7- rêve de l'assemblée du deuil

par Claire @, jeudi 19 juin 2014, 21:10 (il y a 1466 jours) En réponse à Claire

Tout se passe dans une grande et ancienne maison, un peu à l’abandon, à la campagne. Nous sommes réunis à l’occasion d’un seuil, celui de mon ami X.
Dans une partie de la maison dorment les adultes, les enfants sont logés ailleurs (une autre aile ? un autre bâtiment ?). Les chambres sont disposées autour de couloirs compliqués, peu éclairés, dont les revêtements sont très vieux, fanés. Il y a des parties de la maison à moitié détruites, effritées. Par exemple dans une salle, le plancher s’interrompt à deux mètres du mur opposé et donne sur le vide. J’ai remarqué combien cet endroit serait dangereux si on arrivait avec trop d’élan. D’autres pièces sont remplies d’objets du passé, oubliés, touchants.
Dans une salle, au sol de terre battue, on voit des débris hétéroclites, parmi lesquels la partie supérieure d’un crâne de vache, retourné, très usé, et poudré d’une poussière noire qui en souligne les reliefs – on devine le palais, quelques dents.
Mais dans les grandes pièces du bas, des tables sont dressées, on va dîner. A la table où je m’assieds, avec mon mari à ma droite, la place de gauche est vide. Je vois au loin ma grand-mère qu’on entoure, à qui on propose de venir me rejoindre. Je n’en ai pas très envie mais je ne le montre pas, elle s’assied donc près de moi.
Puis c’est la fin du repas, une partie des convives est déjà partie - dont ma grand-mère - et je me retrouve à côté de deux jeunes hommes dont la compagnie me plaît. Je suis même à moitié appuyée sur mon voisin de gauche, j’ai un comportement plutôt impoli : je me rends compte que j’ai mangé à même le plat, plongeant ma cuillère dans la sauce jaune et crémeuse, j’ai taché la table, et maintenant je mange avec ses couverts à lui. Je me demande ce qu’il pense, je vois du coin de l’oeil que j’ai taché aussi sa chemise (mais les taches sont bleues). Je suis un peu embarrassée mais trop animée (ou ivre ?) pour le montrer.
Mon ami est mort très brutalement. Je vois sa femme, M., ses enfants adultes. Elle est dans le désespoir et se précipite dans la pièce dangereuse, elle voudrait se jeter dans le vide. Je la retiens par un bras, essaie de la raisonner. Elle se laisse peu à peu convaincre. Elle paraît très fragile, et pendant tout le temps où je la retenais je regardais l’intérieur de l’articulation de son coude tendu, son bras fin et bronzé.
C’est la nuit, une femme vient dans ma chambre en chuchotant, elle veut me montrer quelque chose. Nous suivons les couloirs sombres et abandonnés. C’est un vrai labyrinthe, je me demande comment elle se repère. Elle m’amène dans une série de chambres dont le sol est jonché de très gros objets brisés. On dirait qu’un être d’une force extrême a donné libre cours à sa colère. On sent le danger qui plane, je m’inquiète pour les enfants, mais tout est silencieux.
Le lendemain, nous devons nous séparer. Je vois passer dans un couloir, au milieu de personnes inconnues, un homme qui porte dans ses bras M., on dirait une petite fille. Elle est en vie mais va très mal.
Quelqu’un nous rassemble dans les salles du bas. « peut-être faudrait-il dire quelques mots ? », me glisse une personne proche de moi. Je lui réponds « très peu pour moi », mais elle insiste : il faut quand même remercier ces gens qui nous ont si bien accueillis. J’en conviens, commence à me creuser la tête.

à l’ami mort, à la Mort soudaine
au corps brûlant du labyrinthe -
ce que nous partageons.
au sommeil inquiet dans la maison des vestiges
corps animal humain groupal sexuel
odeurs, bruits
montant du puits noir.

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