Prière

par m, jeudi 13 janvier 2022, 07:35 (il y a 7 jours)

Seigneur de l’outre-terre Seigneur des voix errantes
Toi qui murmures encore lorsque les sources se sont tues
Ravive en moi la flamme qui courait par le corps
Ranime la lumière qui sourdait aux paupières
Et le chant des horloges entrebâillant la nuit
Seigneur de l’outre-terre Seigneur des voix errantes
Ouvrirai-je sans faillir la porte de la chambre obscure
Où des sentes oubliées ont tissé leurs toiles d’odeur
Oserai-je réveiller tout un ciel d’étoiles dormantes
Toi le berger des nuages d’enfance
Secoure-moi Seigneur qui veilles sur nos fièvres

Prière

par Péri @, jeudi 13 janvier 2022, 10:26 (il y a 7 jours) @ m

très beau poème

prière nécessaire en ces temps de confusion

"I need some magic to sweep me away" Lou Reed

par claire, jeudi 13 janvier 2022, 10:55 (il y a 7 jours) @ Péri

Oui, comme une invocation chamanique à l'autre monde, celui qui nous régénère et nous arrache à nos limites mesquines.

mémoire noire

par claire, jeudi 13 janvier 2022, 10:59 (il y a 7 jours) @ m

C'est drôle, en suivant une consigne ailleurs, j'ai écrit un texte qui entre en écho avec celui-ci :


"Dormir. Depuis quelques années, dormir ou ne pas dormir n’était pas si séparé, il y a avait des entre-deux, de longues flottaisons. Etre allongé dans le noir absolu était devenu une condition pour glisser lentement, comme de côté, dans l’eau trouble du sommeil et y disparaître. La moindre source lumineuse, celle par exemple de ces petits veilleurs rouges qu’on ne peut éteindre sur le téléviseur des chambres d’hôtel, gênait le glissement. On jetait un vêtement et l’oeil rouge disparaissait. Présences muettes, à demi-vivantes, les appareils électroniques semblaient les tenants d’un monde où l’on ne dort jamais, ne devrait jamais dormir. Les héroïques petites présences électroniques, prêtes à s’éclairer en pleine noirceur d’une vague lueur spectrale, nous rappelaient qu’ailleurs, d’autres ne dorment pas, tentent un contact. Alors ils fallait les enfouir, les aveugler, les réduire au silence

A cette condition s’installait un autre monde, noir et primitif, vieux comme l’origine, comme ce qui entourait le sommeil de nos ancêtres quand ils cherchaient refuge dans leurs grottes, fuyant l’éclat des étoiles, des dernières braises.
C’est l’ancienneté de l’obscurité, sa parfaite similitude avec celle que nous connaissons depuis l’enfance, qui aide à dormir. Le noir inchangé, que nous avons appris à ne plus craindre, avons appris à aimer, refuge illimité et refermé à la fois, ne demande rien, silencieux.
Dans cette immobilité, enfin libres, nous avons pu - d’aussi loin que porte la mémoire - laisser venir les images internes des rêves, floues et flottantes d’émotions, nous avons même pu cesser d’exister, sans crainte."

mémoire noire

par m, vendredi 14 janvier 2022, 09:44 (il y a 6 jours) @ claire

Oui des similitudes, le double visage de l'obscurité. Dans ton texte elle est devenue apaisante, ta description rend bien le cheminement. Dans le mien l'obscurité garde un côté inquiétant mais nécessaire à la vie finalement

mémoire noire

par claire, mardi 18 janvier 2022, 11:58 (il y a 2 jours) @ m

J'ai commencé à lire un livre : "Voyager dans l'invisible, techniques chamaniques de l'imagination", de Charles Stepanoff, un anthropologue émérite.
Il pose la question de la place que la civilisation occidentale rationaliste a accordé à l'imagination. Face à la "réalité", l'"imaginaire" est depuis très longtemps tout à fait dévalué, alors que dans d'autres civilisations il est au contraire un champ essentiel de connaissance et d'action, dont certaines personnes (les chamanes) sont en quelque sorte les spécialistes, les techniciens.
Je pense que le texte que j'ai posté porte (sans que j'en ai été consciente) un peu la marque de ces réflexions, et il me semble que ton texte va tout à fait dans cette passionnante direction aussi.

mémoire noire

par phil, mardi 18 janvier 2022, 15:40 (il y a 2 jours) @ claire

Il me semble que l'imaginaire est au contraire très actif dans nos sociétés occidentales, il est cependant généralement déconnecté de la nature ; en ce sens il est déconnecté de la réalité, hors sol.

mémoire noire

par claire, mardi 18 janvier 2022, 16:43 (il y a 2 jours) @ phil

Oui, tout à fait, on peut même ajouter qu'il y a une confusion entre imaginaire et réalité assez dangereuse. Mais cela n'empêche pas qu'on considère l'imaginaire comme un sous-produit de l'esprit, une chimère incapable de rendre compte du réel et d'agir sur lui.
Dans le livre l'auteur fait remarquer également la différence entre une activité imaginaire "contrainte" (quand on suit les productions imaginaires de quelqu'un d'autre, comme dans un film par exemple) et une activité imaginaire libre ( quand des enfants inventent et vivent une histoire à partir de quelques cailloux et des brins d'herbe).
Il insiste aussi sur la capacité grâce à l'imaginaire d'entrer en relation avec ce qui nous est très étranger : le psychisme animal, la réalité du monde naturel.

Prière

par va bene sobac @, jeudi 13 janvier 2022, 11:17 (il y a 7 jours) @ m

incantation par ces temps troublés
demain sera autre

Prière

par m, vendredi 14 janvier 2022, 09:31 (il y a 6 jours) @ m

Merxi à vous