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par c. @, vendredi 14 mai 2021, 23:38 (il y a 133 jours)

note :
certains mots employés dans le texte n'existent pas et sont inventés exprès
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nous nous postons sur le sommet de collines idéales que nous avons inventées nous-mêmes comme se fabrique une maison du sol au plafond de l’étage au toit nous nous installons dans une manière qui nous devient tanière et qui du haut des idéal-isthmes nous fait croire à la vision des horizons propres nets clairs nos mirages réfractés d’air bleu parfait et d’ondes en réverbérations à peine vibrantes à peine vivantes tout contre le mouvement de Brown nous nous tapissons dans la manifestation des murs montés lentement aussi lentement que les ans passent les murs tendus de tentures teintes montés de silences emmaillotés devant l’incroyable des écroulements devant l’impossible rien ne tient plus rien ne tient et nous ne tenons que nos corps sur l’in/colline inconnue du su pensé crû dans l’in/terrier intérieure où nous nous terrons et enterrons sous des croûtements successifs collectionnés de non-dire et

nous crachons le monde sur le monde nous nous cachons nos yeux à nos yeux nous cachons nos bouches nous mordons et croquons nos chairs dans nos joues nous nous mâchons les cuticules et les ongles nous nous rongeons les bouts de doigts nous nous tassons dans les coins nous grattons des murs de cris tus tendus durs tenus dur dur par tous les croires et nous crions sourds des prières de jurons le sang mépris l’in/juste nous crions comme les pierres les arbres hurlent le sens épuisé

nous puisons les reflets du monde dans les petites vitres que nous tenons dans notre poche ou notre main comme on tiendrait un miroir ou un visage se tiendrait une pomme la main d’une amie ou de l’enfant que l’on a pas encore mis au monde nous puisons et épuisons les images d’un in/monde dans les vitres animées de publicités et de propagandes subtilement équivoques qui nous disent bien comment et où s’habiller et ce qu’il faut acheter comment manger ce qui est vrai et faux qui croire entre le vendeur de voitures au pétrole la banque Unetelle et ton gouverne-ment vert (de honte) et les vitres montrent le contraire mais surtout les vitres montrent comment les gens rêvent de vivre quand ils ne peuvent pas défaire les murs mirages qui vitrinisent l’être de luxes de factices et cristallisent des voeux ho je veux ho des vouloirs et nous croulons nous écroulons de voeux

croule tout s’écroule et nous nous roulons dans les éboulis éblouissants d’inoubliables tessons fendant vifs au sang les sacrifiés des genses kaléïdoscopisés multifracturés d’in/existence dans nos supraconforts vaccinés à mort avec nos continents poubelles nos eaux sales les couches usées les mouches dans nos murs sur le sommet de collines idéales







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par c. @, samedi 15 mai 2021, 15:47 (il y a 132 jours) @ c.

ceci n'est pas une spirale

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par Périscope @, samedi 15 mai 2021, 17:48 (il y a 132 jours) @ c.

il y a une ivresse de la phrase longue
on se laisse conduire par elle, son inconnu est stimulant

un souffle qui ne s'arrête pas

je pense à Tarkos, Pennequin...

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par c. @, dimanche 16 mai 2021, 00:22 (il y a 132 jours) @ Périscope

je suis plutôt ravie puisque je ne pensais à rien rien d'autre que cette avancée son allant et son jusqu'à jusqu'où

tu dis ivresse je pense et ressens "entournement"


merci beaucoup