Bon chien chasse de race

par seyne, samedi 10 novembre 2018, 11:39 (il y a 284 jours)

Les collectionneurs sont des gens souvent passionnants, quand ils vous parlent de leurs trouvailles, avec cet enthousiasme naïf qui les fait ressembler à de grands enfants.





C’est spécial d’être la dernière personne vivante de sa famille…je pensais à ça dans le train, en regardant à travers les vitres striées de gouttes le sombre paysage fuyant, la vallée, les forêts presque noires, cachées très bas par un brouillard épais. L’avantage bien sûr c’est qu’on n’est pas obligé de partager les héritages.
Papa était de la DDASS, grande famille où les héritages ne sont pas du genre monnayables. Et Maman fille unique bien entendu (on se demandait même comment elle avait fait pour naître, quand on voyait papy Gérard et mamie Lorraine). Ils n’avaient pas non plus réitéré l’erreur après m’avoir eu. Je n’étais pas très valorisant j’imagine.

C’était spécial aussi de revenir ici. Vous êtes peut-être allés au ski, vous avez adoré les grandes parois grises, le ciel bleu dur, les sapins et les rhododendrons dans la neige. Mais avant ça, vous avez traversé des longues vallées brunes, aplaties, bouchées. Des vallées sillonnées de poids lourds, avec des hypermarchés crades, des usines de la couleur des matériaux qu’elles fabriquent et des bancs de graviers. Des routes, des trains, des tunnels et des viaducs. Ma petite ville était dans une de ces vallées, et je m’étais dépêché de fuir dès que possible.
Mais là j’avais pas trop le choix. Un chômeur en fin de droits qui regarde les trottoirs comme une échéance possible ne dit pas non quand il hérite d’une maison. Dans la foulée, j’avais même presque trouvé un CDI de gardiennage. Alors j’étais dans ce train, retour au pays natal.

Je n’ai pas eu de mal à retrouver la maison, une baraque cubique qui n’avait pas changé, juste un peu plus grise et plus écaillée, le jardin en brousse, la rue toujours aussi déserte. Mamie y avait passé ses dernières années, après avoir enterré tous les autres ; j’étais revenu chaque fois pour les obsèques, les siennes aussi. Le notaire m’avait demandé si je voulais garder les meubles, et je m’étais dit « pourquoi pas, on va voir ». J’ai commencé à explorer la maison, farfouiller. Se retrouver face à tout ça c’était comme une plongée, mais pas vraiment nostalgique. Plutôt le genre semelles de plomb, qui ne vous arrange pas l’humeur.
Elle avait récupéré pas mal de meubles de ma mère, tout était encombré et presque tout inutile. J’ai trouvé les albums photos et je me suis assis dans la cuisine pour regarder le passé. Me revoir moi surtout : le petit gamin que j’étais au début, plutôt clown, rigolard, pas compliqué. Et puis au fil des années ça se gâtait : visage trop blanc, regard torve. Et l’album s’arrêtait, comme l’avaient fait les rares repas de famille : quand papa s’est disputé avec mamie, ça a été fini et les photos aussi. Il n’y avait plus rien à immortaliser.

J’ai passé l’automne à fouiller méthodiquement, évacuer ce qui ne servirait jamais. Je ne faisais pas de projet de déco, ce n’est pas mon genre. Je regardais dans tous les coins comme si j’avais oublié quelque chose, j’ai trouvé pas mal de petits repères cachés.
Par exemple il y avait un tissu très sec punaisé derrière une des armoires, qui faisait comme un ventre. Rien qu’en glissant le doigt j’ai pu le déchirer et accéder au secret du meuble. Des liasses de papier craquant et sale, des lettres avec leur enveloppe, des pages de journaux, des photos au bord dentelé portant des sourires fixes et des raies sur le côté. Tout ça sentait la France des années soixante, les coiffeurs pour homme en blouse blanche, les jupes droites au-dessous du genou, bref, la préhistoire. C'est mamie Lorraine qui les avait cachées là, mamie Lorraine aimait beaucoup cacher des choses. Mais il faut dire que si Mamie Lorraine aimait cacher, papy Gérard aimait voler. Et quand on est facteur pendant 30 ans, on en a largement l'occasion.
Des liasses de vieux mandats que j'avais retrouvés entre les spires du canapé et le tissu vert, luisant aux angles. Soustraits par pure méchanceté à des gens un peu perdus, j’imagine. Et rarement, pour ne pas éveiller les soupçons.
Il y avait des petits colis, ficelle et papier kraft, des cadeaux naïfs, ouverts puis refermés, planqués dans la cheminée désaffectée, ou dans le four de la vieille cuisinière du sous-sol. Et puis les lettres, toutes adressées à des gens différents, cachet de la poste faisant foi. Ouvertes aussi bien sûr.

La série intéressante (il n'y avait qu'une vraie série) était un échange entre Melle Martine Loriot, 5 route de Verras et Monsieur François Rossi, 18 rue Gambetta. Je m'attendais à des lettres d'amour un peu salées, mais ce n'était pas ça.
Mes grands-parents étaient des pros, ils ouvraient avec soin toutes les lettres, à la vapeur sûrement, en recopiaient certaines puis les distribuaient à leur destinataire, mais ils en gardaient d’autres. Ainsi on avait toute la suite, on devinait l’histoire. Melle Martine était une maligne, elle faisait chanter un prof de piano qui avait eu la mauvaise idée de lui poser la main sur la cuisse (ou plus loin, ou pire ? – elle parlait d’outrages) un soir de leçon particulière. Un petit chantage, pour quelques dizaines de francs à chaque fois. Les deux derniers envois avaient été retenus par mon couple d'ancêtres : il y avait encore les beaux billets périmés, qu'ils s'étaient bien gardés d'utiliser - des billets magiques, des fétiches, des prises de guerre. Les lettres étaient savamment ponctionnées, histoire de faire monter la sauce. La Martine s'énervait, le prof bredouillait qu'il avait payé, on sentait l'adrénaline qui suintait des mots hachés, du stylo baveux, des points d'exclamation. La dernière était très courte, griffonnée, menaçante.

(À suivre)

Bon chien chasse de race (suite)

par seyne, dimanche 11 novembre 2018, 00:25 (il y a 283 jours) @ seyne

Tout d'un coup, la lettre à la main, j’ai senti monter une jubilation - et un vieille nausée : j’avais peut-être résolu le mystère de la femme coupée en morceaux, de cette fausse blonde dont des lambeaux avaient refait surface, à moitié putréfiés, sur les berges du petit canal qui était notre terrain de jeux préféré à l’époque.
Et puis j’ai pensé aussi à la disparition de la libraire, qu’on n’a jamais retrouvée. Les adultes en parlaient. On n’avait jamais fait le lien, on était trop petits.
Alors, tout m’est revenu de cet automne-là…comment avais-je pu oublier cette histoire ? Les images ont surgi, précises et muettes, comme un film en super 8.

Le premier morceau (un doigt coupé à la base) avait été trouvé par mon copain Etienne - je crois qu'on était en CM1 - dans la vase. Nous étions fascinés par l'écaille de vernis rose qui restait sur l'ongle, pourtant presque décollé. Je ne me souviens plus bien de ce qu’on s’est dit, ni pourquoi on s’est tu. L’idée que ce doigt était un vrai doigt, qu’il avait été coupé à une vraie femme, c’était difficile à croire et pourtant c’était sûr. Du coup il était vrai et pas vrai. Je retrouve ce sentiment excitant d’atrocité, de mal obscur et menaçant : était-elle vivante quand on le lui avait coupé ? Est-ce qu’elle était toujours vivante et cherchait partout son doigt ? Ou bien c’était un meurtre, elle s’était fait tuer et le tueur lui avait coupé le doigt après. Peut-être pour prendre une bague comme dans les films ? Où était son corps alors ? A quoi elle ressemblait, c’était surtout ça : quel visage allait avec ce doigt ? J’ai commencé à rêver, des cauchemars toujours les mêmes, elle marchait devant moi, je voyais sa main à quatre doigts, et puis elle se retournait et je me réveillais. Je savait qu’elle allait me demander son doigt, mais je me réveillais.

On l'a mis dans un pot de confiture rempli d'essence, et planqué dans l’appentis chez Etienne. Après, on s'est mis à chercher tous les jours en sortant de l’école, une espèce de folie, sans pouvoir s'en empêcher, arrivant en retard à la maison, les godasses humides - et on en a trouvé plein. On connaissait l'endroit où ils s'échouaient en général, sous les branchages, dans un coude peu profond, avec les voitures qui passaient sur la route juste à côté. On n'a pas pu garder le secret tout à fait, et finalement nous étions quatre à chercher. Mais bizarrement, le cercle ne s’est pas élargi, on est restés les quatre avec ça, on n’a plus parlé à personne.
Au fur et à mesure on mettait les morceaux dans l'essence ; il a fallu un plus grand récipient....Puis on en a eu un chacun, avec chacun ses trophées. Ça brunissait, ça se racornissait, mais ça cessait de pourrir.
Il y a eu le nez, une grande lèvre que j'avais trouvée sous une feuille de platane, très blanche avec ses poils comme dessinés en fines lignes noires, assez semblable à un poisson mort ; une demi-main coupée au milieu, sans les doigts (Etienne encore, qui resta en arrêt un long moment devant les cordages des tendons et les lignes sur la paume blême), et deux orteils (séparément), puis une mèche de cheveux jaunes avec son élastique bruni, et pas mal d’autres moins remarquables. Des morceaux de peau et de chair, on voyait les pores. Peut-être il y avait des morceaux d’autres choses dans notre butin, qu’on avait confondus. Le dernier fut un os soigneusement désarticulé, jauni, qu'on avait retrouvé à demi-enfoui dans la vase. Celui-là on l'a mis à sécher, et puis on est allés regarder dans les livres, c’était un radius…
Le morceau de grande lèvre surtout nous a posé un problème, on a cru que c’était du cuir chevelu, on a imaginé que c’était un morceau de la tête d’un bébé, on avait envie de vomir…mais finalement on a compris.
En tout cas, on était sûrs qu’elle était morte.

Et puis plus rien. Le découpeur en avait eu marre d'envoyer ses petits messages au vide, il avait dû enfouir le reste dans un endroit bien choisi. On a oublié, ou presque. Personne n'a parlé aux adultes, c'était trop horrible, qu'est-ce qu'on nous aurait fait ?

Les bocaux sont restés dans les cachettes qu’on avait trouvées, chacun chez soi ; et puis c’était l’hiver, on a cessé d’aller les regarder. Je me souviens maintenant où j’avais mis le mien, dans cette même maison, dans la cabane au fond du jardin.
J’ai vu en arrivant que la cabane s’est effondrée depuis, un grand tas de planches pourries et de terre, je n’ai aucune envie d’aller fouiller là-dedans. Mais je suppose qu’il y est encore, rempli de vide sec et de vestiges indescriptibles, je l’avais très bien emballé… J’ai continué à me souvenir.



(À suivre)

Bon chien chasse de race (fin)

par seyne, dimanche 11 novembre 2018, 10:00 (il y a 283 jours) @ seyne

Les rêves ont changé de forme, j’avais entendu des histoires de la dame blanche, alors elle était habillée de voiles et elle apparaissait. Dans le rêve il y avait un sentiment de malheur sans remède, pour elle, pour moi. Ou bien c’était des rêves où on tuait des femmes derrière la maison. Jamais personne n’en a entendu parler, de ces rêves, pourtant j’en faisais presque toutes les nuits à un moment. C’était une sale époque. Les parents ne se parlaient pratiquement plus, jusqu’au jour où Papa est parti…pour revenir deux mois plus tard, mais c’était pire encore après. Maman sortait avec ses copines, je restais souvent seul le soir à regarder des idioties à la télé jusqu’à ce que je m’endorme dans le canapé. Je ne travaillais pratiquement plus. Et je n’avais pas envie non plus d’aller chez Papy et Mamie, je ne les avais jamais aimé, sans savoir bien pourquoi. Ils calculaient tout. Et ils ne m’aimaient pas non plus.

Les copains et moi on a suivi chacun son itinéraire. On a cessé de se voir, on n’était plus dans la même classe et on s’évitait. Le peu d’énergie que je mettais au travail, de plus en plus je l’ai consacré à frauder. Parce que c’était un peu comme un jeu ? Je ne sais pas, j’en avais envie. Les anti-sèches, les savants gommages et réécritures sur le carnet de notes, les fausses signatures des parents, le cahier qu’on a oublié, les devoirs dissimulés, le pompage sur le voisin. Toutes ces stratégies n’ont bientôt eu aucun secret pour moi, et à ma façon je suis devenu un virtuose. Bien entendu cette virtuosité a eu ses limites et du coup ma scolarité aussi. L’idée d’apprendre et de réciter me bloquait l’estomac, les exercices dans les cahiers pleins de lignes, et de marges rouges, écouter la maîtresse, c’était devenu une torture, un dégoût. Mais quel plaisir de trouver le joint, la stratégie, le bricolage secret, le risque d’être pris, et même la colère qui s’abat, le regard méchant des adultes quand ils ont été les plus malins, qu’ils sont sûrs. Leur façon de me regarder, elle ne changeait plus après.

Etienne a redoublé, et moi je faisais du foot, je n’avais plus envie de courir les rues. Chaque fois que je croisais les autres, je repensais à ces morceaux, à la vase sous l’eau grise, à la femme qu’on n’avait jamais vue en entier, à leur façon de chercher accroupis ou pliés en deux, à l’excitation quand on avait trouvé, et leurs visages me semblaient comme des rats. Un an plus tard Guy a eu un accident de vélo, il est carrément passé sous un poids lourd. Pas besoin de découpeur pour lui j’ai pensé quand on m’a raconté la scène. Et Etienne, lui, c’est l’alcool qui l’a eu bien plus tard : dès la puberté, dès qu’il a eu accès à un peu d’argent, il n’avait plus qu’une idée, se saouler. Je n’ai jamais vu un ivrogne si jeune, la peau rouge, les yeux plissés. Ça m’étonnerait qu’il ait fait de vieux os. Philippe, lui, il a changé d’école parce que ses parents avaient déménagé. On ne le voyait plus jamais, ou seulement de loin au hasard d’un magasin. C’est sans doute parce que ses parents étaient riches qu’il a continué à bien travailler et qu’il est devenu agent immobilier, bonne situation, etc. Mais les agents immobiliers, c’est souvent des truqueurs, non ? Et lui non plus il n’avait rien dit à ses parents.
Je crois que c’est l’entrée au collège qui m’a fait oublier tout ça. J’ai vraiment complètement oublié, il a fallu cette lettre pour que les souvenirs reviennent. Il y avait des intérêts différents : les filles, trouver de l’argent.


J’ai passé la soirée à lire les lettres - les autres, sans cesser de penser à Martine et son prof, à mes copains, me rappeler comment ils étaient. Assis sur le canapé avec sa grande déchirure au milieu, je lisais distraitement, je réfléchissais sans m’en rendre compte. Je me sentais assez mal, comme s’il y avait quelque chose à faire qu’on n’avait pas fait, et qu’alors tout était resté suspendu et venimeux dans l’atmosphère de cet automne et de l’hiver suivant. Je pensais à la morte, les voiles de la dame blanche avaient disparu, et aussi le chagrin pour elle. Je la voyais comme une femme qui avait eu ce qu’elle méritait, une femme pleine de haine, on le sentait dans les lettres. Elle ne serait jamais allée porter plainte, bien sûr, les gendarmes étaient pas très accueillants à l’époque. Je revoyais la cabane, le bocal. J’ai du mal à me faire une idée sur le pianiste : il avait l’air très effrayé dans les lettres, mais la suite de l’histoire donne à réfléchir.
Et puis au fur et à mesure que la soirée s’avançait, j’ai commencé à penser autrement, et à me sentir mieux. Je me suis demandé si ce professeur de piano était toujours vivant, s’il habitait toujours rue Gambetta. Il faisait bien froid dehors mais j’ai quand même enfilé ma parka et je suis parti dans la nuit. En dix minutes j’étais dans la rue, rasant un peu les murs bien que l’absence totale de passants et les volets fermés rendent cela très inutile. Au numéro 18 c’était un autre nom sur la boîte. Je suis rentré, j’ai sorti le dernier annuaire. Un François Rossi était toujours en vie, il n’était pas sur liste rouge, il avait changé de quartier.

Il habite au centre ville maintenant, dans un immeuble d’allure prospère. Peut-être qu’il a fait un héritage ? Je me demande si mes intuitions sont justes. Je pourrais lui écrire une lettre, moi aussi.

Bon chien chasse de race (fin)

par sobac @, dimanche 11 novembre 2018, 10:20 (il y a 283 jours) @ seyne

faire ressurgir le passé, dans cette nouvelle je te sens nostalgique

j'ai apprécié

commémoration

par seyne, dimanche 11 novembre 2018, 11:05 (il y a 283 jours) @ sobac

puisqu’on parle d’émotion : je me prépare à partir au supermarché, j’écoute France Inter et on y parle des cloches qui partout en France doivent sonner à 11h comme il y a cent ans. Les cloches de Paris sonnent « dans le poste », alors j’ouvre ma porte-fenêtre et toutes les cloches d’ici sonnent aussi.
Les larmes me montent aux yeux et je mesure soudain à quel point je suis triste et inquiète de ce qui se passe dans le monde. Pendant très longtemps la même scène m’aurait plutôt fait ricaner ou laissée parfaitement indifférente.

commémoration

par sobac @, dimanche 11 novembre 2018, 13:37 (il y a 283 jours) @ seyne

c'est quand on vieillit , on se raccroche à des souvenirs, des gens que l'on a connu , des histoires entendues

commémoration

par seyne, dimanche 11 novembre 2018, 13:43 (il y a 283 jours) @ sobac

mais non. les cérémonies du 11 novembre ça n’a jamais rien signifié pour moi.
Tu écoutes un peu ce qui se passe dans le monde, et en Europe et en France en ce moment ?
Est-ce qu’on risque d’attendre un jour à nouveau des cloches de ce genre-là ?

commémoration

par tzara, dimanche 11 novembre 2018, 16:59 (il y a 282 jours) @ seyne

dimanche lourd couvercle sur le bouillonnement du sang
hebdomadaire poids accroupi sur ses muscles
tombé à l’intérieur de soi-même retrouvé
les cloches sonnent sans raison et nous aussi
sonnez cloches sans raison et nous aussi
nous nous réjouirons au bruit des chaînes
que nous ferons sonner en nous avec les cloches

commémoration

par au phil de la vie, dimanche 11 novembre 2018, 19:45 (il y a 282 jours) @ seyne

commémoration

par au phil de la vie, dimanche 11 novembre 2018, 22:50 (il y a 282 jours) @ au phil de la vie

commémoration

par et c'est pire ?, lundi 12 novembre 2018, 12:35 (il y a 282 jours) @ au phil de la vie

- pas de texte -

commémoration

par au phil de la vie, lundi 12 novembre 2018, 14:20 (il y a 282 jours) @ et c'est pire ?

Cliquez sur la citation d'Anatole France c'est un lien vers un documentaire qui vaut la peine d'être vu.

notes

par seyne, vendredi 16 novembre 2018, 10:55 (il y a 278 jours) @ seyne

A l'époque bénie où fleurissaient sur la toile des tas de sites et forums d'écriture, dont plusieurs de bonne qualité, je me suis mise à fréquenter "La zone", un site spécialisé dans les textes gore, obscènes et décadents, où le pire côtoyait le meilleur et où une bande de joyeux drilles maintenait une atmosphère très particulière et volontairement subversive. Le meilleur était souvent les commentaires.
J'ai longtemps lu sans intervenir, et puis je me suis décidée, sous un nouveau pseudo, avec l'idée que l'écriture doit être autant qu'on le peut un territoire d'assouplissement mental, et que ce lieu serait un bon terrain d'exercice. Essayez d'être quelqu'un d'autre que soi-même, sortir de son image et de ses thèmes habituels.
Cette nouvelle fait partie des textes que je n'y ai pas posté, parce que je me suis fâchée devant ce que je percevais comme une rigidité à l'envers : faut rigoler, dire des gros mots, ne jamais parler de choses un peu plus approfondies.

La version que je vous fais lire est une version "soft", mais je me demande si je n'aurais pas mieux fait de changer de pseudo, d'y aller à fond et de jouer les inconnus ? j'en ai des pires, je me demande si je vais les poster ici.

"La zone" existe toujours ou plutôt à nouveau, après une période de fermeture. C'est plus compliqué mais aussi plus subversif par les temps qui courent, mais même à l'époque ils avaient eu quelques ennuis, en particulier avec une série qui s'appelait : "Suicide mode d'emploi", et où ils avaient évité toute autocensure.

notes

par Périscope @, vendredi 16 novembre 2018, 19:27 (il y a 277 jours) @ seyne

ta version est en effet très soft

à cause peut-être du lexique et la composition des phrases qui reste très classique

on pourrait s'attendre à plus de décalage, ruptures, brisures, agrammaticalités,
de l'inachevé, du balbutiement... (la première époque de Guyotat...)

notes

par seyne, vendredi 16 novembre 2018, 21:07 (il y a 277 jours) @ Périscope

oui, je crois que je vais laisser tomber...il faudrait écrire un roman pour explorer les choses qui m’intéressent et je n’ai pas la motivation nécessaire.