Ce n'est pas exact.

par Rémy @, vendredi 19 mai 2017, 00:00 (il y a 8 jours) En réponse à Claire

Ce que je "pourchasse", ce sont les confessions sans distanciation. Il se trouve qu'on n'en lit presque que des dépressives sur délivre, et le fait que la perte de distanciation est un des premiers symptômes de la dépression y contribue évidemment.

Par contrexemple le texte de zeio à propos de l'agacement d'être dans le train fait partie de ce que je "pourchasse", bien que n'étant pas à proprement parler dépressif. Simplement à aucun moment le narrateur ne fait le moindre pas de côté. Il pourrait le faire par autodérision ("je suis en train de devenir un vieux con qui fait la morale au monde entier") ou par références ("l'enfer, c'est les autres") ou en arrangeant le style de manière à ce que l'écriture suive la montée de l'énervement, ouc. - il y aurait mille solutions pour que ça devienne de la littérature.

En fait la question c'est de savoir si le texte est écrit pour le lecteur ou pour soi-même, et s'il est écrit pour soi-même, s'il contient quand même quelque chose qui récompensera le lecteur d'y investir du temps et de l'attention. Sinon, c'est de l'égoïsme d'abord et de l'abus ensuite. La pirouette qui consiste à dire "le lecteur y trouvera bien lui-même quelque chose, comme moi je m'intéresse aux à-côtés des grands auteurs" est particulièrement nombriliste et escroqueuse.

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