..sur l'étiquette on peut lire

par catr @, mercredi 14 mars 2018, 21:40 (il y a 129 jours) En réponse à catr

timorée, couarde, taiseuse, portant longtemps de trop lourds secrets
ceux des autres, ceux lus sur leurs visages, les secrets des souffrances
la douleur terrible qu'on ne peut soigner parce qu'hors de l'autre
loin dans la parlure et l'état, parce que ces adultes sont sourds
tous, à leur propre coeur que j'entends si fort.. jusqu'à l'insupportable
et soudainement et malgré moi et tout mon bon vouloir, une sorte de courage
bien trop grand pour moi, comme un coeur de pur sang dans le corps d'un pinto,
la phrase me dépasse m'échappe, j'ai huit ans, j'ai seize ans, j'ai vingt ans, c'est pareil,
la phrase m'échappe, le mot est dit, il flotte dans l'air devant des regards ébahis
j'ai dit l'odieux, le plus laid de ce que je vois, le plus dur, et seulement
parce qu'il faut bien retirer les épines aux pattes des grands fauves
et alors cette phrase restée en suspend devant, comme un oiseau immobile
marque la cible invisible, la seule et vraie, et sa véracité même
se confirmait hélas par une main violente sur mon tout petit visage

Fil complet :