Soli 0

par 411, mardi 10 décembre 2019, 19:30 (il y a 294 jours)

Mourir en héros
pour se faire
une petit' réputation

manger des framboises
en pensant
aux yeux mouillés du camembert

torcher des poèmes
manger bio
en s'essuyant avec la vie

rire à pleine gueule
faire un foin
des vacheries du quotidien

dire 2+2
en pensant
je m'en bats tellement les couilles

avoir le cran d'être
le plus lâche
quand on réclame des héros

avoir vu Kubrick
mille fois
et s'emballer pour un poulet

faire un peu de place
dans la foi
pour une envie de vivre bête

aimer la bêtise
la déconne
et le doux bruit des tractopelles

Mourir en héros
et puis rire
dans une éternité bleu ciel


*

Soli 0

par sobac @, mardi 10 décembre 2019, 19:51 (il y a 294 jours) @ 411

enculer les mouches
dans un palace en carton
le jour de la sainte nitouche

Soli 0

par 411, mardi 10 décembre 2019, 20:04 (il y a 294 jours) @ sobac

sortir de son trou
et naître au monde à l'expire
pour peu de pain le monde est fou


tu proposes quoi d'autre?^^

Soli 0

par Périscope @, mercredi 11 décembre 2019, 09:33 (il y a 293 jours) @ 411

dans ces petits poèmes le langage est argotique
pourquoi pas

il donne humours, distance, et surréalisme

il est défoulatoire

mais n'empêche-t-il pas d'accéder à une autre perception ?

parfois l'argot oblige au radicalisme du sens (caricature)

j'aime bien aussi l'ambiguïté avec peut-être un langage plus neutre...

Et aussi concernant la contrainte de la métrique, elle te force à concentrer,
orienter autrement tes phrases, aller là où tu n'avais pas tout à fait prévu

Soli 0

par sobac @, mercredi 11 décembre 2019, 11:30 (il y a 293 jours) @ 411

quand les dernières feuilles tombèrent
il sut que l'hiver viendrait enfin
donner du grain à moudre

Soli 0

par 411, mercredi 11 décembre 2019, 11:38 (il y a 293 jours) @ sobac

mais quand sa dernière heure arriva
il ne sut pas bien quoi prononcer
et ce fut un fiasco


vous pouvez proposer des soli

Soli 0

par sobac @, mercredi 11 décembre 2019, 12:01 (il y a 293 jours) @ 411

d'abord il restait inflexible
puis pour peu que le vent forcit
il devenait roseau

Soli 0

par 411, mercredi 11 décembre 2019, 12:19 (il y a 293 jours) @ sobac

et puis il devint un roseau
mais le vent fort ne forçait plus
il perdit ses attaches

Soli 0

par sobac @, mercredi 11 décembre 2019, 12:55 (il y a 293 jours) @ 411

son ombre insista en vain
il ne serait jamais celui qui
lit dans les lignes de la main

Soli 0

par 411, jeudi 12 décembre 2019, 14:43 (il y a 292 jours) @ sobac

Tout lui parut un peu faux
comme fait pour ne pas se blesser
il attendait la fin tragique

Soli 0

par sobac @, vendredi 13 décembre 2019, 11:04 (il y a 291 jours) @ 411

la faucheuse peut bien attendre
le champ de blé le chant de l'été
la vie est cadeau

Soli 0

par seyne, mercredi 11 décembre 2019, 10:48 (il y a 293 jours) @ 411

je me disais que j'avais du mal à commenter ce poème, et que c'était à cause de sa structure en suite : des petites perles mises bout à bout. Comme si c'était au lecteur de construire l'ensemble.
Je n'ai rien contre ça, mais est-ce qu'il n'y a pas une sorte de paresse ? Même si bien entendu l'unité existe : celle de l'esprit qui a pensé cela.
Je me suis posé la même question à propos du dernier texte de Periscope. Il me semble que ce type de poème ne laisse que peu de trace dans la mémoire du lecteur, peu d'empreinte...mais bon, c'est léger !

Soli 0

par 411, mercredi 11 décembre 2019, 11:26 (il y a 293 jours) @ seyne

Merci à vous. Oui c'est léger, je ne me suis pas foulé mais j'y ai pris beaucoup de plaisir. Plus ça va plus les formes fixes m'attirent.

Soli 0

par Annie, jeudi 12 décembre 2019, 15:54 (il y a 292 jours) @ 411

Forme fixe ???

je les aime aussi, ça oblige à sortir des chemins battus, y compris les siens.

Soli 0

par Périscope @, mercredi 11 décembre 2019, 11:35 (il y a 293 jours) @ seyne

c'est vrai que c'est courts poèmes demandent un arrêt pour le lecteur

il faut s'arrêter dessus, car souvent ces miettes sont la saisie
d'un instant émotionnel,
ou une réflexion "philosophie" subjective...

il y a souvent un écart vertigineux entre l'émotion vivante de son auteur
qui génère ces textes et la traduction en mots

l'auteur a vécu le contexte de naissance, complétement ignoré du lecteur,
et notre écriture pédale sans cesse pour retrouver et transmettre cette genèse

bien sûr dans ces miettes manque une durée, un développement, parfois un processus,
elles sont des claques

c'est ainsi que j'essaie de les regrouper par thème...

cela pose la question du récit en poésie, une narration ;

la logique contre sensation

(je vais faire un tour sur Vos Ecrits)