vert

par seyne, mercredi 12 juin 2019, 11:13 (il y a 13 jours) En réponse à Florian

je ne peux pas m'empêcher de faire le lien avec Rimbaud qui, après avoir beaucoup fugué, beaucoup erré (y compris dans une relation passionnelle) tout en écrivant, cesse d'écrire et investit l'espace du monde entier, par le voyage sans retour. Pour lui en tout cas, l'imaginaire anticipant du Bateau Ivre n'a plus suffi.



Je crois que je saisis mieux ce qui t'a frappé dans cette scène du vagabond et du bus, les réflexions qu'elle a ouvertes, réflexions et émotions. Et ce que tu m'as dit de mes deux poèmes me parle de la même chose.
La poésie, finalement, ne peut être seulement une activité intellectuelle, elle est aussi un appel à un certain type de vie, une ouverture dont l'errance est peut-être l'extrême, qui va vers le danger, le vide, la perte du sens. C'est vrai que quand on écrit de la poésie, une partie de soi est aspirée vers cela. La plupart du temps, on prend soin de ne pas s'y livrer totalement, connaissant les risques physiques et psychologiques, l'exclusion de la communauté des hommes, la folie.
Mais on sait que c'est une des clefs de l'inspiration.
Je te remercie de m'avoir réouvert ce territoire.

Fil complet :