Au salon

par Périscope @, mardi 27 août 2019, 18:28 (il y a 150 jours)

Au salon


Murielle, debout, refermant son livre, dit :
Le balcon dans la clarté matinale et le céladon des feuillages devient mauve.
Sylviane, assise, faiblement dit :
Les pétales fanés au pied du camélia sont ses gouttes de sang.
Ode, venant du jardin, dit :
Moi, je trouve que le seuil de la porte est l’endroit le plus agréable pour un invité.
Stan, fumant son cigare, dit :
Pour écrire le réel, il faudrait d’abord le vivre.
Alban, marchant nerveusement, dit :
Dans ce qu’on fait, la contrainte souvent est ce qu’on ne sait pas faire.
Murielle, déclamative, dit :
Mon premier baiser du matin fut le sourire de l’autre.
Alban, essuyant le verre de ses lunettes, dit :
L’ombre des chiens sous les arbres ressemble à des sangliers.
Stan, poursuivant, dit :
Les animaux et les plantes sauvages prennent la couleur des alentours.
Alban, rechaussant ses lunettes, dit :
Aujourd’hui, la pluie accélère prodigieusement la pousse des feuilles.
Sylviane, un peu désespérée, dit :
Les sommets arborent leurs dernières neiges sous le ciel éblouissant.
Alban, dubitatif, se laissant tomber dans un fauteuil, dit :
Mais comment se mettre à la place d’un animal sans imagination ?
Stan, posant son cigare, dit :
Oh ! par temps de canicule, seul le vent a pitié des hommes.
Ode, riant aux éclats, dit :
Il mettait son bonnet de nuit pour se protéger du soleil.
Stan, après une quinte de toux, dit :
Créer, c’est être dans la séparation de ce que nous admirons.
Alban, se dirigeant vers la fenêtre, dit :
Comment aimer la voix d’un président à qui on a pas donné sa voix ?
Murielle, nostalgique, dit :
Un paysage est souvent mieux ordonné qu’une maison.
Ode, s’emparant du livre de Murielle, dit :
Les gens racontent leurs petites histoires surtout pour eux-mêmes.
Stan, à la recherche d’un verre d’eau, dit :
Le grondement de l’orage n’est peut-être que le bruit du voisin du dessus.

Murielle, Sylviane, Ode, Stan, Alban, regardent craintivement le ciel,
qui n’est autre que le plafond.

Au salon

par sobac @, mercredi 28 août 2019, 11:14 (il y a 150 jours) @ Périscope

sobac, optimiste et utopiste regarde le plafond , y voit quelques rimes légères

belle description et réflexions de ces personnages sous le même toit

Au salon

par soledad, vendredi 30 août 2019, 03:05 (il y a 148 jours) @ Périscope

Au salon

par seyne, vendredi 30 août 2019, 18:43 (il y a 147 jours) @ Périscope

c’est vraiment bien... et d’une telle liberté que ça échappe au commentaire, même d’une lourdaude comme moi

Au salon

par Périscope @, dimanche 01 septembre 2019, 17:14 (il y a 145 jours) @ seyne

merci pour vos lectures

Seyne, tu as employé le mot "liberté", qu'est-ce que tu entends par là ?


et tes commentaires ne sont jamais lourdauds

Au salon

par seyne, lundi 02 septembre 2019, 11:07 (il y a 145 jours) @ Périscope

Disons qu’à posteriori mes commentaires du texte de Michel et de celui de Pierre 411 m’ont paru lourdement explicatifs, presque comme un démontage, et ça m’a ennuyée. C’est bien je trouve de proposer une écoute du texte tel qu’on l’a perçu et ressenti, des associations, mais il faut laisser sa magie indemne et rester à sa place de lecteur.

Ceci dit, je ressens le tien comme un kaléidoscope, qui joue avec l’art et la poésie sans aucune leçon ni idéalisation. Il y a toute une palette de styles et d'émotions - dont l’humour voire une douce ironie qui soulignent les portraits esquissés. Cela laisse une grande latitude à l’imagination...c’est ce qui m’a donné ce sentiment de liberté d’écriture.-

Au salon

par Périscope @, lundi 02 septembre 2019, 15:53 (il y a 144 jours) @ seyne

merci Seyne pour ta réponse