la corneille
la corneille
je reviens vers ton Nord, je viens te prévenir que le temps passe, je dis « le temps passe » je dis « je te vois dans ce temps qui passe», pour que tu le regardes passer bien en face, donc je reviens chaque fois te prévenir de la saison qui change puisque j’arrive et t’appèle, vois comme tu comptes.
depuis mon arbre, je te reconnais, je te vois passer sur le trottoir, tu sembles toujours dans le noir, je dis ton nom sans le savoir, je le somme… tu sors puis tu reviens avec un même nuage autour de toi nimbé, je te vois faire, aller, rentrer, et ce nuage semble toujours plus lourd que le manteau sombre du soir.
je dis ton nom et invoque un esprit fantôme afin qu’un message passe, je dis : un espace : du vent : de l’air : la branche haute ployée, je dis le ciel qui ne finit pas qui ne finit pas qui ne finit pas. si tu regardes en haut, j’existe donc tu existes autant que le ciel, ainsi tu vois bien que tu n’es pas seul, car moi, oiseau, je te vois, je te nomme parmi les hommes.
ce manteau noir est le mien, celui que tu portes comme corneille, es tu oiseau? et ce nuage noir de tes humeurs n’est-ce pas aussi un manteau qui te vêt sans que tu ne puisses plus le retirer : ô comme tu me ressembles !
l’hippocampe
l’hippocampe
je vis dans le sens de la mer de sens où s’enroulent tous les sens en un.
j’agrippe la vie de la vie même par la queue et je contiens les enfances,
toutes enfoncées dans ma transparente panse qui s’ouvre et s’évente :
je m’écoutille et me sas me transpose, me campe debout en tout temps
à cultiver des petits chevaux dans les écheveaux d’océans de moins en
moins transparents, de plus en plus dépeuplés, grattés pillés volés, et
nourris de déchets plastiques jusqu’à suffocation, on ne dit pas merci.
le chien
le chien
la ville me sent comme je sens la ville qui sent le chien mouillé
je te promets ce n’est pas moi mais l’effet des fontes et des refontes
ça remonte la pauvre crotte abandonnée sur le dessus des tas de neige
et toutes les crottes sauvages fleurissent je veux dire « apparaissent »
à tes sens, offrandes sur les trottoirs marquant des territoires invisibles
que tu passes ton temps à ramasser jeter ou que tu oublies là : tu vois ?
là c’est Rufus, puis Snap, et Rex, et Johny-boy, et puis voici Chanelle…
ils ont dû bambocher au parc et tellement qu’ils se sont lâchés lousse
drette-là… ha tu viens de mettre la patte dedans… sniff…
la carpe
la carpe
nom d’une écaille ! la seule chose qu’il faut vraiment savoir c’est tourner et se retourner :
dans la vie si tu ne sais pas tourner et te retourner tu l’as dans ta face, au pis, t’es cuit ! mais oui, mon p’tit…
la carpe
alors carpé-diem
le singe, un peu cabot un peu narquois , mais surtout agile quand il vit son vit
euh…
je ne sais pas
euh…
joke