompagnaient à la maison après avoir fait une cascade en voiture parodiant un film de James Bond.
Ce n'est pas du second degré, c'est bien clair, c'est quelque chose d'autre qui vise l'horrible. Un horrible qui ne peut pas être dépassé, sublimé. Ce n'est même pas de la violence gratuite, ni une dénonciation de quoi que ce soit, ni un réalisme mordant ou cynique. Dans toutes les catégories que j'ai citées il y a d'excellents auteurs.

porcherie

par seyne, dimanche 23 septembre 2018, 23:30 (il y a 301 jours) @ Florian

c’est bien, tu as vu la première scène.


Hier, j’avais l’intention de m’éloigner un bon moment mais j’ai pensé que c’était faire ce que je dénonçais, et que j’allais essayer qu’on se comprenne. Je te propose de reprendre la discussion quand tu auras vu le film en entier et écouté l’entretien.
bonne nuit.

porcherie

par Florian, lundi 24 septembre 2018, 13:06 (il y a 301 jours) @ seyne

Ne te sens pas obligée d'accorder trop de crédit à tout ce que je dis...

porcherie

par au phil de la vie, lundi 24 septembre 2018, 19:58 (il y a 300 jours) @ seyne

En même temps, donner un lien comme ça à la débottée avec une longue émission de France Culture (véritable radio pèse-nerf pour les personnes comme moi évoluant en milieu populaire) longue comme un trajet d'rer, en échos à l'échange qu'il y a eu plus haut, lui-même déjà plutôt confus, il faut se creuser sacrément les méninges pour relier l'imbriglio au sujet, et surtout trouver le temps d'écouter entièrement, de visionner au moins un film, pour aboutir peut-être à un avis inverse... Où on trouve ce temps et cette disponibilité, au fait, même si on se disait pourquoi pas ?

Ce qui semble aller de soi pour l'un est parfois le contraire pour l'autre.


Voilà pourquoi je vous propose de vous cotiser par une cagnotte suffisante afin que je puisse me mettre à temps partiel.

porcherie

par seyne, lundi 24 septembre 2018, 20:20 (il y a 300 jours) @ au phil de la vie

Oui, je l’f’rai plus. Excusez-moi.

porcherie

par au phil de la vie, mardi 25 septembre 2018, 17:11 (il y a 299 jours) @ seyne

Bah un lien vers le film j'eus préféré :

https://www.arte.tv/fr/videos/075161-001-A/coincoin-et-les-z-inhumains-1-4/

C'est pas mal prenant, et intéressant, au fur à mesure, j'en suis à la partie 2.

porcherie

par sobac @, mardi 25 septembre 2018, 17:45 (il y a 299 jours) @ au phil de la vie

avec le bloc, la France vivra

porcherie

par seyne, mardi 25 septembre 2018, 18:28 (il y a 299 jours) @ sobac

Oui, Dumont en parle dans l’entretien, de ce parti qui ressemble au Front National.

porcherie

par au phil de la vie, mardi 25 septembre 2018, 19:52 (il y a 299 jours) @ sobac

Alors c'est ton idée de la France ça sobac ?

Je ne résiste pas au titre du sous fil à vous proposer un petit lien savoureux (bien que Gavalda ne me dise rien, littérature fade à l'écriture moyenne)...

Le corbeaux et le rossignol

https://www.dailymotion.com/video/xh0lvh

porcherie

par seyne, mardi 25 septembre 2018, 18:25 (il y a 299 jours) @ au phil de la vie

Oui, mais un lien avec le film n’aurait eu aucun sens après ce que disait Florian. Ceci dit j’avais vu les deux épisodes avant d’écouter l’entretien et c’est sûr que ça aide beaucoup à s’y intéresser et à comprendre de quoi parle Dumont. Si ça te plaît, il y a une première série : « P’tit Quinquin », tournée il y a plusieurs années avec les mêmes acteurs.

porcherie

par au phil de la vie, mardi 25 septembre 2018, 20:12 (il y a 299 jours) @ seyne

Je vais regarder celle commencée, puis peut-être j'essaierai de réécouter l'interview, pour essayer de comprendre le lien avec l'échange, que je n'ai pas très bien compris...
Je fais vraiment des efforts et ce n'est pas du tout nouveau, note-le stp cette fois :-)
Notamment car je suis lucide sur le fait que le manque de dialogue sur ce forum est parallèle avec l'extérieur, "dans la vie", et qu'on est bien obligé d'aller contre cette fatalité d'autisme, vers laquelle "on" cherche à nous orienter, je le pense, afin de mieux diviser et manipuler. Un être ayant perdu les repères étant à la merci. De n'importe quoi, voire du pire...
C'est quelque chose qui m'interpelle dans ce film d'ailleurs, cette perte de "communication" pour employer ce gros mot commun, perte de capacité à échanger en dialogues sensés, cette régression en fait...

porcherie

par seyne, mardi 25 septembre 2018, 20:24 (il y a 299 jours) @ au phil de la vie

oui, je vois que tu fais des efforts, j’en fais aussi, c’est toujours le même sillon de dialogue à tracer pour changer de trace, s’ouvrir des horizons étrangers :)

porcherie

par au phil de la vie, jeudi 27 septembre 2018, 22:53 (il y a 297 jours) @ seyne

J'ai finalement visionné la série.
Il y a des longueurs qui paraissent inutiles, souvent un manque de rythme, des passages où on décroche...
Mais il y a de l'idée, des idées même, des personnages intéressants, une trame, c'est relativement prenant.
C'est un cinéma qui demande des efforts, trop d'effort pour le regarder. J'ai dû insister et reprendre plusieurs fois. Dommage.
En deux fois moins long environ il y a matière à un bon film sans doute.
Bref, j'ai un avis assez mitigé. Mais je ne regrette pas d'avoir regardé quand même.
(Par contre pour l'interview ça ne me dit rien de réécouter.)

pavillon de l’Aurore

par sobac @, dimanche 23 septembre 2018, 20:23 (il y a 301 jours) @ seyne

Peu à peu disparaissent des corps, des lambeaux de vie
Et le squelette arbore sa blancheur mortuaire.
Que seront les lignes de la main devenues,
Quant au plus fort de leur succès, elles prédisaient.
Une vie d’aventure, sans la dictature féroce
De contraintes envahissantes, d’hystéries de l’ineptie.
Le moment alors prendra la pose, et le linceul son autarcie.

pavillon de l’Aurore

par seyne, mercredi 26 septembre 2018, 08:58 (il y a 299 jours) @ sobac

il est impressionnant ce poème et il épouse de très près ce que disait le mien. Le squelette et le linceul ajoutent une image glaciale et définitive. C’est très juste aussi ce que tu dis du rêve de vie aventureuse qu’on promène avec soi pendant longtemps dans un sentiment de futur illimité...c’est ça aussi qu’on perd peu à peu.
Je me demande toujours ce qu’on trouve une fois qu’on l’a perdu.

pavillon de l’Aurore

par sobac @, mercredi 26 septembre 2018, 10:11 (il y a 299 jours) @ seyne

Il n’y aura plus le repos sous les oliviers du midi,
La place sera dévouée aux absences de rires.
Même les cigales amies feront une trêve,
Idem les odeurs de farniente, et la sieste coquine.
Le soleil perdra de son plomb, de son aplomb.
Comme un signe de solidarité, ou de recueillement.
Et le vent d’habitude enclin aux galipettes, sera défaillant.

Peu à peu la source se tarira, la jouvence s’éclipsera,
Et les journées de labeur, ne rimeront plus avec sueur.
L’angélus de la cloche, comme le son a l’abandon,
Donnera au silence des émotions, à la mesure de la partition.
Sur la tour de garde, quelques rapaces de faction,
Lorgneront les corps en décomposition, synonyme de nutrition.
Le sol deviendra dur et craquera au gel annonciateur,
D’une ère ou toutes ces erreurs, ont brisée les cœurs.

Il n’y aura que des cendres, des pierres à fendre,
Et le temps complice de ce désastre, n’aura plus rien à vendre.
A la surface Des océans, monteront les Dieux de demain,
Les nouveaux maitres d’une terre réappropriée,
Ou les règles édictées, seront celles d’un respect partagé.
Afin de réinventer les principes d’égalité.
Unique solution pour perdurer tous ensemble,
Car l’histoire n’oublie rien , et souvent même se repete.

pavillon de l’Aurore

par dh, jeudi 27 septembre 2018, 08:53 (il y a 298 jours) @ sobac

lu en entier. j'aime bien.

pavillon de l’Aurore

par jfmoods @, mercredi 03 octobre 2018, 18:25 (il y a 291 jours) @ seyne

La thématique aquatique ("les rectangles d’eau opaque", "bassin à sec en forme de coquillage", "comme à sec l’eau de l’enfance", "le plumet blanc d’un jet d’eau", "un étang") irrigue le poème, imposant l'image fuyante du reflet et, avec elle, celle du temps qui s'en va (chosification : "le rebord de l’ancienne enfance", allégorie : "il dessine ses limites", verbes de perception : "on voit vers l’avant se dessiner la fin", "on regarde aussi en arrière", "tu revois en vrai par hasard / les longues lumières", métaphore : "le long tunnel", démonstratif : "celui dont tu viens d’apprendre qu’il est mort / en mai (par un mail de sa femme, / que tu ne connaissais pas)", questionnements obsédants : "où est ton corps de huit ans ?", "ce qui avait changé, ce qui n’avait pas changé dans ce visage dans ce corps / en quarante ans", "où sont ces corps, nos corps d’enfants, de vingt ans, de soixante / par quels trous de l’éventail passe ce qui passait / de nuit à nuit ?").

La vie vécue prend l'aspect d'une riche propriété (métaphore élective du titre agrémentée d'une majuscule : "le pavillon de l'Aurore", aspect seigneurial : "un château", image du majordome : "il y a un homme qui dit "soyez la bienvenue"") que notre mémoire intime nous invite à réinvestir ("la visite est en cours") aussi bien en horizontalité ("le corridor", "de l’autre côté de l’allée") qu'en verticalité ("tout en haut de l’escalier", "les marches de l’escalier") et dont les alentours immédiats ("les arbres en cônes qui s’enfilent / vers les lointains les banlieues les forêts", "la partie des grands bois") figurent le reste du monde, l'ailleurs incertain, les défis à relever.

Remonte alors à la surface l'épaisseur du temps vécu (verbe de mouvement : "tu glisses vers une fin d’été lointaine", comparaison : "une prairie comme un drap lourd humide et vert", discours direct figurant l'illumination amoureuse : "tu as sauté dans le tram et il t’a demandé : "on se reverra, hein ?" / tu as répondu oui").

Merci pour ce partage !

pavillon de l’Aurore

par seyne, vendredi 05 octobre 2018, 17:16 (il y a 289 jours) @ jfmoods

Je suis toujours éblouie de la façon dont tes analyses assez "techniques" (est-ce cela qu'on appelle une analyse sémantique ?) viennent dévoiler et enrichir les différentes significations qui s'entremêlent dans un poème. Mais je suis convaincue que la technique est au service chez toi d'une remarquable intuition.
Je suis aussi toujours troublée de la façon dont la description la plus factuelle de choses vécus "en vrai" peut prendre dans un poème un sens symbolique que tu décryptes ici. Ça fait deux magies qui se répondent.

Le "Pavillon de l'Aurore" se trouve dans le parc de Sceaux, où je suis allée par hasard le week-end du Patrimoine, avec l'espoir d'en visiter l'intérieur. Il était toujours fermé lorsqu'enfant je passais de longues après-midi avec mes cousines dans ce parc. Il y avait de l'eau dans son petit bassin, et des piécettes que nous avions pêchées un jour pour aller nous acheter des caramels.
Le poème est né de la confrontation de ces souvenirs avec la réalité actuelle, revue, l'homme en haut de l'escalier accueillant et filtrant les visiteurs.

C'est vrai que certains châteaux ont été importants pour moi, (j'ai écrit un poème qui disait : "châteaux parfaits, demeures qu'on ne possède pas")...dont celui dont il est question dans la deuxième partie du poème.

merci beaucoup.