Bêtises

par Périscope @, samedi 09 novembre 2019, 12:13 (il y a 386 jours)

Bêtises


Les génies seront
les derniers, les simples
d’esprit les premiers, dit l’artiste raté.

Les nains nous voient par
en-dessous, et les
géants par-dessus. Les autres de travers.

Pendant les vacances
on se soigne, car
ne pas travailler rend forcément malade.

Les vieux font durer
l’été, en portant
short, espadrilles, jusqu’à la Saint-Léon.

Couché sur son lit
de mort, il se dit
« Enfin, elle arrive celle que j’attendais ».

Le chat vous fait des
mamours. Alors pour
l’humilier, donnez lui un coup de tatane.

L’avion rase le
toit des hôpitaux,
pour raccourcir le trajet en cas de crash.

Hep ! La note du
resto qui s’envole
sur la plage ! Elle ne court pas la chercher.

Le chat veut rentrer
dans le frigo ce
matin, vu que dehors déjà il fait chaud.

L’enfant plonge, dans
le fessier de la
bonne, sa tête, sans autorisation.

Ma ceinture c’est
mon fouet, une corde
pour me pendre ou un lien pour tenir le froc.

Il a tout d’un homme
des cavernes, ouais,
mais il loge en immeuble et prend l’ascenseur.

Elle se recouche
pour continuer son
rêve ; être un lapin dans les bras d’un touriste.

C’est toujours dans un
petit verre de
rosé qu’il noie ses tracas de directeur.

Elle dit la phrase :
« Il va arriver »,
et il arrive tout nu dans le salon.

Voler pour manger
ou mentir pour vivre,
ne sont pas des délits quand on est migrant.

Un vélo va plus
vite que l’auto,
quand l’auto ne peut pas doubler le vélo.

Un corps musclé de
danseuse pendant
l’amour fait des entrechats, des sauts, des pointes.

Le phare regarde
une belle vague.
Un jour, il s’éteint et court plonger dans l’eau.

Depuis ce matin,
elle cherche son
téléphone. La chatte est couchée dessus.

Sur la tringle en fer,
cinq porte-manteaux,
de bois blanc se balancent, sans vêtement.

Il allonge ses
jambes sur le pouf,
faisant un long pouf de soulagement : poufff !

La porte de la
salle de bain est
bloquée. Elle et lui, dedans, sans bruit, s’occupent.

La femme-mammouth,
en claquant la porte
de son studio, fait vaciller tout l’immeuble.

C’est bien elle qui
dévisse la valve
du pneu dégonflé, avec son mouchoir propre ?

Un soir, elle invite
un homme chez elle,
mais il ne fait que parler, parler, parler.

Elle cherche les
clés dans son sac, bien
qu’elle ne ferme pas ses portes à clé.

Elles pouffent de
rire en le voyant.
Il se penche pour regarder sa braguette.

La pisse des filles,
comme un jus de cidre,
se savoure en bouteille appelée « fillette ».

René dit à Lise
« Je vais voir si je
m’endors ». René s’endort mais il n’a rien vu.

Mon chat miaule sans
raison. C’est sans doute
une lointaine coutume millénaire.

De l’autre côté
du mur, on rêvait
à l’Ouest. Maintenant on rêve nulle part.

Les feuilles des arbres
sont mieux dorées
sur leur côté sud, que celles côté nord.

Un animal est
en quête d’amour.
Peu importe de quel bandit il viendra.

Elle entre dans le
vestiaire des hommes.
Faisant un malaise, les gars la relèvent.

Bêtises

par sobac @, samedi 09 novembre 2019, 13:46 (il y a 386 jours) @ Périscope

"De l’autre côté
du mur, on rêvait
à l’Ouest. Maintenant on rêve nulle part."

ce n'est plus une bêtise , c'est l'ut oh pis aller

j'ai bien apprécier Cambrai

Bêtises

par 411, samedi 09 novembre 2019, 20:16 (il y a 386 jours) @ Périscope

Franchement, ce texte est un chez-d'oeuvre. Je salue à la fois le travaille de la contrainte et ce qui est dit à travers mots. Ici, on est sur une série de clichés proche du haïku, ou de l'aphorisme. Nulle bêtise dans ce poème, de la profondeur, même. Puis les vers à onze syllabes ça court pas les rues. Et ça fait sens, voilà, malgré les contraintes rythmiques, ça nous dit plein de choses.

autres bêtises (un vieux truc écrit il y a longtemps)

par dh, dimanche 10 novembre 2019, 14:01 (il y a 385 jours) @ 411

5 ritournelles pour Paul Fréval





se taper tout Deleuze

et être

toujours aussi con


*


partir au Club-Med

pour se dé-territorialiser

la bite



*


voir Gilles à la télévision

et manger des chips à l’ognon


*


augmenter sa puissance d’exister

en buvant du rosé


*


lutter toute sa vie

contre les passions tristes

puis se défenestrer

autres bêtises (un vieux truc écrit il y a longtemps)

par sobac @, dimanche 10 novembre 2019, 18:56 (il y a 385 jours) @ dh

pisser dans un violon
faire de fausses notes
et partir en portée

jouer au con
avec un clairon
et deserter

porter le chapeau
se découvrir l'épaule
en insultant son ombre

roter quand la rota
puis manger les tapas
et jeter sa muléta

parler en patois
tuer le putois
car l'enfant roi

baiser la voisine
en faisant des rimes
rester anonyme

Une autre petite bêtise

par 411, lundi 11 novembre 2019, 11:09 (il y a 384 jours) @ sobac

Allez je joue le jeu...




Mourir en héros
pour se faire
une petit' réputation

manger des framboises
en pensant
aux yeux mouillés du camembert

torcher des poèmes
manger bio
en s'essuyant avec la vie

rire à pleine gueule
faire un foin
des vacheries du quotidien

dire 2+2
en pensant
je m'en bats tellement les couilles

avoir le cran d'être
le plus lâche
quand on réclame des héros

avoir vu Kubrick
mille fois
et s'emballer pour un poulet

faire un peu de place
dans la foi
pour une envie de vivre bête

aimer la bêtise
la déconne
et le doux bruit des tractopelles

Mourir en héros
et puis rire
dans une éternité bleu ciel

autres bêtises (un vieux truc écrit il y a longtemps)

par 411, lundi 11 novembre 2019, 10:42 (il y a 384 jours) @ dh

ça c'est bête par contre, mais c'est génial.

autres bêtises (un vieux truc écrit il y a longtemps)

par sobac @, lundi 11 novembre 2019, 11:26 (il y a 384 jours) @ 411

dire génial et penser anal
cause à effet
ou envie printanière

aller au coiffeur
ou chez son banquier
apparence tout est apparence

boire un demi
et recommencer
litre à plus d'un titre

clavier addict
mots en sursis
écrire pour dire et dire pourquoi
il pleut dehors

choisir l'impasse
changer les abords
et construire les fondations de la raison

autres bêtises (un vieux truc écrit il y a longtemps)

par sobac @, lundi 11 novembre 2019, 19:01 (il y a 384 jours) @ sobac

les tournesols tournent le dos
par jalousie des coquelicots
plantez donc des laitues


en arrivant par le chemin en pente
on manque de hauteur
pour voir l'horizon dansait sur les vagues

le jour du sacerdoce
clergé en goguette choisit la robe
d'un travestit défroqué

loin de lui l'idée de plaire
l'habit de bure n'est pas un leurre
mais l'évocation du métier de tailleur

les filles en âge de mater
ont des matins en crinoline
et des soirées d’hystéries sexuelles

autres bêtises (un vieux truc écrit il y a longtemps)

par sobac @, mardi 12 novembre 2019, 11:44 (il y a 383 jours) @ sobac

la peinture à l’huile d'olive
augure du coût de la toile cirée
les jours de repas de famille

le regard qui tue le cri du hiboux est chouette
quand elle vient avec son duc
prendre le tea o'clock

les ronds-de cuir ont adopté le skaï
depuis que les véganes
ne cultivent plus de beuh

autres bêtises (un vieux truc écrit il y a longtemps)

par sobac @, mercredi 13 novembre 2019, 12:48 (il y a 382 jours) @ sobac

le coq sportif
pendant que la poule au pot
d'Henri s'endimanche

le lapin à gilles
ne finira pas en civet
vu le râble du gérant

le jeu de l’oie
au pays du foie gras
parcours de combattants

autres bêtises (un vieux truc écrit il y a longtemps)

par sobac @, jeudi 14 novembre 2019, 12:49 (il y a 381 jours) @ sobac

l'andouille de cire
au musée gréve-in
anglicisme

l'idiot international
fait un saut de puce
quand son PC voit rouge

Manon des sources
boit l'eau de la fontaine
en vers de l'amitié

autres bêtises (un vieux truc écrit il y a longtemps)

par sobac @, vendredi 15 novembre 2019, 12:06 (il y a 380 jours) @ sobac

Sancho Pança, l’âne au bât braie
quand le son devient hi -han
proverbe intempestif

mata-hari, tulipe
eh dame, turlute
ou cul sur la commode

Tartarin , tarin de Pinocchio
fleur au fusil
et dos décontracté

Bêtises

par Annie, lundi 11 novembre 2019, 16:41 (il y a 384 jours) @ Périscope

Excellent.

j'aime tout particulièrement l'ambiguïté du à dans celui-ci:
De l’autre côté
du mur, on rêvait
à l’Ouest. Maintenant on rêve nulle part.

Bêtises

par seyne, mardi 12 novembre 2019, 10:31 (il y a 383 jours) @ Périscope

le ton constamment malicieux est déjà un plaisir. Mais aussi la façon dont l'ensemble est construit pour gentiment déstabiliser le lecteur : deux courts vers réguliers de cinq pieds, rythmés, et puis celui qui prend des allures de serpent filant sur ses onze pieds, cassant le rythme.
Et ce serpent bizarre déstabilise encore le pauvre lecteur par la surprise ou le paradoxe du mini récit, disons qu'il file ailleurs que là où l'esprit l'attendait.

Bêtises

par Périscope @, mercredi 13 novembre 2019, 10:49 (il y a 382 jours) @ seyne

La contrainte du nombre de pieds présente des avantages :
être concis, imposer de permutations imprévues,
la concision est essentielle, elle permet d'exprimer plus en disant moins.
le troisième vers en effet apparait souvent comme une libération de la phrase, de la pensée cadenassée par les 2 vers courts précédents.

La contrainte des pieds me semble moins lourde que celle des rimes, fatiguante à la longue pour l'oreille et obligeant à trop d'acrobaties de sens.

Le paradoxe en effet est souvent ce qui motive ces bluettes,

je que crois celles-ci sans la rigueur de la forme auraient encore moins d'intérêt...

Bêtises

par Annie, mercredi 13 novembre 2019, 20:50 (il y a 382 jours) @ Périscope

à peu de chose près

mon fouet, une corde : 6
pour continuer son : 6
sont mieux dorées : 4
« Enfin, elle arrive celle que j’attendais ».: 12

mais bon, je fais l'emm.. c'est très bon, déstabilisant

Bêtises

par Périscope @, samedi 16 novembre 2019, 10:34 (il y a 379 jours) @ Annie

oui Annie, je dois avoir un problème avec les diérèses

fou/et = 2 syllabes

mieux = 1 syllabe

merci