tempête noire (que ce ciel)
.
nous ne sommes
tous
que ce ciel
et ce quotidien
qui peut croire encore
et s’obstiner
vole dans la poche de l’autre
le reflet d’une illusion
avoir avoir avoir
l’avide des yeux
mange
et suce
la moelle
de ses hypothèses
pouponnière de non-substance — ce règne
détruit le monde
qui se voulait Monde
*
tu déambules en enfonçant des trésors au fond
de tes poings — tu les gardes serrés pour être certain
que rien ne s’échappe — la colère est une arme à double tranchant
l’apparition métallique entre tes dents
t’en veux et tu t’en veux sans t’en faire l’aveu mais
tu craches et chaque fois que tu craches tu t’avoues :
je me crache sur le monde qui m’a crashé sur ce monde immonde
tu dis et acceptes — tu te soumets
tu fais le jeu mediocre des mediocres
tu fais la roue dans la roue du monde
tu souilles ce qui est souillé et tu te confonds
tu penses que c’est perdu d’avance
tu le cries — fort — par les épaules
dos au jour
*
tempête noire
rien — rien ne se dépose jamais rien ne se dépose jamais — rien
cendres — envolement projeté de stries carboniques — cendres
convocation — imprécation de la mort sur la mort — convocation
haine — berceaux pourris de bras pourris au coeur pourri— haine
flot — marée d’avalement jusqu’à en mourir de croire — flot
tempête noire
que rien n’échoue ni ne calme
*
je marche dans ton sillage tes nuées mentales auras d’effusions chtoniennes tourmente tourmentée sans cesse comme une ébullition maintenue sadique volontaire comme on est volontaire à ce faire du mal au nom des autres ces autres que tu insultes tout haut en marchant comme tu t’insultes par leurs bouches foisons de mots laids crus durs comme fer à jamais fantômes et chimères évanouis que tu propulses dans l’air sale déjà sale qui me passe dessus au travers qui m’entre dedans tandis que tu marches hurles exultes dans tes frayeurs et que je marche derrière toi inconnu dans l’inconnu où tu te penses et crois inconnu mais inconnu de toi que tu penses connaître sans jamais te reconnaître et tu ne sais pas mais tu t’arrêtes et je fais deux pas de côté je passe calmement je te regarde je te regarde dans les yeux je te reconnais toi je te vois entier de détresses tissées serrées je te vois de mes yeux vivants et d’eux tu te vois soudain et surpris tes yeux se voilent fuient s’enfuient et reviennent et me voient
je dis :
nous ne sommes
tous
que ce ciel
*
tempête noire (que ce ciel)
ça dépend pour chacun, mais enfin ?
combien nous sommes nous tus ?
à portée de ciel
au coeur des accords
à la portée du ciel
au cœur des accorps
combien nous-sommes nous tus
sommes-nous sommes, en somme ?
sommes-nous en sommeil
en seum
au cours
s'échangent les actions
à la Bourse de Paris
ou aux paris avec la vie
au cours du temps
toujours
se redonne le change
quand ce n'est pas là
c'est ailleurs
nos actions comptent
en tous choix
en vie tout
comme au-delà
nous échoit
à la fin
de quel côté
penche la balance
plume de l'âme
à l'être et à l'aile ?
tempête noire (que ce ciel)
Merci Carine de nous rappeler que nous ne sommes que le ciel
et humus ? Si peu
tempête noire (que ce ciel)
Fables les esprits
Faibles les âmes
volontés débiles, abruties de sourdes ondes
Comme nous sommes pleutres
À si peu entreprendre pour Toi
l'autre
Visage livré, vulnérable,
argile friable mu par la conjonction d'astres
en permanente révolution
comme par une toile innervée d'invisible
Attentif si peu et parfois saisi d'effroi dans le vide où t'a laissé ce monde depuis les génocides
Toujours nouvellement né malgré les années
Temps d'avant ce déluge
ce bombardement de désirs androïdes
Bornés
Chiffres et codes dénués de feuillages
Comment être sans Toi ?
Bien aimé tu te penches à peine
et tu seras tombé
tempête noire (que ce ciel)
Trois seaux textes, sensibles, émouvants.
tempête noire (que ce ciel)
j'aime beaucoup les réponses, je résonne autour-avec
tempête noire (que ce ciel)
Avis de tempête
La haut tout à l’ouest
Le commandant à mal barré
La mer(e) la rembarré
tempête noire (que ce ciel)
j’aime beaucoup
cette musique grave
que j'entends dans le poème
innervée, oui…
je relis et résonne dedans
merci beaucoup beaucoup
tempête noire (que ce ciel)
;) je te lis de bas en haut, comme tu sais…
(je me retiens de renverser tes vers)
tempête noire (que ce ciel)
très à l’ouest de toi :
— "L'amer (se savoure ou) se rembarre"
— "Le comment ? ou les commandes? mal barrées…"
—"tu mets la langue, Là …(— haut— et tout autour) comme ça…
tu tournes une fois et tu recommences"
— le père-son-âge grommèle
—"l'avis des tempes" se prête à blanc
…elles se gravent toujours avec le temps
;)
tempête noire (que ce ciel)
et la bas dans l'autre Finistère la baie trépasse
l'abbé cassine se tient prêt
car naufragées essaiment la côte
pendant que les rieuses outrepassent
tempête noire (que ce ciel)
je le sais mais n'y ai pas pensé
ça me va aussi :)
(que ce ciel) une nouvelle
la nouvelle web-revue bilingue (an-fr) The Nelligan Review
présente la petite suite "que ce ciel" dans sa section fiction&poetry
(que ce ciel) une nouvelle
C'est intense, beau, sombre.
Ta poésie me touche, ici encore, des frissons.
Merci et bravo.
Belle mise en forme par la revue.
(que ce ciel) une nouvelle
merci phil pour ton regard et ton commentaire
et
merci pour eux, cette jeune revue est bien stimulante, leur invitation un cadeau
et leur comité est très respectueux ( pour la mise en forme et tout )