varia

par loulou, vendredi 25 juin 2021, 15:37 (il y a 91 jours) @ loulou

Le diapason d'une soirée chaude et lourde est le tonnerre. L'orage passe le fil des poils dans le chas de la peau. Nous sentons mieux notre peau et nous sentons aussi celle du ciel. La période de l'année autour du solstice est ma préférée. Nous sommes le 25 juin, déjà les jours raccourcissent. Mais ils dureront pour encore quelques semaines jusqu'aux alentours de 22 heures, c'est à dire pour quasiment l'éternité. Alors la nuit qui vient a une autre signification, une autre portée ; sur la portée des heures, elle ne vaut que brève ᴓ ᴓ ᴓ ᴓ respiration. Elle n'est pas un règne, mais une halte que l'on s'accorde ; elle n'est pas un autre régime des choses, mais une parenthèse dans la phrase de la clarté. Pour moi, les journées longues de la fin juin - surtout lorsqu'elles sont très chaudes - ont quelque chose de surnaturel. Il est tard, mais le soleil, la chaleur sont toujours là. Je ressens une sorte d'agitation, de confusion végétative, animale. J'ai l'impression qu'il faut faire quelque chose, aller dans les rues, dans les maisons, dans les bars, faire instamment quelque chose de soi-même. Le corps est comme une monnaie dont l'hyperinflation commande qu'il faut la dépenser. Les bières, les conversations font office de bureau de change. Rentré chez soi, dans le lit, dans la chambre sans air, on écarte la couette avec mauvaise humeur, d'un geste du pied. Une sueur fine perle sur le front, l'oreiller s'affaisse sous le poids de la chaleur. Il n'est plus ce dôme rafraîchissant, il n'y change rien de le retourner. Fermant les yeux, l'obscurité bourdonne devant la rétine intérieure comme un essaim de mouches. Si on ne trouve pas le sommeil, le soleil vous cueille à cinq heures, comme des contrôleurs dans un train. On présente son visage fatigué à la lumière, ses cernes comme une carte d'identité. Tout recommence. On est simplement un peu plus alourdi d'une journée.

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