Affects de la tristesse

par Périscope @, samedi 27 janvier 2018, 10:32 (il y a 269 jours)

Affects de la tristesse


La tige brisée du pétunia résistera-t-elle au vent ?
Le front plissé d’une jeune passante laisse entrevoir ses tracas.
Les aspérités du quotidien deviendront la chanson de geste,
qu’on psalmodiera sur sa tombe.
Seuls les humains peuvent avoir un rire animal qu’on appelle bestial.
Un verre de vin nous fait raconter du déplorable.
Une peau singulière recouvre notre corps universel.
Etes-vous sur la ligne qui arrête les choses,
ou dans la lumière qui les transforme ?
Tapez sur vos smartphones,
la génération qui ne se regarde plus dans les yeux !
La femme longiligne épouse l’obésité de son mari,
sur la piste de danse. Elle resserre son étreinte sur l’homme,
qu’il considère comme une confirmation.
Si vous ne saluez pas un ami, il vous poursuivra dans la tête.
On se retourne après dans le lit, comme une statue de plus en plus fragile.
Les cris du chat sont insupportables quand il veut ce que je ne veux pas.
L’essentiel serait de simplifier.
Un visage qui passe sous un pont prend l’ombre du pont.
Alors profitez de votre peau lisse avant qu’un accident y marque sa signature.
On peut être jaloux du plaisir que l’autre prend de vous.
Et chacune de nos phrases est suivie d’un silence pâteux,
quand elle abuse de la situation.
L’oiseau peut-il dialoguer avec un chien qui aboie ?
Toutes les ivresses sont tristes.
Une sexagénaire perd son dentier en vous récitant son poème.
Il est plus réconfortant de rêver à ce qui est possible.
Un échafaudage vous maintient debout,
si on vous l’enlève, on refuse de s’écrouler.
Le néant se cache partout pour mieux nous habiter.
L’orage fait se rapprocher la femme de l’homme,
qu’elle croit indestructible, mais quand l’orage cesse, la femme s’éloigne.
La vie est donc plus belle vue à travers les feuillages.
Jouir de ne pas jouir, nous enseignent les jansénistes.
La passion exclue toutes questions.
On trouve la poésie là où on peut.
C’est pourquoi dans ton sourire vivent des voyages inachevés.
Un vieillard marche très lentement dans la rue,
comme s’il ne pleuvait pas.
Il faut surtout parler aux fleurs, celles qu’on vous a offertes.
La volonté nous fait admettre que nos raisons
d’agir sont artificielles.
La déglutition de quelqu’un qui vide une bouteille entière,
est franchement obscène.
Mon écriture n’est qu’une pollution recyclée.
Evitons ainsi de nous confronter aux signes extérieurs de l’amitié.
Toujours ces phrases multiples, multicolores,
dans un champ qui n’est que lexical.
Il est préférable d’aimer son bourreau,
si celui-ci est votre dentiste.
Un bonhomme n’est pas forcément bon.
Au cœur de la nuit, les oreillers sentent le cadavre.
Il y a trop de gens qui ont le visage du tracas,
que vous avez eu à trouver leur demeure.
Un homme aimable bien sûr n’aime personne.
Plus l’endroit sera confiné,
plus l’imagination sera délirante.
La phrase la plus horrible serait :
« Regardez ce qui vous attend ! »
Penser à quelque chose d’agréable,
pour supporter le désagréable,
n’est pas une bonne solution.
Ne plus être spontané pourtant
serait le prix à payer pour durer.
Pour ne pas regretter le départ d’une personne qu’on estime,
pensez fortement à ses défauts.
L’ensemble étant composé de détails,
cela sème la zizanie dans les conversations.
L’ombre des hommes réside surtout dans leur bouche ouverte.
Heureusement que la vie redémarre,
après les jours de fêtes qui sont souvent ceux des défunts.
Il y a un secret qu’il ne faudrait jamais révéler aux enfants,
c’est la manière dont se tuent les grandes personnes.
Un ami qui se suicide ressemble à une trahison.
Trouver des excuses au mal,
est de la complaisance.
La nuit, dans les appartements,
on entend le pas mou des pantoufles.
N’importe quel désir alors peut s’expliquer,
pour l’annihiler.
Le métier du vent est-il de faire s’envoler les hommes ?
Parfois quelqu’un s’adosse à l’immeuble pour qu’il ne tombe pas.

Fil complet :