(une sorte de mer)- bout d'essai

par catrine @, mercredi 27 mars 2024, 21:26 (il y a 113 jours)

une sorte de mer


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au loin très loin

où l’oeil ne perçoit plus :

vallons et monts à perte de vue

infiniment vert sombre

où branches et bras griffent l’air

l’eau profonde du ciel

tu t’appuies

sur les pierres anciennes

abris de fossiles et géodes

tes yeux habités exultent

devant l’immobilité apparante

le poème vif des rais de lumière

que tu respires et expires

par battements de coeur

en vagues successives

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je t’imagine ainsi et

je t’imagine à flanc d’Everest

à flanc

près d’un bivouac

je t’imagine respirer

l’air rare

à la pointe du monde

comme je t’imagine

ailleurs

avec un livre à la main

(certains livres seraient des Everest)

(à conquérir)

les yeux éperdus de mondes intérieurs

les yeux éperdus

devant une sorte de mer

(à conquérir)

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le plus grand silence

n’est-il pas à ces sommets

et ces isthmes intimes

qui délivrent

livrant tout

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délivré il n’y aurait plus de vertige

ni le sol ni l’horizon ne tangueraient

il n’y aurait que des fatigues dues aux ascensions

des victoires et leurs joies pérennes

il n’y aurait

que ta conscience forte

comme ton sang

alors tu serais le dresseur

le dresseur des hauteurs qui te peuplent

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je t’imagine ainsi

trop vif pour ta vie

battue rebattue de marées pulsantes

comme par des monstres humains

aux tentacules empoisonnés

sortants de leur bouche pour projeter

des mensonges et des maux

je t’imagine

sans débordement n’être pourtant que cela

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à des lieux de toi

j’ausculte la pente du vent

sous les délires en coton blanc

bouchant la vastitude même

bouchant comme plâtre

tout l’espace qui nous aspire

et je t’imagine

libre

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