Après

par sobac @, mardi 21 mai 2019, 13:02 (il y a 124 jours)

Dans mille ans ou plus, que restera t’il des mots postés,
Sur un forum, ou se croisaient des pseudos hétéroclites.
Des commentaires avisés, et quelques piques acérées,
Témoignant de la vitalité de leur héros prosélytes.

Sûrement qu’au détour d’un recyclage de vieilleries,
D’astucieux bidouilleurs recréeront les mécanismes.
En riant à l’avance de nos trouvailles, et inepties,
Quand on confondait l’art de la prose, avec le truisme

Il nous fallait à cette époque, déjà accommoder l’humour,
Avec des textes, où les maux se mêlaient aux souffrances
Ou la douleur était palpable, mais l’ironie en couleur.
Tant nos toiles de maître avaient l’éphémère fragrance.

Bien sûr qu’il nous arrivait de rire de nous, aux éclats.
D’avoir ce brin de fantaisie, cultivé dans des pots
Dont le terreau rendait celle-ci, d’une saveur de ces brouhahas.
Aux vertus stimulantes, dans une ambiance d’à-propos.

Après nous, après eux, après le dernier souffle de vie.
Des mots rescapés germeront, à l’image de l’existence.
Les souvenirs resurgiront en grappes, de près, suivis,
Par l’ineffable harmonie, des diverses nuances.

Après

par seyne, mardi 21 mai 2019, 19:35 (il y a 124 jours) @ sobac

J’aime beaucoup ce poème où il y a à la fois ta liberté et un travail soutenu sur la forme qui en fait un bel objet un peu baroque, plein d’auto-dérision et de gravité à la fois.
Peut-être je me fais des idées mais je le vois aussi comme une réponse à ce que je te disais de la « responsabilité » qu’on prend quand on écrit de la poésie...en réfléchissant je me suis dit aussitôt que c’était valable pour tout ce qu’on fait : un gâteau au chocolat, élever un enfant, conduire une voiture, et travailler. Je me disais que c’est pour ça qu’on a tant de mal à commencer les choses quand on va mal : on ne se sent pas capable d’assumer la responsabilité de cette chose.

Je comprends bien que cela peut donner le sentiment de prendre trop la vie au sérieux, mais c’est plus pour moi un ressenti intérieur, ce qui fait qu’on va pouvoir mener le truc au bout en faisant de son mieux. Le contraire de ça pour moi n’est pas la légèreté et l’absence de prétention mais le doute et l’abandon, la négligence de soi aussi.

En tout cas, ton poème n’a rien de cela, il est très réussi, il te ressemble je crois et il dit bien ce que peut être l’écriture : un témoignage et une voix d’un sage qui aime rire, qui a pris beaucoup de distance avec son ego.

L’image de ce forum exhumé on ne sait comment pas nos descendants est très vivante aussi

Après

par sobac @, jeudi 23 mai 2019, 11:34 (il y a 122 jours) @ seyne

merci de ce commentaire chaleureux

"un témoignage et une voix d’un sage qui aime rire, qui a pris beaucoup de distance avec son ego."

c'est exact , sinon la vie me serait insupportable
car dans la vie qu'il y a t-il de vraiment sérieux , a part la mort d'un être cher, ou la souffrance quotidienne de la douleur

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par sobac @, lundi 27 mai 2019, 18:51 (il y a 118 jours) @ sobac

après les résultats
gueule de bois
ah bon vous croyez , pourtant,
pourtant le score est là, est bien là
oui mais, après, c'est différent
diffèrent comme quoi, comme qui ,
ben je sais pas trop
alors quand on sait pas
on ferme sa gueule
ne réveillez pas nos morts et leur conscience
leurs larmes seraient amères
et leurs rires ensevelis
après, qui vivra verra
tout depend du prisme, du miroir de la glace avec tain, des actes ou des tracts
sauf l'intérêt est son taux d'usure

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par Soledad, lundi 27 mai 2019, 22:47 (il y a 117 jours) @ sobac

LA POÉSIE EST UNE ARME CHARGÉE DE FUTUR


Quand on a renoncé à tout espoir d’exaltation personnelle

Mais qu’on palpite encore au plus près de sa conscience

Existant férocement, affirmant aveuglement

Tel un pouls qui bat dans les ténèbres



Quand on voit devant soi

Les vertigineux yeux clairs de la mort

Alors des vérités sont dites

De barbares, terribles et tendres cruautés



Des poèmes sont prononcés

Ils emplissent les poumons de tous les asphyxiés

Qui cherchent la vie, le rythme

Et la loi qui régit ce qu’ils ressentent si profondément



À la vitesse de l’instinct

Avec la lumineuse force du prodige

Avec une magique évidence

Le réel nous transforme et nous fait semblable à lui



Poésie pour le pauvre, poésie nécessaire

Comme le pain quotidien

Comme cet air qu’il nous faut treize fois par minute

Pour vivre, et tant que nous vivons pour dire un oui qui nous honore



Parce que nous vivons par saccades, parce qu’ils nous laissent

À peine assez de souffle pour dire que nous sommes ce que nous sommes

Nos chants, sans que ce soit péché, ne sauraient être que des ornements

Nous touchons le fond



Je maudis cette poésie conçue comme un luxe culturel pour des neutres

Qui se lavent les mains et s’éloignent en disant que cela ne les concerne pas

Je maudis la poésie de tous ceux-là qui ne prennent pas parti jusqu'à la souillure



J’assume les fautes. Je sens en moi tous ceux qui souffrent

Et je chante en respirant

Je chante et je chante et en chantant par-delà mes peines personnelles

Je m’agrandis



Je voudrais vous donner la vie, inciter à de nouveaux gestes

Pour cela je détermine avec précision ce que je peux faire

Je me sens ingénieur du vers, un ouvrier

Qui avec d’autres travaille l’Espagne dans ses fers



Telle est ma poésie. Une poésie-outil

Battement de cœur à la fois unanime et aveugle

Une arme chargée de futur s’élargissant

Avec laquelle je vise ta poitrine



Ce n’est pas une poésie pensée goutte à goutte

Ce n’est pas un bel objet. Ce n’est pas un fruit parfait

Elle est comme l’air que l’on respire

Elle est le chant qui donne son espace à ce que nous portons en nous



On répète ses mots en ressentant qu’ils sont les nôtres

Et ils prennent leur envol. Ils sont plus que ce qu’ils désignent

Ils sont ce qui nous est le plus indispensable, ce qui n’a pas de nom

Au ciel ce sont des cris et sur la Terre ce sont des actes.

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par sobac @, mardi 28 mai 2019, 10:16 (il y a 117 jours) @ Soledad

j'apprécie ton texte a sa juste valeur humaine, les mots sont des passeurs d'histoires , des fragments de vie, la force necessaire pour exprimer ses idées

après l'humanité
quand l'explosion n'aura plus rien laissé
il restera le souffle du vent

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par Solead, mardi 28 mai 2019, 13:24 (il y a 117 jours) @ sobac

Oups! J'ai oublié la signature du texte.
Il n'est pas de moi. Je suis confus. Il est de Gabriel Celaya, un auteur espagnol qui l'a écrit après la guerre d'Espagne.
Désolé pour cette étourderie

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par sobac @, mardi 28 mai 2019, 18:55 (il y a 117 jours) @ Solead

l'essentiel est d'avoir partagé