un déchet du passé

par dh, lundi 19 novembre 2018, 12:53 (il y a 1985 jours)

poème psychotrope



reflets scintillations
la crasse on s'en accommode
on s'en fait une âme de pénitent
et les oiseaux déploient leur ailes
leur peau envahie de mycoses
je te dédie mes déceptions vénériennes
que l'oracle se cache dans son trou
nous n'avons plus besoin de mots sacrés
l'étable a brûlé dans une pâleur de cadavre
le peuple de l'opium n'a pas besoin de religion
les grandes contradictions qui nous sauvent
les horribles obligations de la vie
parousie ternaire de pourriture humide
tu descends sur nos esprits
comme la rouille étend sur le fer
l'empire de sa magnificence minérale
les cérémonies saintes dont tu rêvais
la graisse de sanglier brûlée en sacrifice
noir conciliabule noire coulure de pus blanc
fasse que nos mains tremblantes
jettent les nouveaux nés sur la dureté des troncs
puis trouvent en tâtonnant la serrure silencieuse
qui riait dans les palais de marbre et d'or
reflets scintillations
réfugié dans un coin obscur et calme
j'entends les dernières notes de théorbe
de derrière ma tête
habileté essentielle de doigts fins et longs
j'ai dans ma poche la correspondance
d'un illustre poète amoureux des ailleurs
et de l'azur et de l'infini
enfermé dans sa chambre
l'écriture chevauche les années
la technologie les catastrophes terrestres
avec l'excellence d'un maître artisan
qui construit des formes inutiles
reflets scintillations
réfugié dans un coin obscur
la ptyx perchée toutes griffes dehors
sur la machine à écrire remington
n'attends pas d'autres apparitions
te débats dans l'espérance morne
tomber enfin voir la faille
sur tout le visage rajeuni entouré
de fleurs maritales et romantiques
la mort comme base de travail
référence stable dans le courant
colonne d'aire au calme des jardins
bassin identique à la plainte
l'élégance de ne pas dire enfin
le soulagement de finir seul
sans parents à pleurer
il a crevé dira-t-on parce que
quelque chose continue dans les coulisses
spectre de sens émané
d'une maison mal insonorisée tous
les bruits comme des insectes titubent
dans les murs creux faits de carcasses
reflets scintillations
réfugié dans un coin obscur et solitaire
inhale bien la fumée future
c'est ton dire qui prends les formes
araignées dans leur toile de cristal
attends attends collationne les faits
simulacre de vie au chevet des morts
une belle sobriété de gris comme
les pierres tombales bientôt effacées
et le son d'un cor dans le lointain
reflets scintillations
le langage est la maison de l'être
l'être est la maison du langage
les murs sont faits de carcasses

18 mars 2013 à 12:00

un déchet du passé

par sobac @, lundi 19 novembre 2018, 13:35 (il y a 1985 jours) @ dh

allégorie du déchet, quid d'un passé ou réminiscence, l'histoire éternel recommencement

un déchet du passé

par dh, lundi 19 novembre 2018, 14:10 (il y a 1985 jours) @ sobac

mais non, sombre palmipède, ce texte n'a rien à voir avec l'éternel retour !

un déchet du passé

par Florian, lundi 19 novembre 2018, 14:30 (il y a 1985 jours) @ dh

un déchet du passé

par dh, lundi 19 novembre 2018, 14:42 (il y a 1985 jours) @ Florian

un déchet du passé

par sobac @, lundi 19 novembre 2018, 18:04 (il y a 1985 jours) @ dh

recommencement
mais explique moi

un déchet du passé

par Périscope @, vendredi 23 novembre 2018, 17:35 (il y a 1981 jours) @ sobac

ça devait pas aller trop bien à cette époque


le soleil noir de la mélancolie (mais chercher un synonyme aggravant)

un déchet du passé

par seyne, vendredi 23 novembre 2018, 18:46 (il y a 1981 jours) @ Périscope

la mélancolie au sens des psy c’est un état dépressif gravissime, juste au bord de la mort.

un déchet du passé

par seyne, vendredi 23 novembre 2018, 18:57 (il y a 1981 jours) @ dh

Il me semble l’avoir lu à l’époque...
il est formellement très beau, comme ces photos de fleurs en cours de flétrissement que j’avais vues à Arles une année. Ce qui était beau dans ces fleurs c’est qu’elles avaient chacune leur manière de se flétrir, leurs teintes étranges, leurs formes descendantes et épuisées, qu’on y voyait le temps et les conditions qu’elles avaient traversées, et aussi sur elles le travail du hasard.
Elles étaient uniques, infiniment plus qu’une fleur dans son plein épanouissement, qui montre plutôt la splendeur de l’accomplissement de son espèce, splendeur d’autant plus éclatante qu’elle est conforme au modèle génétique.

Et la beauté de ton poème porte quelque chose de ça, et aussi de ce que l’esprut humain peut investir et créer pour résister à l’hiver intérieur.

un déchet du passé

par dh, lundi 26 novembre 2018, 10:17 (il y a 1978 jours) @ seyne

merci pour ta lecture.

j'ai changé quelques petits détails pour la publication dans le recueil et ajouté des interlignes...